Le clonage inverse le vieillissement des cellules de vaches, disent des auteurs de Science

NE PAS DIFFUSER AVANT 14 h, heure de l'Est des Etats-Unis, Jeudi 27 Avril 2000

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Washington D.C.- Les cellules de six vaches clonées en parfaite santé ne montrent aucun signe du vieillissement prématuré signalé dans le cas de la brebis Dolly, annoncent des chercheurs dans le numéro du 28 avril de Science. En fait, le processus de clonage semble avoir fait remonter le temps aux cellules et les fait paraître plus jeunes même que les cellules de vaches normales du même âge.

Robert P. Lanza, d'Advanced Cell Technologies à Worcester, dans le Massachusetts, et les co-auteurs de l'article paru dans Science indiquent qu'ils ne savent toujours pas exactement comment le clonage a aidé ces cellules à s'affranchir de leurs signes de vieillissement ou si cela se traduira par une plus grande longévité pour les animaux. Quoi qu'il en soit, en dépit de ce mystère encore non élucidé, les résultats obtenus effacent les doutes qui pouvaient rester sur l'utilité du clonage cellulaire en démontrant que le procédé n'écourte pas automatiquement la durée de vie normale des cellules. En fait, disent Lanza et ses collègues, le clonage pourrait permettre de ‹‹cultiver›› des cellules jeunes pour une variété d'utilisations, des applications médicales comme la création et la transplantation de tissus de substitution pour le corps humain à l'augmentation des années reproductives des animaux de ferme.

Tout comme c'est le cas du chat avec ses neuf vies, la cellule possède un nombre déterminé de cycles de division, autrement dit une cellule arrive au terme de son existence lorsqu'elle ne peut plus se diviser. Pour créer les clones, les chercheurs ont utilisé des cellules qui se rapprochaient de la fin de leur vie et qui ne disposaient plus que de quelques cycles de division. Étonnamment, Lanza et ses collègues ont découvert que le processus de clonage semblait restaurer les ‹‹neuf vies›› de ces cellules chez les six vaches. Au lieu de ne plus être que de zéro à quatre cycles de division de la fin de leur existence, les cellules prélevées sur les vaches en étaient à plus de 90 cycles.

Les cellules trahissent également leur âge par l'usure de leurs télomères, région à la pointe des chromosomes. Les Télomères chapeautent l'extrémité de chaque chromosome, dont ils empêchent les filaments génétiques de s'effilocher et de disparaître chaque fois que se produit la petite résistance de séparation lorsque la cellule se divise. Comme les télomères de la plupart des mammifères ne peuvent pas se réparer par eux-mêmes, ils s'usent en général lentement au fil du temps--on trouve souvent des télomères plus courts dans les cellules plus âgées. Les scientifiques ont repéré ce signe indicateur de maturité chez Dolly. Ses chromosomes étaient plus courts que ceux d'un mouton normal du même âge, suggérant qu'elle avait hérité de l'‹‹âge›› de sa mère génétique et qu'elle était plus vieille que son âge chronologique.

En revanche, les chomosomes des sœurs clonées sont l'image même de la jeunesse. En fait, leurs télomères sont plus longs que ceux de vaches normales du même âge et dans la plupart des cas, plus longs même que ceux de veaux nouveau-nés. Loin d'être prématurément âgées, les cellules des vaches clonées semblent avoir retrouvé et même prolongé leur jeunesse, augmentant ainsi leur espérance de vie au-delà des cellules de vaches de leur âge chronologique.

‹‹C'est tout à fait remarquable, souligne M. Lanza. Les télomères de toutes les vaches, y compris l'une d'elles qui célèbre son premier anniversaire cette semaine, ont l'apparence de ceux d'un nouveau-né.››

Pourquoi Dolly et les vaches clonées sont-elles si différentes sur ce point? Les auteurs de l'article suggèrent un certain nombre de raisons, notamment des techniques de clonage différentes. Au lieu de cellules à la fin de leur espérance de vie comme cela a été le cas avec les vaches, les créateurs de Dolly ont utilisé des cellules qui avaient été soumises à un jeûne et mises en état de repos. Des différences au niveau des cellules donneuses, cellules mammaires pour Dolly et fibroblastes (cellules du tissu conjonctif) pour les vaches, peuvent également jouer un rôle.

‹‹Des études précédentes indiquent qu'il pourrait y avoir une variation dans la façon dont différents types de cellules réparent les télomères, ce qui pourrait faire du choix des cellules donneuses un facteur important››, dit Lanza.

Bien que les chercheurs ne sachent pas encore si les résultats obtenus soient indicateurs d'une espérance de vie plus longue pour les animaux, ils continuent leurs recherches pour découvrir exactement comment le processus de clonage reprogramme la jeunesse des cellules. Entre temps, les possibilités futures pour ces cellules pourraient inclure leur utilisation dans l'ingénierie de tissus de substitution pour les humains. Les doublements de population supplémentaires de ces cellules signifient que nous pourrions avoir une augmentation se chiffrant par milliards du nombre de cellules de substitution pouvant être utilisées en génie tissulaire et dans les transplants. Ceci pourrait avoir des ramifications profondes sur la pénurie actuelle de donneurs d'organes››, souligne Lanza.


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