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PUBLIC RELEASE DATE:
10-Mar-2009

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Contact: Sylvain-Jacques Desjardins
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University of Montreal
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Les jeux d'entrainement mental peuvent-ils améliorer les facultés cognitives?

Ce communiqué est disponible en anglais.

Les jeux d'entrainement mental peuvent-ils améliorer les facultés cognitives et prévenir les maladies neurodégénératives? «À ma connaissance, il n'y a pas de recherches scientifiques qui démontrent de telles améliorations apportées par des programmes ludiques de ce genre», répond Sylvie Belleville, professeure au Département de psychologie et directrice associée à la recherche à l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal.

Les inquiétudes des bébé-boumeurs quant au déclin de leurs facultés cognitives ont donné naissance à une nouvelle industrie antiâge : celle de la mise en forme du cerveau. Les ventes de jeux vidéo d'entrainement comme Brain Age, de Nintendo, et de programmes d'exercices virtuels comme Mindfit et My Brain Trainer ont atteint seulement aux États-Unis 80 M$ en 2007. Grâce à une série d'exercices quotidiens - calcul mental, mémorisation, énigmes -, les adeptes pourraient accroitre leurs capacités cognitives, acquérir une mémoire d'éléphant et même tenir éloignées certaines maladies neurodégénératives!

Paule Bolduc, chef de secteur pour la formation clinique et préclinique à la Faculté des sciences infirmières, figure parmi ces adeptes. Depuis quelques mois, elle fait religieusement ses trois séances d'exercices hebdomadaires de 20 minutes proposées par le logiciel NeuroActive. Efficace, tout ça? Oui, semble dire cette infirmière de formation âgée de 60 ans. «J'oublie moins souvent où j'ai mis mes clés», dit-elle en riant.

On est loin des promesses faites par le fabricant. Sur le site Internet de Brain Center International, la compagnie qui depuis 2007 commercialise le logiciel NeuroActive, on promet en huit semaines un cerveau performant rajeuni de 10 ans. «Les résultats sont rapides, durables et remarquables», peut-on lire.

Selon Sylvie Belleville, les principes formulés, comme la stimulation intellectuelle, ne sont pas faux, mais on ne possède pour l'instant aucune donnée scientifique qui prouve leur efficacité. À la limite, le sudoku et les mots croisés pourraient valoir aussi bien que les jeux vidéo d'entrainement mental et les programmes d'exercices virtuels. «Les uns ne sont pas reconnus comme supérieurs aux autres, signale-t-elle. Peut-être qu'ils aident, mais on ne sait même pas si les gains sont transférables dans le quotidien. Ce n'est pas parce qu'une personne passe des heures devant son écran à repérer des cibles mouvantes qu'elle conduira mieux sa voiture.»

Cela dit, il existe des programmes pour les gens âgés et les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer qui ont fait leurs preuves, selon la neuropsychologue. «Ceux-ci reposent sur des stratégies de mémoire. Ils n'ont rien à voir avec les exercices à répétition que proposent les NeuroActive et compagnie.» Les travaux de cette spécialiste de la plasticité neuronale et des interventions cognitives sont cités, sans son accord, par Brain Center International en introduction du programme de l'entreprise afin de valider le logiciel. «Ce que je fais est complètement différent», précise la chercheuse.

S'il est évident que de tels exercices ne peuvent pas nuire, Mme Belleville met toutefois en garde contre les attentes démesurées que peuvent susciter les publicités. «Elles peuvent donner de faux espoirs. Si une personne ne voit pas de changements, elle peut abandonner et cela peut parfois mener à une déprime.» À son avis, la meilleure façon de préserver ses capacités cérébrales est d'avoir des activités intellectuelles, de bien manger, de contrôler les facteurs vasculaires, particulièrement dans le cas du diabète et de l'hypertension, et de faire du sport.

Devant la popularité grandissante au Québec de NeuroActive 󈝶 000 exemplaires vendus en six mois! -, le fabricant du logiciel a flairé la bonne affaire. À l'intention d'une population vieillissante, préoccupée par sa santé, une version sur vélo est maintenant offerte dans les centres de conditionnement physique d'Énergie Cardio. «Si les gens pédalent en même temps, c'est déjà mieux», estime la professeure Belleville. Faire du ski, nager ou même simplement marcher aurait des effets bénéfiques sur le cerveau. Les études sur le sujet ne manquent pas et sont unanimes, ajoute la neuropsychologue : «L'exercice physique entretient des facultés cognitives et aide à prévenir la démence.»

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Sur le web :

Département de psychologie

Institut universitaire de gériatrie de Montréal

Faculté des sciences infirmières



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