[ Back to EurekAlert! ] Public release date: 21-Apr-2008
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McGill University Health Centre

Les cellules cancéreuses communiquent avec des 'bulles,' selon une étude du CUSM

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 21 avril, 2008 – Un nouveau mécanisme de communication des cellules tumorales vient d’être mis a jour par l’équipe du Dr Janusz Rak de l’Institut de recherche du Centre Universitaire de Santé McGill (CUSM), en collaboration avec le Dr Guha de l’Université de Toronto. Ainsi, les cellules cancéreuses peuvent communiquer avec d’autres cellules, saines au moins malignes, en émettant des vésicules. Ces structures en forme de bulles contiennent des protéines oncogènes (qui causent le cancer) qui peuvent déclencher des mécanismes spécifiques à l’intérieur des cellules avec lesquelles elles fusionnent. Ces découvertes pourraient changer notre vision des interactions dans les tissus cancéreux, et mener à des innovations cliniques majeures. Elles ont été publiées le 20 Avril dans l’édition électronique de Nature Cell Biology.

Certaines cellules tumorales du cerveau sont connues pour exprimer à leur surface une version mutée du Facteur de croissance épithélial de type 3 (EGFRvIII). Bien que cette protéine ne soit exprimée que dans une fraction des cellules tumorales, elle a une influence majeure sur la malignité de toute la tumeur. « Comment expliquer qu’une si faible minorité de cellules ait un impact si important »? Ce mécanisme était encore inconnu… jusqu’à maintenant

Cette étude démontre que la version mutée de EGFRvIII stimule l’émission de petites vésicules à partir de la membrane cellulaire, qui portent à leur surface plusieurs copies de la version mutante de EGFRvIII. Elles ont été baptisées « oncosomes ». Ceci démontre que, contrairement à notre conception traditionnelle, les protéines oncogènes ne sont pas confinées à l’intérieur des cellules qui les produisent. Elles peuvent même migrer!

Les oncosomes vont se déplacer hors de la cellule tumorale jusqu’à ce qu’ils rencontrent une cellule saine ou tumorale bénigne, puis fusionnent avec elle. Les protéines oncogéniques EGFRvIII vont alors s’intégrer dans la membrane de la cellule « receveuse » et stimuler certaines voies métaboliques pour induire un comportement aberrant et malin. Bien que cette transformation ne soit que transitoire, elle a un impact important sur toute la tumeur en provoquant une augmentation plus rapide du nombre de cellules et en stimulant la croissance de vaisseaux sanguins, un des marqueurs des tumeurs malignes du cerveau.

« Sachant ceci, nous pouvons imaginer que beaucoup de protéines mutantes ne sont pas confinées dans les cellules qui les produisent. Elles pourraient migrer et se répandre comme des cargos d’oncosomes : un processus qui serait comparable à la formation d’un « effet de champ oncogénique », explique le Dr Rak. « Cela prouve que le cancer est un processus multicellulaire, où les cellules communiquent beaucoup entre elles. On entre en opposition avec la vision traditionnelle d’une unique cellule « mutée » qui se multiplie de façon incontrôlée jusqu’à former une tumeur. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives de recherche passionnantes, mais nous espérons aussi qu’elle aura des conséquences positives pour les patients.»

En effet, la présence d’oncosomes (contenant des protéines EGFRvIII ou d’autres) dans le sang des patients cancéreux pourrait devenir un marqueur clinique, et permettre d’établir certaines des caractéristiques moléculaires de la tumeur sans nécessiter le recours à une chirurgie ou une biopsie invasive. Actuellement, dans le cas du cancer du cerveau, cette évaluation très fine ne peut se faire sans retirer la tumeur, et donc ouvrir la boite crânienne. Or le dosage et l’analyse des oncosomes nécessiteraient seulement de prélever un peu de sang ou de liquide céphalo-rachidien. Ceci représenterait un grand pas pour le confort des patients et pour le choix de la stratégie thérapeutique la plus adaptée : deux facteurs clés dans l’évolution vers une médecine personnalisée dans un futur, espérons-le, pas trop lointain.

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Le Dr Rak voudrait souligner la qualité du travail fourni par le Dr Khalid Al-Nedawi, l’auteur principal, et Brian Meehan, le second auteur de cette étude, de l’Institut de recherche du CUSM.

Dr Janusz Rak est chercheur dans l’axe du « Cancer » à l’institut de Recherche du Centre Universitaire de Santé McGill.

Cette étude a été financée par l’Institut National du Cancer du Canada et la Société Canadienne du Cancer.

L'article peut être consulté au: http://www.nature.com/ncb/journal/vaop/ncurrent/full/ncb1725.html

L’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR CUSM) est un centre de recherche de réputation mondiale dans le domaine des sciences biomédicales et des soins de santé. Établi à Montréal, au Québec, il constitue la base de recherche du CUSM, centre hospitalier universitaire affilié à la Faculté de médecine de l’Université McGill. L’Institut compte plus de 600 chercheurs, près de 1 200 étudiants diplômés et postdoctoraux et plus de 300 laboratoires de recherche consacrés à un large éventail de domaines de recherche, fondamentale et clinique. L’Institut de recherche est à l’avant-garde des connaissances, de l’innovation et de la technologie. La recherche de l’Institut est étroitement liée aux programmes cliniques du CUSM, ce qui permet aux patients de bénéficier directement des connaissances scientifiques les plus avancées.

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