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202-326-6421Une étude de la revue Science décrit l'effet des cultures de plantes génétiquement modifiées sur les oiseaux des campagnes
Le recours à des cultures de plantes génétiquement modifiées pour tolérance aux herbicides (GMTH) risque de se traduire par une forte réduction des populations d'oiseaux sur un faible pourcentage de terres agricoles, tout en ayant un effet négligeable sur la majorité des exploitations. C'est ce que prédit une nouvelle étude publiée dans le numéro du 1er septembre de la revue internationale Science, D'une manière générale, les conséquences dépendent de la catégorie d'exploitation agricole qui adopte les nouveaux types de culture, selon les conclusions des auteurs.
Les effets possibles des cultures GMTH sur la faune naturelle des campagnes ont fait l'objet d'un débat qui se poursuit et le gouvernement britannique a imposé un moratoire sur ces cultures jusqu'à ce que la question soit résolue.
L'auteur principal de l'étude, Andrew Watkinson de l'université d'East Anglia à Norwich en Angleterre, en association avec ses collègues, a créé un modèle simulant la croissance des populations de mauvaises herbes qui envahissent les cultures. Ce modèle a permis à l'équipe d'étudier les conséquences des changements dans le mode d'emploi des herbicides qui vont probablement accompagner la culture de plantes GMTH. Il ressort des résultats qu'on peut prévoir un déclin d'au moins 90%, dans certains cas, dans la présence de graines de mauvaises herbes.
Une section importante de l'étude établit une corrélation entre les dénombrements de mauvaises herbes et les dénombrements d'oiseaux, qui décroissent simultanément ; elle prédit que si l'on voit ainsi décroître la quantité de graines, on verra aussi décliner le nombre d'alouettes fréquentant les champs.
Les essais sur le terrain, sujets des controverses actuelles, qui se déroulent au Royaume-Uni sont faits dans le but d'étudier les répercussions des cultures GMTH sur la biodiversité.
Watkinson déclare : "Ces essais sur le terrain ont une grande valeur, mais ils ne diront pas ce que sera le sort des populations d'oiseaux. Ils se poursuivent à une échelle trop réduite. Un avantage considérable de la méthodologie que nous avons adoptée est qu'elle permet de faire, dès à présent, des prédictions sans attendre les résultats d'un essai s'étendant sur trois ans."
Plusieurs décennies d'agriculture intensive en Europe ont gravement touché les oiseaux. Au Royaume-Uni même, leurs populations ont subi un déclin pouvant être estimé à 90 pour cent sur une période de vingt-cinq ans, selon Watkinson.
"Il semble probable qu'en introduisant les cultures résistant aux herbicides, on provoquera des baisses encore plus fortes dans les populations d'oiseaux des campagnes à moins d'en atténuer l'effet par des mesures spéciales" a t-il déclaré.
Le modèle mis au point par l'équipe de Watkinson examine la gestion des cultures de betterave sucrière résistante aux herbicides, ainsi que les effets produits sur une plante annuelle qui infeste principalement cette culture (Chenopodium album connue plus communément aux Etats-Unis sous le nom de "Lamb's Quarters" et en Angleterre celui de "Fat Hen"), et les effets dérivés sur l'alouette qui se nourrit de cette plante (Alauda arvensis).
"Ces conclusions s'appliquent probablement à bien d'autres plantes, cultures, mauvaises herbes, ainsi qu'aux oiseaux qui en consomment les graines" remarque Watkinson.
L'étude a démontré qu'une question clé pour les prédictions de l'impact sur les populations d'oiseaux était liée à la forme de réceptivité des exploitants vis-à-vis de la nouvelle technologie de modifications génétiques. La plupart des champs présentent de très faibles densités de graines. Le terrain particulièrement important pour les populations d'oiseaux est constitué par une faible proportion de champs à fortes densités de graines.
Les chercheurs de l'étude prédisent que la gravité du dépeuplement en oiseaux dépendra du type d'exploitant qui aura le plus de chances d'adopter les cultures GMTH. Si l'usage de telles cultures se trouve restreint aux exploitations intensives présentant de faibles densités en graines, l'impact sera mineur. Toutefois, si les cultures résistant aux herbicides sont adoptées par des exploitants de tous types -- et spécialement par des exploitants dont les champs sont pleins de mauvaises herbes -- alors on risque d'assister à de graves déclins dans les populations d'oiseaux.
Dans leur article pour Science, Watkinson et ses collègues soulignent que leurs conclusions ne sont pas limitées aux seuls effets du génie génétique. La même approche peut servir à prédire les conséquences d'autres changements dans les pratiques agricoles.
L'article de Science est accompagné d'un commentaire ayant pour auteurs Lee Firbank du Centre d'écologie et hydrologie à Cumbria en Angleterre et Frank Forcella de l'ARS-Département de l'Agriculture des Etats-Unis, à Morris, Minnesota, et de l'université du Minnesota, à St Paul, Minnesota.
L'opinion de Firbank et Forcella est que le modèle fournit "un schéma conceptuel qui est le bienvenu", mais qu'il faudra des travaux plus étendus pour résoudre certaines simplifications qui y figurent. Selon le commentaire, certaines données en provenance des Etats-Unis, oł les cultures GMTH sont actuellement en place, suggèrent que la lutte contre les mauvaises herbes poursuivie avec des cultures GMTH, pourrait bien avoir moins d'efficacité que ne l'indique certains des résultats du modèle.
De telles différences font ressortir le besoin d'essais sur le terrain devant compléter les études telles que celle-ci, selon Firbank et Forcella.
### Les autres membres de l'équipe de Watkinson sont Robert Freckleton et William Sutherland, de l'université d'East Anglia à Norwich en Angleterre et Robert Robinson du British Trust for Ornithology à Norfolk en Angleterre. Le financement de leur étude était fourni par l'université d'East Anglia à Norwich et Natural Environment Research Council.
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