[ Back to EurekAlert! ] Public release date: 16-Mar-2011
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McGill University Health Centre

Recherche : le traitement contre la dépendance à l'alcool fonctionnerait mieux chez certaines populations

Ce communiqué est disponible en anglais.

MONTRÉAL 16 mars 2011 – Selon les résultats d'une nouvelle étude, l'un des médicaments les plus prescrits contre la dépendance à l'alcool pourrait être plus efficace chez certaines personnes. Des résultats préliminaires montrent que le naltrexone (Revia), un des seuls médicaments approuvé pour traiter les personnes souffrant de problèmes d'alcoolisme, serait efficace uniquement chez les femmes et chez certaines personnes ayant une mutation sur gène spécifique. Cette étude innovante menée par des chercheurs de l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR CUSM) et de l'Université McGill, a été publiée récemment dans le journal Alcoholism: Clinical and Experimental Research.

Les recherches précédentes suggéraient que le naltrexone n'était efficace que chez certaines personnes qui souffraient d'alcoolisme et ce, sans que nous n'en connaissions les raisons. « Nos résultats suggèrent désormais que nous devrions être en mesure de prévoir qui bénéficiera le plus du traitement », affirme le Dr Marco Leyton, chercheur principal de l'étude et chercheur en maladies mentales et addiction de l'IR CUSM. « Nous étions enthousiastes de constater que nos résultats appuyaient l'idée que le naltrexone n'était efficace que chez les femmes et chez les personnes porteuses d'un gène lié au système de sécrétion de la morphine naturelle par le cerveau appelé gène du récepteur opioïde mu (OPRM1). »

Dans leur étude, des chercheurs ont étudié un petit groupe de « buveurs sociaux » afin de valider certaines pistes préliminaires selon lesquelles l'efficacité du traitement serait liée au genre ainsi qu'à un gène particulier dont certaines personnes peuvent hériter. Ces découvertes pourraient nous aider à s'assurer que nous délivrons le bon médicament aux bonnes personnes » livre le Dr Leyton, qui est également professeur agrégé au département de psychiatrie à l'Université McGill.

Les chercheurs et les cliniciens pourraient désormais être capables de savoir quelles personnes réagiront le mieux à ce traitement avant de le délivrer. « Si une personne souffrant de dépendance à l'alcool présente ces particularités, nous pourrions alors affirmer avec plus de certitude que ce traitement lui serait bénéfique. Nous pourrions conseiller aux autres personnes, qui ne présentent pas ces particularités, de ne pas perdre leur temps avec ce médicament et d'essayer autre chose, explique le Dr Leyton. « Ces découvertes peuvent potentiellement améliorer la qualité des traitements offerts aux patients souffrant de dépendance à l'alcool et pourraient, en bout de ligne, conduire à une forme de médecine personnalisée. »

L'alcool stimule la libération des opioïdes naturellement présents dans le cerveau, ce qui provoque une sensation d'euphorie chez les gens lorsqu'ils boivent de l'alcool. Il semble y avoir des différences d'une personne à l'autre quant à l'intensité de cet effet et à la sensibilité des récepteurs de ces opioïdes naturels. « En d'autres termes, un bloqueur de récepteur opioïde, tel que le naltrexone, pourrait constituer un traitement efficace pour les personnes qui ont des problèmes d'alcool en réduisant la sensation d'euphorie qu'elles ressentent lorsqu'elles boivent, explique Mme Elaine Setiawan, auteure principale de l'étude et doctorante au programme intégré en neurosciences à l'Université McGill.

Il n'existe, à l'heure actuelle, aucune raison particulière de penser que ces résultats ne puisse pas s'appliquer à d'autres groupes de population, telles que les personnes ayant des antécédents familiaux d'alcoolisme ou celles traversant d'importants états de manque d'alcool. Mais tel que le suggère le Dr Leyton, « d'autres recherches sur plusieurs types de populations, sur un échantillon plus large, sont nécessaires afin de mieux comprendre le lien entre les opioïdes présents dans le cerveau, la génétique et les différentes réactions au naltrexone. »

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Au sujet de l'étude :

L'étude intitulée "The Effect of Naltrexone on Alcohol's Stimulant Properties and Self-Administration Behavior in Social Drinkers: Influence of Gender and Genotype" a été financée par l'Université McGill, les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et GlaxoSmithKline Inc. Les co-auteurs de l'étude sont Sylvia M.L. Cox du département de neurologie et neurochirurgie de l'Université McGill; Robert O. Pihl du département de psychologie et le département de psychiatrie de l'Université McGill; Christina Gianoulakis et Roberta M. Palmour du département de psychiatrie de l'Université McGill; et Chawki Benkelfat du département de neurologie et neurochirurgie et de psychiatrie de l'Université McGill.

L'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR du CUSM) est un centre de recherche de réputation mondiale dans le domaine des sciences biomédicales et des soins de santé. La recherche est organisée selon onze axes (ou programmes) d'études. Établi à Montréal, au Québec, Canada, il constitue la base de recherche du CUSM, centre hospitalier universitaire affilié à la Faculté de médecine de l'Université McGill. L'Institut compte plus de 600 chercheurs, 1 000 étudiants diplômés, postdoctoraux et associés consacrés à un large éventail de domaines de recherche fondamentale et clinique. Plus de 1 000 études cliniques sont menées dans nos hôpitaux chaque année. L'Institut de recherche du CUSM est soutenu en partie par le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ). http://cusm.ca/research/dashboard

À propos de l'Université McGill

Fondée à Montréal, au Québec, en 1821, l'Université McGill se classe comme chef de file parmi les universités canadiennes. McGill compte deux campus, 11 facultés, 10 écoles professionnelles, 300 programmes d'études et au-delà de 35 000 étudiants, originaires de 150 pays. L'Université accueille au-delà de 6 800 étudiants étrangers, qui composent près de 20 pour cent de sa population étudiante. Près de la moitié de ses étudiants ont une langue maternelle autre que l'anglais - dont 6 200 francophones. www.mcgill.ca



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