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Le jeudi 12 octobre 2000

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UNE MÉTÉORITE POURRAIT ÊTRE LA SUBSTANCE DU SYSTÈME SOLAIRE LA PLUS ANCIENNE CONNUE,

ANNONCENT LES AUTEURS DE L’ARTICLE DE SCIENCE

Une météorite fragile, d’une substance similaire au charbon, qui s’est abattue sur un lac gelé du Canada en janvier dernier pourrait représenter la substance du système solaire dont l’origine est la plus reculée qui ait encore jamais été étudiée, signalent des recherches récentes publiées dans le numéro du 13 octobre de la revue internationale Science.

La météorite du lac Tagish est une chondrite carbonée, un type rare de météorites primordiales contenant des minéraux et des composés organiques modifiés par la présence d’eau. Les chondrites carbonées ne représentent que 3 % des trouvailles de météorites.

L’analyse de la composition en minéraux et des isotopes de l’oxygène et du carbone de la météorite par le professeur Peter G. Brown, du département de physique et d’astronomie de l’université de Western Ontario, au Canada, et par ses collègues révèle que celle-ci pourrait représenter une nouvelle classe de chondrites carbonées, d’une origine encore plus lointaine que toute autre jamais découverte jusqu’à présent.

Les chercheurs se sont aidés des témoignages de témoins oculaires, de photographies, de vidéos et des données relevées par satellite de l’entrée spectaculaire de la météorite dans l’atmosphère terrestre pour calculer son origine, son parcours dans l’espace et sa vélocité moyenne. Brown et ses collègues pensent que la météorite provenait du milieu d’un anneau d’astéroïdes dont l’orbite croise l’orbite terrestre. L’anneau d’astéroïdes se trouve entre Mars et Jupiter.

Les fragments de la météorite du lac Tagish devraient aider les scientifiques dans leurs travaux de reconstitution de l’environnement primordial du système solaire, en particulier en ce qui concerne les types et les concentrations d’éléments présents dans le nuage solaire des origines.

L’analyse de la météorite indique qu’une partie de son carbone peut s’être concentrée en nanodiamants et en grains de carbure de silicium, de minuscules particules de poussière interstellaire qui se sont trouvées happées dans la rotation de la nébuleuse solaire qui a précédé la formation du système solaire.

Les premiers fragments de la météorite du lac Tagish ont été découverts pendant qu’ils étaient encore gelés et sont maintenus à cette température, ce qui permettra aux chercheurs d’examiner pour la première fois la totalité des composés organiques présents sur une météorite primordiale. Les circonstances uniques de non-contamination de la découverte de la météorite du lac Tagish pourraient donner aux chercheurs la possibilité d’entrevoir les types de substances qui ont joué un rôle dans les origines de la vie sur la Terre, soulignent les auteurs de l’article.

Dans un article Perspective portant sur la même météorite, également publié dans la revue Science, Jeff Grossman du USGS (service géologique des États-Unis) affirme que la chute de météorites du lac Tagish est la plus importante qui ait été recueillie depuis la météorite bien connue d’Allende, au Mexique, et la météorite Murchison d’Australie, toutes deux trouvées en 1969.

Les autres membres de l’équipe de recherche sont A. R. Hildebrand, M. Mazur, T. Rubak-Mazur, MGlatiolis et J. A. Bird de l’université de Calgary, au Canada, M. E. Zolensky du Johnson Space Center de la NASA à Houston, au Texas, M. Grady du Natural History Museum de Londres, R.-U., R. N. Clayton et T. K. Mayeda de l’université de Chicago, E. Tagliaferri d’ET Space Systems à Camarillo, en Californie, R. Spalding du Sandia National Laboratories à Albuquerque, au Nouveau-Mexique, N. D. McRae, M. D. Campbell, R. Carpenter, H. Gingerich, E. Greiner, P. JA McCausland et H. Plotkin de l’université de Western Ontario, au Canada, E. L. Hoffman d’Activation Laboratories Ltd. de Ancaster, au Canada, D. Mittlefehldt de Lockheed Engineering and Science Co. à Houston, au Texas, et J. F. Wacker de Pacific Northwest National Laboratory à Richland, état de Washington.

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