[ Back to EurekAlert! ] Public release date: 12-Mar-2008
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Contact: Peter Bossaerts
peter.bossaerts@epfl.ch
41-216-930-081
Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne

Quand les neurones se mêlent de la prévision du risque

Ce communiqué est aussi disponible en anglais.

Une équipe de l'EPFL et du Caltech met en lumière le rôle de certains neurones dans l'apprentissage du risque. Les résultats de ces travaux, parus dans le "Journal of Neuroscience" ce 12 mars, vont, entre autres, permettre de mieux comprendre pourquoi certains types de risque, comme notamment le risque financier, sont parfois mal estimés.

Qui dit planifier dit aussi faire des prévisions. Dans un environnement incertain, celles-ci peuvent cependant s'avérer fausses. Le sentiment de risque engendre souvent une réaction "anormale", qui peut aller de l'euphorie, en cas de sous-estimation du risque, jusqu’à la panique, voire la dépression, en cas de surestimation. Pour comprendre ces anomalies dans la façon de réagir face à une situation désécurisante, il est important de comprendre le mécanisme neurobiologique qui sous-tend notre apprentissage de la prévision du risque. La recherche a encore beaucoup à faire dans ce domaine. Ainsi, nous ne savons pas encore comment le cerveau fonctionne dans l’estimation du risque.

Dans ce contexte, les travaux d'une équipe de l'EPFL et du California Institute of Technology représentent une avancée importante. Les scientifiques ont découvert qu'une corrélation existait entre l’activation de certains neurones situés dans l'un des lobes du cerveau et des erreurs mathématiques de prévision de risque. "Nous disposons désormais d'une entrée pour commencer à mieux comprendre comment nous apprécions le risque", explique le professeur Peter Bossaerts, du Laboratoire de prise de décisions dans l'incertitude, à l'EPFL, et auteur principal de l’article.

La localisation des neurones qui encodaient ces erreurs suggère un lien entre la prévision du risque et les émotions. En effet, ils se trouvent dans un endroit déjà identifié comme étant le lieu où est intégrée toute information sur les sentiments émotionnels. Ainsi, et contrairement à la théorie de Descartes, l'émotion pourrait être un élément constitutif de la rationalité: son but serait de mesurer le risque dans l’environnement.

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