[ Back to EurekAlert! ] Public release date: 10-Nov-2008
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Contact: Sylvain-Jacques Desjardins
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University of Montreal

Les bébés placés dans des incubateurs courent moins de risques de souffrir de dépression à l’âge adulte

Une nouvelle étude parue dans la revue Psychiatry Research établit un lien entre les soins médicaux et l’attention parentale

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 10 novembre 2008 – Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Psychiatry Research, les bébés placés dans un incubateur à la naissance ont de deux à trois fois moins de chances de souffrir de dépression une fois parvenus à l'âge adulte. Cette surprenante découverte a été faite par des scientifiques de l'Université de Montréal et de du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine en collaboration avec des chercheurs de l'Université McGill, du Centre de recherche de l'Hôpital Douglas et du Institute of Psychiatry at King's College du Royaume-Uni.

« Chez les mammifères, la séparation de l'enfant et de la mère à la naissance a toujours été considérée comme un facteur de stress majeur pouvant être à l'origine de problèmes de comportement à l'âge adulte », affirme l'un des auteurs de l'étude, Richard E. Tremblay, professeur de psychologie, de pédiatrie et de psychiatrie à l'Université de Montréal et directeur du Groupe de recherche sur l'inadaptation psychosociale chez l'enfant au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine.

« Nous sommes partis de l'hypothèse que la séparation de la mère et de l'enfant au moment où ce dernier était placé en incubateur pouvait aggraver une dépression à l'adolescence ou à l'âge adulte. Nous avons plutôt découvert que les soins en incubateur pouvaient réduire de deux à trois fois les risques de dépression jusqu'à l'âge de 21 ans. »

Aux fins de l'étude, la première à se pencher sur l'incidence des soins en incubateur sur la dépression chez les adultes, l'équipe de recherche a étudié un sous-échantillon de 1 212 enfants ayant fait l'objet d'une étude longitudinale lancée en 1986. Ces enfants fréquentaient des maternelles du Québec et les données concernant leur état à la naissance, les complications obstétriques et les soins en incubateur ont été extraites des dossiers médicaux des hôpitaux. Les participants ont fait l'objet d'évaluations psychiatriques à l'âge de 15 et de 21 ans. Les chercheurs ont constaté ce qui suit :

Les chercheurs ont également constaté que les filles étaient trois fois moins susceptibles de souffrir de dépression avant l'âge de 15 ans si elles avaient reçu des soins en incubateur à la naissance. « Cet écart est attribuable au fait qu'un plus grand nombre de filles souffrent de dépression à l'adolescence et que les garçons sont aux prises avec ce problème plus tard à adolescence », mentionne un autre auteur de cette étude, Frank Vitaro, professeur à l'Université de Montréal et membre du Groupe de recherche sur l'inadaptation psychosociale chez l'enfant.

Enchaînement de facteurs biologiques et affectifs

L'équipe de recherche a découvert que les stimuli directs ou indirects, et non pas seulement l'incubateur en soi, pouvait réduire les risques de dépression. Par exemple, les incubateurs offrent un environnement contrôlé où la température interne, l'oxygénation du cerveau, les sons et la lumière sont ajustés afin de maximiser le développement neuronal. Qui plus est, les mères des bébés placés en incubateur leur offrent plus de soutien émotionnel durant l'enfance parce qu'elles les perçoivent comme plus vulnérables.

« Les soins en incubateur ne sont pas l'unique facteur ayant protégé les participants d'une dépression future », précise le premier auteur, David Gourion, psychiatre autrefois rattaché à l'Université de Montréal et au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et qui fait désormais partie du personnel de l'Hôpital Sainte-Anne à Paris.

« Nous sommes d'avis que les soins en incubateur catalysent un enchaînement complexe de facteurs biologiques et affectifs qui contribuent à réduire les risques de dépression. »

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Au sujet de l'étude
Les auteurs de l'article « Early environment and major depression in young adults: A longitudinal study », publiée dans la revue Psychiatry Research, sont David Gourion, Frank Vitaro et Richard E. Tremblay de l'Université de Montréal et du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine; Jelena Brezo et Gustavo Turecki de l'Université McGill et de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas et Louise Arseneault du Institute of Psychiatry at King's College, Londres, RU.

Sur le Web
À propos de l'Université de Montréal : www.umontreal.ca/english/index.htm
À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine : http://www.recherche-sainte-justine.qc.ca/en
À propos du Groupe de recherche sur l'inadaptation psychosociale chez l'enfant : http://www.gripinfo.ca/Grip/Public/www/
À propos de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas : http://www.douglas.qc.ca/accueil.asp?l=e
À propos de l'Université McGill : www.mcgill.ca
À propos de l'Institute of Psychiatry at King's College : www.iop.kcl.ac.uk
À propos de la revue Psychiatry Research : http://www.elsevier.com/wps/find/journaldescription.cws_home/522773/description#description



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