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Un des deux lauréats canadiens du « prix Nobel » japonais est un philosophe de McGill
Charles Taylor, professeur émérite à l'Université McGill et un des intellectuels de notre époque s'étant le plus démarqué pour ses réflexions sur la spiritualité et la laïcisation, s'est vu décerner le 24e Prix annuel Kyoto dans la catégorie Arts et philosophie. Il est le premier Canadien à recevoir ce prestigieux honneur international dans cette catégorie.
Le Prix Kyoto, remis par la Fondation Inamori, est considéré comme un des plus importants prix internationaux, visant à souligner la contribution au développement scientifique, culturel et spirituel et à l'amélioration de la condition humaine. Ce prix est décerné chaque année dans trois catégories : technologie avancée, sciences et arts et philosophie. Le prix consiste en une médaille d'or commémorative et 50 millions de yens (environ 450 000 $US). Le prix sera remis au Pr Taylor à l'occasion d'une cérémonie le 10 novembre, à Kyoto, au Japon. Le Pr Taylor sera accompagné par un autre Canadien, le Dr Anthony Pawson, chef de file dans la recherche contre le cancer à l'Hôpital Mount Sinai de Toronto, lauréat dans la catégorie sciences, et par le Dr Richard Manning Karp, professeur en génie électrique et sciences informatiques à l'Université de la Californie à Berkeley et chercheur scientifique principal à l'International Computer Science Institute, lauréat dans la catégorie technologie avancée.
« L'Université McGill est profondément honorée que le prestigieux Prix Kyoto soit décerné à Charles Taylor, un membre que tient en haute estime la communauté de McGill depuis plus de 45 ans », a déclaré la principale et vice-chancelière de McGill, Madame Heather Munroe-Blum. « Par son enseignement approfondi et inspiré, ses recherches prolifiques et ses publications, ainsi que par son infatigable dévouement envers la communauté, le Professeur Taylor est devenu un exemple extraordinaire de la façon dont un professeur d'université peut changer le monde. »
La Fondation Inamori a été créée en 1984 par le Dr Kazuo Inamori, fondateur et président du conseil émérite de Kyocera et de la société KDDI. Le Prix Kyoto a été créé en 1985 pour refléter la certitude du Dr Inamori qu'on ne peut avoir de but plus élevé que celui de se battre pour une société meilleure et que l'avenir de l'humanité ne peut être assuré que s'il existe un équilibre entre nos progrès scientifiques et notre profondeur spirituelle. Les lauréats sont sélectionnés par un processus strict et impartial qui consiste en l'étude de candidatures reçues de partout dans le monde. Parmi les lauréats précédents, notons Akira Kurosawa (1994), Jane Goodall (1990) et Noam Chomsky (1988).
« Je suis très, très honoré et très heureux », a confié Charles Taylor. « J'ai de grandes affinités avec les principes de la Fondation Inamori. »
Né à Montréal en 1931, le Dr Taylor a entrepris ses études universitaires à McGill, où il a obtenu un baccalauréat en histoire (B.A. 1952). Il a poursuivi ses études à l'Université d'Oxford, d'abord comme boursier Rhodes au Collège Balliol (B.A. 1955), puis comme étudiant à la maîtrise et au doctorat (M.A. 1960 et D.Phil. 1961).
Le Dr Taylor est entré au département de science politique de McGill en 1961, et à son département de philosophie en 1973. À travers une série de travaux qui se sont étendus sur près d'un demi-siècle et qui comprennent la publication de plus d'une douzaine d'ouvrages et de mémoires, le Dr Taylor a constamment insisté sur l'inclusion de la dimension spirituelle dans les discussions publiques sur la politique, l'histoire, la linguistique et la littérature, ainsi que sur toutes les autres facettes des sciences humaines et sociales. Tout au long de sa carrière, il a soutenu que la dépendance exclusive aux points de vue laïques ne menait qu'à des résultats fragmentés et faussés. Il a décrit ce genre d'approche comme étant boiteuse et empêchant de dégager des points de vue essentiels qui pourraient aider une collectivité mondiale de plus en plus exposée au choc des cultures, des morales, des nationalités et des religions.
En 2007, le Premier ministre Jean Charest a nommé le Dr Taylor co-président d'une commission qui s'est penchée sur le controversé débat qui entoure les accommodements raisonnables envers les minorités religieuses et culturelles de la société du Québec. Le rapport complet de la commission a été déposé en mai.
Les efforts continus du Dr Taylor pour faire tomber les barrières traditionnelles entre les approches scientifiques et spirituelles de la connaissance et de la compréhension ont été reconnus par différentes marques d'appréciation et de nombreux prix. En 1995, le Dr Taylor a été fait Compagnon de l'Ordre du Canada et, en 2000, il a été nommé Grand Officier de l'Ordre national du Québec. En 2003, il est devenu le premier lauréat de la Médaille d'or du Conseil de recherches en sciences humaines pour les réalisations en recherche. En 2007, il s'est vu accorder le Prix Templeton de 1,7 million de dollars pour le progrès de la recherche ou les découvertes dans le domaine des réalités spirituelles.
Charles Taylor vit à Montréal, avec son épouse, Aube Billard, historienne de l'art.
Chef de file parmi les universités canadiennes, McGill regroupe deux campus, onze facultés, dix écoles professionnelles, 300 programmes d'études et plus de 33 000 étudiants. Depuis l'année 2000, McGill a engagé plus de 800 professeurs qui y partagent leur énergie, leurs idées et leurs recherches de pointe. McGill attire des étudiants de plus de 160 pays à travers le monde. Près de la moitié des étudiants de McGill, dont 6000 francophones, ont déclaré que leur langue maternelle n'était pas l'anglais. Par ailleurs, plus de 6200 étudiants étrangers représentent près de 20 pour cent du corps étudiant.
Site Internet : http://www.inamori-f.or.jp/index_e.html