EMBARGO DE PUBLICATION: Jeudi 15 juillet 1999 14 h 00 (Heure Est des Etats-Unis)

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American Association for the Advancement of Science

Attitudes Europeennes et Americaines envers les aliments transgeniques. Differences expliquees dans l'edition de la revue Science du 16 Juillet 1999

Washington, DC - Certaines différences dans la couverture médiatique, le niveau de connaissances scientifiques, la confiance dans les pouvoirs publics peuvent expliquer pourquoi les aliments transgéniques ont fait l'objet d'une grande résistance de la part du public européen, mais très peu de la part du public américain, selon une étude présentée dans un article sur les plantes et la biotechnologie publié dans l'édition de Science du 16 juillet.

Les forces qui influencent l'opinion en ce qui concerne la biotechnologie alimentaire ont récemment fait l'objet de nombreuses spéculations. Cette étude, dirigée par George Gaskell, de la London School of Economics, et ses collègues du même établissement ainsi que du musée de Science (The Science Museum) de Londres, est l'une des premières à tirer des conclusions sur la base de données empiriques. L'étude elle-même a été effectuée en 1996 et 1997, et a porté sur les attitudes européennes et américaines envers toute une gamme d'applications du génie génétique. Dans leur article publié dans la revue Science, Gaskell et ses collègues ont pour la première fois mis l'accent sur la partie de leur étude qui met en lumière une comparaison entre les attitudes américaines et européennes face aux aliments transgéniques. A cela ils ont ajouté une analyse de la couverture de la presse et la formulation des politiques de 1984 à 1996.

Faut-il s'en prendre à la presse?
Il semblerait que la couverture médiatique influence la réaction du public vis à vis de ces nouvelles technologies, affirment Gaskell et ses collègues, mais pas comme on s'y attendrait. Ils ont déterminé qu'entre 1984 et 1996, les journaux européens ont publié un plus grand nombre d'articles sur la biotechnologie agricole et alimentaire que le Washington Post aux Etats-Unis. Ils ont également été surpris par le fait que la couverture européenne était plus positive que celle du Washington Post, alors que l'aversion du public pour les aliments transgéniques augmentait. Il semblerait donc que les Européens ont réagi avec méfiance aux nombreux gros titres sur ce sujet controversé plutôt que de se laisser influencer par le contenu des articles.

La peur des aliments à la Frankenstein
L'étude de Gaskell et de ses collègues fournit enfin des preuves empiriques sur le rôle que joue le niveau des connaissances scientifiques dans la réaction du public à l'introduction d'aliments transgéniques. Leurs résultats indiquent qu'au niveau de la culture générale ou "scolaire", les Européens avaient davantage de connaissances scientifiques que les Américains. Cet état de fait contredit l'idée reçue que le niveau de connaissances scientifiques du public détermine son soutien à la science et à la technologie. Les chercheurs ont néanmoins testé les participants à l'étude précisément sur la façon dont ils imaginaient cette nouvelle technologie. A cet égard, la perception des Américains et des Européens diverge. Ces derniers perçoivent les aliments transgéniques comme menaçants ou dangereux, et sur en se basant sur des suppositions non rigoureuses du point de vue scientifique.

Une question de confiance
L'une des raisons de ce manque de confiance pourrait être que les Européens se souviennent des psychoses alimentaires précédentes, comme l'EBS ou "maladie de la vache folle". L'étude montre qu'aux Etat-Unis, où les discussions publiques sur le contrôle de la biotechnologie ont été relatives inclusives et les questions tranchées il y a une dizaine d'années, les organismes réglementaires nationaux jouissent de la confiance de la plupart des participants à l'étude. En Europe, le niveau de confiance est bien moindre et les participants à l'étude ont des opinions partagées sur le rôle des organismes internationaux, des comités scientifiques ou des groupes de défense des consommateurs en ce qui concerne la fiabilité des informations disponibles sur les aliments transgéniques.

Les chercheurs soulignent qu'en général, les incidents récents ont fait en sorte que les Européens ont plus conscients que les Américains des dangers éventuels associés au manque de contrôle des pratiques de l'agriculture industrielle. Ils suggèrent que cette attitude est renforcée par l'opinion populaire que les terres agricoles constituent une richesse écologique importante pour la population urbaine aussi bien que rurale. Les Américains de leur côté n'envisagent pas d'aller passer des vacances à la ferme.

Les chercheurs ont également déterminé que le public européen semble aborder les discussions sur la biotechnologie alimentaire d'un point de vue qui diffère de la manière dont les experts abordent généralement les questions relatives aux nouvelles technologies. Spécifiquement, les arguments contre les aliments transgéniques ne reposent pas sur une logique pragmatique d'évaluation des risques et des avantages, mais plutôt sur des questions d'éthique et de morale soulignant ainsi la peur que la technologie ne perturbe l'ordre naturel. "La biotechnologie est une question unique en son genre car elle concerne les bases de la vie et touche à la dignité humaine; A ce titre, elle dépasse la simple comparaison entre les avantages et les risques", affirme Gaskell.

Rétrospectivement, selon Gaskell, il est clair que les résultats de l'étude contiennent des signes précurseurs de la controverse qui sévit actuellement en Europe. Pour ce qui est de l'avenir, il affirme que "la vraie leçon pour les scientifiques, les industriels et les gouvernements est la suivante : ignorez l'opinion publique à vos risques et périls".

L'édition spéciale de la revue Science sur la science et la biotechnologie inclut aussi quatre autres articles. Deux de ces articles traitent de l'utilisation du génie génétique pour augmenter la valeur nutritive des plantes cultivées. L'un présente les progrès récents dans la modification des "macro-éléments nutritifs" (huile, protéines et carbohydrates) de plantes cultivées telles que le maïs et le soja. L'autre rapporte les efforts visant à produire des plantes cultivées plus riches en vitamines et minéraux, la plupart des aliments de base dans le monde ne fournissant pas suffisamment de ces "micro-éléments nutritifs" pour assurer une alimentation saine. Le troisième article explique comment l'obtention de plusieurs séquences génomiques permettra aux scientifiques de mieux comprendre les mécanismes génétiques qui déterminent la croissance et le développement des plantes. Le quatrième article examine le besoin d'une biotechnologie durable dont les pays en voie de développement pourraient bénéficier. Finalement, l'édition spéciale contient un résumé analytique d'informations sur les efforts visant à modifier génétiquement les cultures de certaines régions et pays.

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POUR COMMANDER L'ARTICLE No. 9 : "Worlds Apart? The Reception of Genetically Modified Foods in Europe and the United States", par G. Gaskell, M. W. Bauer, N.C. Allum, London School of Economics, Londres, R.-U.; et J. Durant, The Science Museum, Londres, R.-U. CONTACTER : George Gaskell, 44-171-955-7702 (téléphone). 44-171-955-7005 (télécopieur) ou G.Gaskell@lse.ac.uk (adresse électronique).

POUR COMMANDER L'ARTICLE No. 6 : " Gene Discovery and Product Development for Grain Quality Traits", par B. Mazur, E. Krebbers et S. Tingey, DuPont Agricultural Products Experimental Station, Willmington, Delaware, Etats-Unis. CONTACTER : Barbara Mazur, 1-302-695-3700 (téléphone), 1-302-695-7361 (télécopieur), ou barbara.j.mazur@usa.dupont.com (adresse électronique).

POUR COMMANDER L'ARTICLE No 7 : "Nutitional Genomics: Manipulating Plant Micronutrient Content to Improve Human Health", par D. DellaPenna, U. of Nevada, Reno, Nevada, Etats-Unis. CONTACTER : Dean DellaPenna, 1-702-784-1918 (téléphone), 1-702-784-1650 (télécopieur), ou della_d@med.unr.edu (adresse électronique).

POUR COMMANDER L'ARTICLE No 8 : "Plant Functional Genomics", par C. Somerville et S. Somerville, Carnegie Institution of Washington, Stanford, Californie, Etats-Unis. CONTACTER : Christopher Somerville, 1-650-325-1521 (téléphone), 1-650-325-6857 (télécopieur), ou ( crs@andrew2.stanfard.edu (adresse électronique).

POUR COMMANDER L'ARTICLE No 11 : "Biotechnology and Food Security in the 21st Century", par I. Serageldin, The World Bank, Washington, DC, Etats-Unis. CONTACTER : Ismail Serageldin 1-202-473-8961 (téléphone), 1-202-473-8110 (télécopieur) ou CGIAR@cgnet.com (adresse électronique).

POUR COMMANDER L'ARTICLE No 24 : Dossier spécial d'articles compilés par la rédaction de Science, Washington DC, Etats-Unis. CONTACTER : AAAS News & Information Office au 1-202-326-6440 (téléphone), 1-202-789-0455 (télécopieur), ou à scipak@aaas.org (courier électronique).

POUR COMMANDER L'ARTICLE No 1 : "Facing Fear of Biotechnology", par Roger N. Beachy, Président du Donald Danforth Plant Science Center à St. Louis, Misouri. CONTACTER : AAAS News & Information Office au 1-202-326-6440 (téléphone), 1-202-789-0455 (télécopieur), ou à scipak@aaas.org (courier électronique).

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