[ Back to EurekAlert! ] Public release date: 10-Feb-2011
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Une récente étude sur l'évolution réfute les théories sur le chaînon manquant vivant

La recherche génétique prouve que certains vers marins ont évolué vers une complexité réduite, comparativement à celle de leurs ancêtres

Ce communiqué est disponible en anglais.

MONTRÉAL, le 10 février 2011 – Selon des découvertes publiées par une équipe de chercheurs dirigée par le professeur Hervé Philippe, du Département de biochimie de l'Université de Montréal, l'évolution n'est pas une marche constante vers des êtres de plus en plus sophistiqués et, par conséquent, la quête de chaînons manquants parmi les espèces vivant aujoud'hui n'est pas pertinente. « Aristote a été le premier à classifier les organismes, du plus simple au plus complexe. La théorie de l'évolution de Darwin a étendu cette notion, ajoutant l'idée d'une classification hiérarchique des organismes. Cette façon de penser a conduit des scientifiques – et des sceptiques – à chercher des ancêtres moins complexes, de manière à prouver ou réfuter l'évolution », a expliqué monsieur Philippe. « Ce que nous savons maintenant, c'est que l'évolution ne se produit pas dans une seule direction. Quand les gens parlent d'un chaînon manquant, ils mettent généralement de côté la possibilité d'ancêtres plus complexes que les espèces actuelles. »

L'équipe internationale de chercheurs a comparé les génomes de deux espèces de vers marins présentant une morphologie simple, les Xenoturbellida et les Acoelomorpha, avec ceux d'autres animaux. Ils ont démontré que leur ancienne position à la base du groupe des animaux à symétrie bilatérale – comprenant insectes, mollusques et vertébrés – n'était pas appropriée. « À la place, nous avons déterminé que les Xenoturbellida et les Acoelomorpha font partie des deutérostomiens, une sous-division importante réunissant les oursins, les humains et les requins », a ajouté le professeur Philippe. « L'ordre de ces trois groupes est intentionnel, cela semble étrange, mais démontre notre tendance à toujours ranger les organismes par ordre de complexité. » Cette découverte signifie que l'évolution de ces vers marins, à partir d'un ancêtre plus complexe, s'est déroulée à travers d'importantes simplifications.

« Nous savions déjà que la plupart des organismes parasitaires ont évolué pour devenir moins complexes que leurs ancêtres; ils ont perdu certaines aptitudes dont ils n'ont plus besoin. Les Xenoturbellida et les Acoelomorpha, qui vivent de façon indépendante, ne font pas partie de cette catégorie », a déclaré Hervé Philippe. Réalisée dans le cadre d'un projet s'échelonnant sur près de 20 ans et touchant à sa fin, l'étude est un exemple frappant du rôle important de la simplification secondaire dans l'évolution. Les résultats ont été publiés le 10 février 2011, dans Nature.

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