Une mutation pour des nuits plus courtes. Avoir besoin de moins de sommeil que les autres est génétiquement déterminé selon une nouvelle étude. Des chercheurs ont identifié une mutation responsable au moins en partie du fait que certaines personnes dorment naturellement moins de huit heures. Elle ne peut cependant pas servir de prétexte à passer des soirées tardives devant la télé car l'article Perspective associé précise qu'elle est probablement assez rare. L'étude offre cependant de nouvelles pistes pour chercher à comprendre les effets du sommeil sur la santé. Ying He et ses collègues ont étudié une famille où la mère et la fille ne dorment normalement que six heures par nuit. Après avoir séquencé différents gènes candidats, ils ont trouvé un variant du gène DEC2 partagé par les deux personnes mais pas par leurs proches parents. Ce gène est un répresseur de la transcription, donc capable de bloquer l'expression de certains gènes, et il a déjà été impliqué dans la régulation des rythmes circadiens. Les chercheurs ont ensuite comparé l'activité du cerveau et les cycles du sommeil entre souris porteuses de la mutation ou pas. Non seulement les souris mutantes dormaient moins, avec des périodes d'éveil plus fréquentes, mais elles avaient aussi moins besoin de sommeil pour récupérer d'un manque de sommeil. Des mutations analogues chez la mouche du vinaigre induisent aussi des phases de sommeil plus courtes. Les auteurs écrivent que ces animaux mutants peuvent être un nouveau modèle utile dans l'étude du sommeil chez l'homme.
Article n°15 : « The Transcriptional Repressor DEC2 Regulates Sleep Length in Mammals » par Y. He, Y. Xu, J.L. Holder Jr., Y.-H. Fu de l'Université de Californie, San Francisco, Mission Bay à San Francisco, CA ; C.R. Jones de l'Université de l'Utah à Salt Lake City, UT ; N. Fujiki, S. Nishino de l'Université de Stanford à Palo Alto, CA ; B. Guo de l'Université de Californie, Berkeley à Berkeley, CA ; M.J. Rossner de l'Institut Max- Planck de Médecine Experimentale à Göttingen, Allemagne ; Y. Xu est à présent à l'Université de Nanjing à Nanjing, Chine ; J.L. Holder Jr. est à présent au Baylor College of Medicine et au Texas Children's Hospital à Houston, TX.
Article n°6: « How Much Sleep Do We Need? » par H. Hor et M. Tafti de l'Université de Lausanne à Lausanne, Suisse ; M. Tafti du Centre Hospitalier Universitaire vaudois à Lausanne, Suisse.
Le feu bien maîtrisé dans la fabrication des premiers outils préhistoriques. À peu près au moment où les premiers humains ont commencé à faire des marques symboliques, des parures et autres signes d'un comportement « moderne », ils utilisaient aussi le feu pour améliorer leurs outils de pierre rapportent des chercheurs. Divers éléments suggèrent que les humains ont adopté des matériaux plus élaborés et l'usage de symboles il y a environ 75 000 ans en Afrique. Kyle Brown et ses collègues montrent maintenant qu'ils avaient aussi systématiquement recours au feu pour traiter les matériaux bruts à leur disposition et améliorer la qualité et l'efficacité de la fabrication de leurs outils de pierre. Les auteurs montrent par plusieurs techniques sur des restes d'outils en silcrete qu'ils ont recueillis sur des sites archéologiques en Afrique du Sud que la roche a été délibérément transformée par chauffage. Cette découverte suggère que le traitement par la chaleur avait déjà cours il y a déjà 164 000 ans et dominait dans la fabrication d'outils en silcrete il y a environ 72 000 ans. Les auteurs font l'hypothèse que ce type de technique pourrait être « la marque d'une cognition complexe » et faire un lien entre le simple usage du feu pour s'alimenter ou se chauffer et finalement la production de céramiques et de métaux. Dans un article Perspective associé, John Webb et Marian Domanski expliquent comment le chauffage peut améliorer le débitage de la roche.
Article n°13 : « Fire As an Engineering Tool of Early Modern Humans » par K.S. Brown, D. Braun de l'Université de Cape Town à Cape Town, Afrique du Sud ; K.S. Brown, C.W. Marean, J. Bernatchez de l'Arizona State University à Tempe, AZ ; A.I.R. Herries de l'Université de Nouvelle Galles du Sud (UNSW) à Kensington, NSW, Australie ; A.I.R. Herries de l'Université de Liverpool à Liverpool, Royaume-Uni ; Z. Jacobs, M.C. Meyer de l'Université de Wollongong à Wollongong, NSW, Australie ; C. Tribolo du CNRS à Pessac, France ; C. Tribolo de l'Université de Bordeaux à Pessac, France ; D.L. Roberts du Council for Geoscience à Bellville, Afrique du Sud.
Article n°3: « Fire and Stone » par J. Webb et M. Domanski à l'Université La Trobe à Melbourne, VIC, Australie.
Imiter pour induire l'amitié chez le singe. Si nous considérons l'imitation comme le plus haut type de flatterie, cela semble aussi être le cas des singes. Des singes capucins accordent souvent leur amitié à ceux qui les ont imités indique une nouvelle étude. Lors d'une série d'expériences sociales avec ces animaux, une espèce de singe très sociables, les chercheurs ont découvert qu'ils préféraient nettement les personnes qui imitaient immédiatement leurs actions à ceux qui se comportaient de manière similaire mais pas en même temps. Annika Paukner et ses collègues ont trouvé que les singes prenaient plus de temps à regarder ces personnes, passaient plus de temps près d'eux et interagissaient aussi plus avec eux lors d'échange de jetons pour de la nourriture. Les chercheurs confirment aussi par des expériences suivies dans le temps que c'est bien le fait d'imiter qui permet de gagner l'amitié des capucins et pas simplement de leur montrer plus de familiarité ou d'attention. Comme l'imitation est associée depuis longtemps à un comportement coopératif entre les hommes, et qu'elle donne l'occasion de se lier aux autres et de communiquer sa similitude ou son affinité, la découverte d'un lien entre imitation et comportement amical chez un primate non-humain suggère que l'imitation pourrait être un moyen sous-jacent d'induire un comportement social chez tous les primates. Un article Perspective associé de Josep Call et Malinda Carpenter expliquent plus en détail cette découverte.
Article n°19 : « Capuchin Monkeys Display Affiliation Toward Humans Who Imitate Them » par A. Paukner, S.J. Suomi, P.F. Ferrari du National Institutes of Health Animal Center à Poolesville, MD, et du National Institute of Child Health and Human Development à Bethesda, MD ; E. Visalberghi du Consiglio Nazionale delle Ricerche Istituto di Scienze e Tecnologie della Cognizione à Rome, Italie ; P.F. Ferrari de l'Université de Parme à Parme, Italie.
Article n°7 : « Monkeys Like Mimics » par J. Call ; M. Carpenter du Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology à Leipzig, Allemagne.
Deux protéines indispensables à la formation des perles. Une équipe de chercheurs japonais a identifié deux protéines qui agissent comme des agents de la circulation dans les coquilles d'huîtres en croissance, orientant les cristaux de carbonate de calcium en ligne pour donner les reflets nacrés. La « nacre » iridescente à l'intérieur des huîtres, qui a la même structure que les perles qui s'y développent, se compose de couches de cristaux d'aragonite orientées de la même manière. Ces couches sont séparées par les unes des autres par une matrice faite de protéines et d'autres molécules organiques. Jusqu'à présent, les scientifiques connaissaient très mal le processus de formation de la nacre. Michio Suzuki et ses collègues ont utilisé un traitement à l'acide pour enlever l'aragonite de la matrice organique dans l'huître japonaise Pinctada fucata. Puis, après avoir extrait les diverses protéines présentes dans la matrice, ils ont déterminé qu'une seule d'entre elles, la Pif80, liait plutôt l'aragonite que d'autres formes cristallines du calcium. Lorsque les chercheurs ont étudié le gène de la Pif80, ils ont trouvé qu'il codait en fait pour une protéine précurseur capable de donner deux protéines, la Pif80 et la Pif97. Les huîtres dépourvues de ces deux protéines perdent leur capacité à faire leurs couches de nacre indiquent les chercheurs. Ils proposent que les deux protéines sont à l'origine d'un complexe où la Pif80 lie l'aragonite tandis que la Pif97 s'associe à d'autres molécules de la matrice, ce qui permettrait ainsi de contrôler la croissance de ce matériau beau et solide qu'est la nacre. Un article Perpective associé revient sur ces résultats.
Article n°21 : « An Acidic Matrix Protein, Pif, Is a Key Macromolecule For Nacre Formation » par M. Suzuki, K. Saruwatari, T. Kogure, Y. Yamamoto, T. Nishimura, T. Kato, H. Nagasawa de l'Université de Tokyo à Tokyo, Japon.
Article n°22 : « The Molecular Basis of Nacre Formation » par N. Kröger du Georgia Institute of Technology à Atlanta, GA.