[ Back to EurekAlert! ] Public release date: 16-Nov-2009
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Contact: Sylvain-Jacques Desjardins
sylvain-jacques.desjardins@umontreal.ca
514-343-7593
University of Montreal

Le pouvoir médical nuit au déploiement des nouveaux rôles infirmiers

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 17 novembre 2009 – L'implantation des nouveaux rôles infirmiers* au sein du réseau québécois de la santé est pour une part importante tributaire du pouvoir que détiennent les médecins à toutes les instances décisionnelles du système de santé, soutiennent trois chercheuses de l'Université de Montréal dans un article publié dans la revue Recherches Sociographiques, septembre/octobre 2009.

Les auteures ont constaté que le déploiement de l'infirmière dans les groupes de médecine de famille (GMF), de l'infirmière praticienne spécialisée (IPS) et de l'infirmière pivot en oncologie (IPO) dépend en grande partie du pouvoir des médecins. Ce pouvoir se traduit sur les plans légal, politique et organisationnel à travers les rôles de gestion et de direction qu'occupent les médecins, ce qui leur a permis de définir et de décider des contours du travail des infirmières, entraînant chez ces dernières le sentiment d'être sous-utilisées.

Une description des responsabilités dictée par les médecins

Dans les GMF, la structure fait en sorte que les médecins peuvent décider de la nature et de l'étendue de pratique des infirmières. Par exemple, ce sont les médecins qui décidaient si les infirmières feraient un suivi de la clientèle ou si elles occuperaient plutôt une fonction d'assistance.

L'influence des médecins a aussi été très importante dans la formation des IPS et dans la définition de leurs responsabilités. Il en résulte un rôle qui va de consultante à première répondante du patient (avec un caseload), selon les établissements. Ces décisions ont été le plus souvent prises par les médecins, constatent les chercheuses.

Le déploiement du rôle de l'IPO s'est effectué plus facilement. Le leadership d'un oncologue réputé et impliqué à plusieurs niveaux du système de santé a été décrit comme un élément primordial. Ce médecin avait la capacité de convaincre autant ses collègues médecins que les gestionnaires des avantages liés à la fonction d'IPO et de faire accepter celles-ci dans l'équipe interprofessionnelle.

Des infirmières sous-utilisées

Dans les trois groupes, nombre d'infirmières se sont senties sous-utilisées, et certaines ont même dû « convaincre » les médecins qu'elles pouvaient contribuer différemment aux soins à la clientèle.

Les analyses révèlent que pour plusieurs médecins, ces nouveaux rôles représentent une invasion inacceptable de leur champ de pratique, ce qui pourrait expliquer leur réticence à revoir le partage des prérogatives professionnelles.

Les auteures concluent que les structures du système de santé accordent actuellement un pouvoir tel aux médecins que toute transformation des pratiques impliquant d'autres groupes professionnels paraît improbable sans le contrôle de la profession médicale. Il faut donc redéfinir les espaces d'autorité qu'exerce la profession médicale sur la prestation des services de santé. D'où la nécessité pour les infirmières de disposer de davantage de leviers aux niveaux décisionnels et de s'exprimer davantage dans l'espace public.

Les trois chercheuses, Danielle D'Amour, professeure titulaire à la Faculté des sciences infirmières de l'Université de Montréal, Dominique Tremblay, boursière postdoctorale à la Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé – Institut de recherche en santé du Canada, et Michelle Proulx, professionnelle de recherche au Centre FERASI, sont parvenues à ces conclusions en analysant les données tirées de trois recherches.

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*À propos des nouveaux rôles infirmiers

L'infirmière de GMF exerce dans les services de première ligne et détient généralement un baccalauréat en sciences infirmières. Les IPS exercent en milieux hospitaliers et possèdent une maîtrise en sciences infirmières de même qu'un diplôme complémentaire dans une des trois spécialités suivantes: la néphrologie, la cardiologie ou la néonatalogie. Enfin, les IPO exercent en services hospitaliers, sont en lien constant avec la première ligne et sont habituellement bachelières.

Centre FERASI

Le Centre FERASI fait partie d'un partenariat universitaire qui regroupe l'Université de Montréal, l'Université Laval, l'Université McGill et l'Université de Sherbrooke. Il est un lieu de formation et d'expertise dans la recherche en administration des services infirmiers. Sa création remonte à 2001 et fait suite à une prise de conscience de l'importance de l'administration des services infirmiers dans un système de santé en transformation et du manque de chercheurs dans ce domaine.

Référence:

« Déploiement de nouveaux rôles infirmiers au Québec et pouvoir médical »
Danielle D'Amour, Dominique Tremblay et Michelle Proulx
Recherches sociographiques, vol. 50, n° 2, 2009, p. 301-320.

Sur le Web :

À propos de l'étude citée : http://id.erudit.org/iderudit/038041ar
Centre FERASI: www.ferasi.umontreal.ca/fra/index.shtml
Faculté de sciences infirmières de l'Université de Montréal: www.scinf.umontreal.ca

Source : Danielle D'Amour, inf. Ph.,D.
Directrice scientifique, Centre FERASI
Faculté des sciences infirmières, Université de Montréal

Pour information :
Julie Gazaille
Attachée de presse
Université de Montréal
514 343-6796



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