NE PAS DIFFUSER AVANT 14 h, heure de l'Est des Etats-Unis, Jeudi 27 Avril 2000
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Washington D.C.- Des chercheurs français ont mis au point avec succès une méthode de thérapie génique qui traite l'immunodéficience combinée sévère (DICS) X1 chez l'Homme, une maladie héréditaire pouvant être létale, touchant le chromosome X. Les patients affectés sont en général obligés de vivre à l'intérieur de bullesstériles sous strict contrôle pour éviter d'exposer leurs systèmes immunitaires non existants à des risques jusqu'à une greffe de moelle osseuse. Cette thérapie est décrite dans le numéro de Science en date du 28 avril.
Deux bébés de 8 et 11 mois ontbénéficié de ce traitement, qui fournit à une copie normale du gène défectueux provoquant le DICS X1 une copie de travail qui prolifère rapidement dans le corps du patient. Le nouveau gène débloque le développement des autres cellules immunitaires et rétablit le fonctionnement normal du système immunitaire. Selon Alain Fischer, de l'Hôpital Necker à Paris et co-auteur de l'étude, les bébés jouissent depuis plus de onze mois d'un système immunitaire normal sans présenter d'effets secondaires. Dans ce même rapport, Science annonce des progrès similaires chez un troisième patient, quatre mois après le transfert génique.
Le gène défectueux code une partie d'un récepteur cellulaire qui envoie des signaux aux parents des cellules T et NK, composants cruciaux du système immunitaire qui détruisent les envahisseurs et rallient d'autres défenses immunitaires. Sans le commandement de ce gène, ces cellules ne se développent, ne croissent et ne prolifèrent pas. Les patients atteints du DICS X1 demeurent par conséquent à la merci des infections même légères comme les boutons de fièvre ou des maladies infantiles courantes comme la varicelle.
Les chercheurs ont commencé par recueillir de la moelle osseuse des patients pour en extraire un ensemble de cellules souches du sang. Après avoir plongé un facteur de croissance dans des récipients recouverts d'un fragment de fibronectine, protéine semblable à un fil qui stimule un bon transfert génique, ils ontinfecté les cellules au moyen d'un rétrovirus porteur du gène de remplacement. Au bout de trois jours d'infection répétée, les scientifiques ont greffé à nouveau les cellules dans les patients sans traitement chimiothérapique préalable. Ilétait important de démontrer notre réussite en l'absence de toute chimiothérapie, explique Alain Fischer.
Quinze jours plus tard, il détectait avec ses collègues de nouvelles cellules porteuses de la version correcte du gène, ainsi qu'un nombre croissant de cellules immunitaires entièrement fonctionnelles et diversifiées. A l'heure actuelle, le dénombrement des cellules T, B et NK des deux patients est comparable à celui d'enfants normaux de leur âge. Les scientifiques ont également effectué des tests des systèmes immunitaires régénérés des patients avec les vaccins antitétanique, antidiphtérique et antipoliomyélitique, et ont constaté que les bébés produisaient les anticorps corrects pour chacun d'eux.
Selon Alain Fischer, la clé du succès du traitement est non pas dans la technique, mais dans la maladie même. Dans les cas de DICS X1, les cellules porteuses du gène normal semblent jouir d'un avantage sélectif substantiel, car elles se multiplient rapidement jusqu'à ce que leurs nombres l'emportent sur ceux de leur cousines mutées. Les chercheurs avaient déjà pressenti ce fait lorsqu'une version défectueuse du gène s'était spontanément inversée chez un ancien patient atteint du DICS X1, et avait entraîné une reprise durable de son système immunitaire. Cela signifie que même une technique de thérapie génique peu efficace, qui introduit seulement quelques cellules porteuses du gène correct, peut se révélerêtre un bon traitement, dit-il, en faisant remarquer que ce fait est d'un bon augure pour le succès du traitement dans le cadre d'autres maladies immunitaires génétiquement similaires.
Selon l'étude, les deux jeunes patients atteints du DICS X1 ont présenté des améliorations cliniques frappantes. N'étant plus en isolement de protection, ils vivent tous deux chez eux sans suivre de traitement, et grandissent et se développent normalement pour leurs âges. Idéalement, d'après Alain Fischer, ils seront surveillés pendant toute leur vie, à la fois pour s'assurer de leur bonne santé et pour contrôler le succès à long terme du traitement.
COMMANDE DE L'ARTICLE No. 16 : Thérapie génique de l'immunodéficience combinée sévère (DICS)-X1chez l'Homme par M. Cavazzana-Calvo, S. Hacein-Bey, G. de Saint Basile, F. Selz, C. Hue, S. Certain, J-L. Casanova, F. Le Deist et A. Fischer à l'INSERM à Paris ; C. Cavazzana-Calvo, S. Hacein-Bey, C. Hue, J-L. Casanova et A. Fischer sont également à l'Hôpital Necker à Paris ; F. Gross, E. Yvon, P. Nussbaum à l'Hôpital Necker ; P. Bousso à l'INSERM et à l'Institut Pasteur, à Paris. CONTACT : Alain Fischer au 33 1 44 49 48 22 (téléphone), 33 1 44 49 50 70 (télécopie) ou fischer@necker.fr (courrier électronique)
COMMANDE DE L'ARTICLE No.3 : Gene Therapy: The Best of Times, The Worst of Times, (Thérapie génique: les meilleurs et les pires moments), par W. French Anderson à USC Keck School of Medicine, Los Angeles, CA. CONTACT : W. French Anderson à 323-865-0612 (téléphone), 323-865-0097 (télécopie) ou sdiaz@genome2.hsc.usc.edu .
Pour obtenir des exemplaires des articles de MM. Cavazzana-Calvo et al. et Anderson, veuillez envoyer un courrier électronique à scipak@aaas.org ou appeler le 202-326-6440.
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