[ Back to EurekAlert! ] Public release date: 15-Feb-2011
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Concordia University

Violence conjugale : la résilience des femmes

Selon une étude de Concordia, le gouvernement a le pouvoir d'aider les femmes à résister efficacement

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 15 février 2011 – Pour de nombreuses femmes coincées à l'intérieur d'une relation violente, partir n'est pas envisageable. Or, d'après une nouvelle étude de l'Université Concordia publiée dans la revue Review of Radical Political Economics, l'arsenal dont disposent les femmes pour contrer la violence dépend largement de leur position au sein de la famille et de la communauté.

« On pense souvent, et c'est là un écueil, que résister signifie quitter le foyer », explique Stephanie Paterson, auteure de la recherche, professeure au Département de science politique de l'Université Concordia et membre du Centre de recherche en développement humain. Or on sait que la séparation entraîne l'escalade de la violence. Mettre l'accent sur la fuite ne fait que confondre les femmes qui ne veulent pas ou ne peuvent pas partir », ajoute Mme Paterson, qui est également rattachée à l'Institut Simone-De Beauvoir de l'Université Concordia, établissement avant-gardiste au Canada dans le domaine des études des femmes.

La Pre Paterson montre que, contrairement à la croyance populaire, l'aisance matérielle ne permet pas automatiquement d'échapper à une relation de violence, la richesse ne représentant que l'un des facteurs contributifs. Ces facteurs peuvent être tangibles − comme l'accès à un réseau d'entraide personnelle – ou intangibles – comme la perception qu'a le partenaire des ressources de la femme ou du rôle qu'elle occupe dans la famille; si à ses yeux, la femme est bien placée pour résister, il est probable qu'il réfléchisse avant d'user de violence.

Comment les femmes maltraitées peuvent-elles résister?

L'étude aborde les différentes possibilités qui s'offrent aux femmes violentées – de la tentative de calmer l'agresseur aux menaces de le quitter – et leurs conséquences possibles. Avancer qu'elles ont un certain pouvoir de négociation élargit les choix dont disposent les victimes et force la société à reconsidérer la dynamique de la violence.

Cependant, pour que les tactiques de négociation des femmes soient efficaces, beaucoup de choses doivent changer dans la société, dans la sphère privée autant que publique : « Non seulement devons-nous offrir aux femmes les ressources matérielles nécessaires, précise la chercheuse, mais aussi nous faut-il remettre en question l'origine de l'autorité au sein des familles. »

« Créer des conditions favorables à leur résistance n'équivaut pas à rendre les femmes responsables des abus, mais plutôt à mettre l'État au défi d'instaurer des systèmes qui leur permettront de résister avec efficacité, poursuit-elle. Ce n'est qu'à cette condition que cessera la violence à leur endroit. »

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Partenaires de recherche

Cette étude a été réalisée grâce à une bourse d'études supérieures de l'Ontario (du gouvernement de l'Ontario) et à une bourse Legacy Scholarship de la Carleton University.

Renseignements sur l'étude

L'article « Rethinking the Dynamics of Abusive Relationships: The Implications of Violence and Resistance for Household Bargaining », publié dans la Review of Radical Political Economics, a été rédigé par Stephanie Paterson de l'Université Concordia.

Liens

Source :
Sylvain-Jacques Desjardins
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