[ Back to EurekAlert! ] Public release date: 8-Apr-2010
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American Association for the Advancement of Science

Un nouvel hominidé avec des traits communs aux espèces Homo

La découverte d'un fossile éclaire sur le passage au genre Homo des premiers hominidés

Ce communiqué est disponible en anglais, en afrikaans, en arabe, en chinois, en espagnol et en japonais.

Deux squelettes partiels mis au jour dans une grotte d'Afrique du Sud s'avèrent appartenir à une espèce d'hominidé jusqu'à présent non répertoriée et nous éclairent un peu plus sur l'évolution de notre propre espèce, Homo sapiens, indiquent des chercheurs. La nouvelle espèce ainsi caractérisée, Australopithecus sediba, marchait en position debout et partageait de nombreux traits physiques avec les premières espèces connues du genre Homo ; ses fossiles vont peut-être permettre de répondre à certaines questions clés au sujet de ce que signifie être un être humain.

Les fossiles sont vieux de 1,95 à 1,78 million d'années et dans le numéro de cette semaine de Science, la revue à comité de lecture publiée par l'AAAS, la société scientifique à but non lucratif, deux articles décrivent les caractéristiques physiques et l'environnement dans lequel évoluait cette nouvelle espèce d'australopithèque. Il en ressort qu'il s'agissait d'un hominidé ayant une structure osseuse comparable à celle des premières espèces d'Homo mais qui s'en servait plus comme un australopithèque du style de la fameuse « Lucy ».

Ces nouveaux fossiles représentent toutefois un hominidé apparu environ un million d'années après Lucy et ses caractéristiques impliquent que la transition vers le genre Homo s'est produite au cours de stades très lents, avec d'abord l'apparition de diverses espèces de type Homo.

« Il n'est pas possible de déterminer la position phylogénétique précise de Australopithecus sediba par rapport aux autres espèces des premiers Homo » écrit Lee Berger, l'un des auteurs principaux de l'un des deux articles de Science. « Nous pouvons conclure que… cette nouvelle espèce partage plus de traits dérivés avec les premiers Homo qu'avec toute autre espèce connue d'australopithèque et qu'elle représente ainsi un candidat pour l'ancêtre de ce genre ou un groupe frère d'un ancêtre proche qui a persisté un moment après l'apparition des premiers Homo. »

Même si beaucoup de scientifiques pensent que le genre humain Homo a évolué à partir du genre Australopithecus il y a un plus de deux millions d'années, son origine a été largement débattue, d'autres experts ayant proposé une évolution à partir du genre Kenyanthropus. Cette nouvelle espèce Australopithecus sediba pourrait finalement clore le débat et permettre de révéler les ancêtres directs de l'Homme.

« Avant cette découverte, vous pouviez faire tenir l'ensemble des fossiles de cette période candidats à l'origine du genre Homo sur une petite table. Mais avec la découverte de Australopithecus sediba et la masse de fossiles que nous avons recueillie, et que nous continuons de récolter, les choses ont dramatiquement changé » indique Berger.

Le nom « sediba » signifie « fontaine » ou « source » dans la langue sesotho parlée en Afrique du Sud et, de fait, les chercheurs pensent que ces nouveaux fossiles vont apporter une profusion d'informations sur nos origines humaines.

Pour l'instant, ces nouveaux fossiles d'hominidés montrent que le passage évolutif d'ancêtres au corps petit et peut-être plus arboricoles à des individus plus grands et pleinement bipèdes s'est produit par étapes.

Berger, de l'Université de Witwatersrand en Afrique du Sud, ainsi que Paul Dirks de l'Université James Cook en Australie, ont commencé en janvier 2008 une étude sur la distribution des fossiles dans les grottes du « Berceau de l'Humanité », un site classé au patrimoine mondial de l'Unesco pour son importance matérielle et culturelle. Plusieurs mois plus tard, Berger a découvert les deux squelettes partiels dans la grotte de Malapa et a alors analysé avec des collègues américains, suisses et australiens les vestiges qui incluent le crâne, le pelvis et la cheville d'une nouvelle espèce.

Les deux Australopithecus sediba, une femelle adulte et un jeune mâle, ont été trouvés à peu de distance dans une partie de la grotte qui avait été protégée des charognards et dont les fossiles sont ainsi très bien conservés. Les chercheurs décrivent leur aspect physique, notamment des caractéristiques pelviennes et de petites dents qu'ils partagent avec les premiers membres du genre Homo. Partant de là, ils suggèrent que la nouvelle espèce descend de Australopithecus africanus et que l'apparition des hominidés a signifié l'avènement d'une façon plus efficace de marcher et de courir.

« Ces fossiles nous offrent un aperçu extraordinairement détaillé sur un nouveau chapitre de l'évolution humaine et nous ouvrent une fenêtre sur la période critique où les hominidés sont passés d'une vie dépendante des arbres à celle différente vécue au sol » précise Berger. « Australopithecus sediba s'avère présenter une mosaïque de traits montrant un animal à l'aise dans les deux mondes. »

Dans un article distinct publié par Science, Paul Dirks et ses collègues de divers pays analyse le système de grottes de Malapa, datent les fossiles retrouvés et décrivent le milieu géologique et écologique où se situait Australopithecus sediba.

« Nous pensons que le milieu où vivait sediba ressemblait dans une large mesure à l'actuel » note Dirks. « Par exemple, il s'agissait de plaines herbeuses coupées de vallées plus boisées. Les rivières coulaient toutefois dans des directions différentes et le paysage n'était pas statique mais changeait tout le temps ».

Les grottes à Malapa ne sont pas réparties au hasard mais le long de zones de fracture qui quadrillent le terrain. Elles sont surtout formées de quartz, de silex, de dolomite et de peloïdes mais il peut aussi y avoir dans les roches des grains recouverts d'oxyde de fer, des ooïdes, des grès, et des feldspaths.

« Les fossiles se trouvent presque intacts dans les sédiments d'un système de grottes érodé en profondeur » poursuit Dirks. « Ils ont été apportés dans une même vague de dépôt, ce qui indique que les décès ont été en rapport étroit et se sont produit juste après que les débris ne soient emportés jusqu'à leur site d'enfouissement ».

Les chercheurs ont identifié les fossiles d'au moins 25 autres espèces d'animaux, dont des tigres à dent de sabre, un chat sauvage, une hyène brune, un chien sauvage et un cheval. Ils suggèrent que les grottes de Malapa avaient plusieurs dizaines de mètres de profondeur à l'époque où les fossiles de Australopithecus sediba se sont formés, et ils proposent que les grottes ont pu servir de pièges mortels pour des animaux cherchant de l'eau.

« Une explication possible à leur entrée dans la grotte est qu'ils ont pu rechercher de l'eau » ajoute Dirks. « Pour expliquer cet ensemble de fossiles et leur état bien préservé on peut penser qu'à l'époque l'aire où vivait sediba subissait une sècheresse sévère… Les animaux ont peut-être senti l'eau, se sont aventurés trop loin et sont tombés dans des cavités peu visibles dans l'obscurité, ou se sont perdus et sont morts ».

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Pour les médias seulement : les journalistes peuvent télécharger les articles, l'éditorial et les documents multimédias à partir du site internet du Science press package www.eurekalert.org/jrnls/sci ou les obtenir en contactant l'équipe du Science press package au +1-202-326-6440 ou à scipak@aaas.org.

Évènements pour la presse :

Un point presse sous embargo est prévu le mercredi 7 avril 2010 à 11h00, temps de l'Est américain. Toutes les informations en rapport avec les articles de Berger et coll. et de Dirks et coll. de Science sont sous embargo jusqu'au mercredi 7 avril à 10h00 temps de l'Est américain ou 16h00 à Johannesburg en Afrique du Sud ou le jeudi 8 avril 2010 à 00h00 à Brisbane dans le Queensland en Australie.

Les intervenants incluent M. Lee Berger de l'Université de Witwatersrand à Johannesburg en Afrique du Sud et M. Paul Dirks de l'Université James Cook dans le Queensland en Australie.

Consignes pour les journalistes : aux États-Unis ou au Canada, appelez le numéro gratuit 1-800-374-0748 et autrement le numéro 1-706-634-9041. En Afrique du Sud, appelez le numéro gratuit 800-980-254 ou 0800-994-050 ou le numéro ci-dessus. Le nom de la personne à contacter est Natasha Pinol.

Les journalistes désireux de participer à la téléconférence doivent envoyer un courriel à npinol@aaas.org en demandant leur pré-inscription et le mot de passe pour intervenir.

Un nombre de ligne suffisant a été prévu mais il pourrait ne pas suffire si les informations pour téléphoner sont diffusées à des non journalistes. Veuillez donc ne pas communiquer les numéros de téléphone ou le mot de passe.

Un fichier audio sera disponible en format WAV et mp3.

De plus, une conférence de presse en direct d'une heure est prévue le jeudi 8 avril à 10h00, temps de l'Est américain, pour discuter sur les deux articles de Science à Maropeng, site classé au patrimoine mondial près de Johannesburg en Afrique du Sud,.

Pour suivre la conférence de presse, les journalistes doivent s'inscrire à l'avance par courriel auprès de Shirona Patel de l'Université de Witwatersrand à shirona.patel@wits.ac.za . Les journalistes aux États-Unis peuvent participer à la conférence en soumettant leurs questions via internet.

Pour se connecter à la diffusion web, aller à http://www.wits.ac.za . Vous pouvez aussi joindre le groupe Facebook de Sediba ou suivre Sediba sur Twitter. Envoyez vos questions au cours de la conférence à sediba.fossils@wits.ac.za .

Les intervenants incluent M. Lee Berger de l'Université de Witwatersrand à Johannesburg en Afrique du Sud et M. Paul Dirks de l'Université James Cook dans le Queensland en Australie.

Ces points presse réservés aux journalistes sont organisés par la revue Science et son éditeur, l'Association Américaine pour l'Avancement des Sciences (AAAS) à but non lucratif, en collaboration avec l'Université de Witwatersrand.



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