À NE PAS DIFFUSER AVANT :

CONTACT: Ginger Pinholster

14 h 00, heure de l’Est des États-Unis

202-326-6440

Jeudi 14 septembre 2000

Gpinhols@aaas.org

Les protéines « prion » pourraient signaler un problème–Littéralement,

disent les auteurs de la revue Science

PARIS–Une forme non pathogène de la protéine prion à l’origine de la scrapie, protéine dont le repliement anormal entraîne la dégénération pathologique du cerveau chez l’homme, les ovins et les bovins, pourrait aider à réguler les fonctions des cellules nerveuses par le biais de voies de signalisation cellulaire, indiquent des chercheurs dans le numéro du 15 septembre de la revue internationale Science.

Si les prions de conformation anormale sont connus pour être responsables des maladies incurables de type « cerveauspongieux », ou encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST), la fonction des prions normaux était restée un mystère jusqu'à une date très récente.

Selon les équipes de recherche dirigées par Odile Kellermann de l’Institut Pasteur de Paris et Jean-Marie Launay de l’Hôpital Lariboisière, c’est en démêlant la voie de transmission du signal du prion normal (PrPc) que l’on pourra découvrir ce qui déclenche son activité et comment sa forme altérée (PrPSc) détruit les processus cellulaires et entraîne la neurodégénérescence qu’est la scrapie.

La protéine prion non pathogène ne semble avoir aucun rôle connu ou spécifique au niveau des fonctions cellulaires, indiquent les chercheurs. Toutefois, elle pourrait avoir un rôle de « réglage de précision » des fonctions neuronales au niveau cellulaire en raison de sa position à la surface de la cellule nerveuse, en particulier sur les extensions des neurones appelées neurites qui recueillent et intègrent les informations provenant d’autres neurones.

Les protéines prions normales semblent participer à une « cascade » de signalisation qui activeune enzyme appelé « Fyn ». Cette enzyme est une tyrosine kinase capable de stimuler des événements intracellulaires multiples entraînant, par exemple, la modification de la sensibilité d’une cellule à d’autres stimuli, disent Odile Kellerman et sa collaboratrice, Sophie Mouillet-Richard, auteur principal de l’article de Science.

L’équipe de recherche a identifié deux formes de la protéine cavéoline-1 (a et b ) et, éventuellement, une autre protéine, la clathrine, qui semble également participer à l’activation de la Fyn. D’autres partenaires cellulaires dans la cascade de signalisation, tels que ceux liés aux stades de différenciation, pourraient être identifiés à l’avenir, indique l'équipe.

Pour étudier la capacité du prion à transmettre le signal, les chercheurs ont utilisé des cellules embryonnaires de souris clonée (1C11) qui peuvent se convertir en neurones totalement fonctionnels. Ces neurones sont connus pour leur capacité de production en continue de prions normaux et ils peuvent se différencier en deux types de neurones qui produisent et s’activent avec la sérotonine ou la noradrénaline. Seules les cellules possédant un phénotype neuronal complet ont montré un lien entre la protéine prion et l’activation de la Fyn. En fait, une différenciation cellulaire totale doit être nécessaire pour activer la totalité de la cascade de transmission du signal, peut-être parce que l’intéraction entre les différents partenaires cellulaires dépend du développement de la cellule.

La détection de prions normaux en tant que molécule de transmission du signal peut apporter des éclaircissements sur la façon dont l’accumulation des prions provoquant la scrapie modifie le fonctionnement normal de ces protéines. De telles précisions pourraient éventuellement permettre de trouver des traitements des encéphalopathies.

L’étude publiée dans Science reflète un intérêt croissant pour la transduction du signal qui se produit lorsque les messages biochimiques se déplacent d’une cellule à l’autre ou de la surface d’une cellule vers l’intérieur et influencent ainsi l’expression des gènes. Comme les événements de transduction du signal peuvent altérer l’expression des gènes, de tels processus peuvent contrôler la différenciation des tissus, l’homéostasie (ou fonctions cellulaires), la mort des cellules et la maladie. En déterminant les facteurs impliqués dans les voies de signalisation, beaucoup de chercheurs espèrent déterminer des stratégies de prévention de maladies en bloquant les événements survenant dans la transmission du signal.

# # #

(Pour plus de renseignements sur les recherches relatives à la transduction de signal, prière de consulter les pages du site Science intitulées « Signal Transduction Knowledge Environment » (Environnement des connaissances sur la transduction de signal) à http://www.stke.org.)

Myriam Ermonval et Claire Chebassier du CNRS et de l’Institut Pasteur, Jean-Louis Laplanche de l’Hôpital Lariboisière et Sylvain Lehmann du CNRS ont collaboré avec Kellermann, Mouillet-Richard et Launay dans l’étude présentée dans Science.

Ces recherches ont reçu l’appui du Programme de recherche sur les ESST et les prions du Ministère de l’Éducation français.

Pour recevoir une copie de cet article de Science, prière d'appeler le (202) 326-6440 ou envoyer un e-mail à scipak@aaas.org.