[ Back to EurekAlert! ] Public release date: 5-May-2011
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Enfants d’un parent bipolaire? Attention au stress

Une étude de Concordia montre que les enfants de parents bipolaires sont extrêmement sensibles à l'hormone du stress, le cortisol

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 5 mai 2011 – Les enfants dont la mère ou le père souffre d'un trouble bipolaire feraient peut-être bien d'apprendre à contrôler leur niveau de stress. Selon une nouvelle étude internationale, dirigée par l'Université Concordia, l'hormone du stress, ou le cortisol, jouerait un rôle majeur dans les troubles de l'humeur. Les résultats de cette étude, publiés dans Psychological Medicine, démontrent pour la première fois que les enfants dont un parent est bipolaire présentent des taux élevés de cortisol en réponse aux facteurs de stress de la vie quotidienne.

« Une recherche antérieure a montré que les enfants de parents atteints d'un trouble bipolaire sont quatre fois plus susceptibles de présenter des troubles de l'humeur que les autres, explique Mark Ellenbogen, auteur en chef de cette étude, titulaire de la chaire de recherche du Canada en psychopathologie du développement et membre du Centre de recherche en développement humain de Concordia. Le but de notre étude était de déterminer le mécanisme à l'origine de ce phénomène. »

Le cortisol, une hormone révélatrice du niveau de stress

Le professeur Ellenbogen et ses collègues ont déjà démontré que les concentrations de cortisol des enfants dont un parent est bipolaire sont plus élevées que celles des autres enfants. L'étude dont il est question aujourd'hui a mesuré ces concentrations chez les mêmes sujets au cours de périodes de stress chronique et épisodique. Dans les deux cas, les enfants de parents atteints d'un trouble bipolaire présentaient une augmentation plus importante du taux de cortisol que les enfants dont les parents ne souffraient pas de ce trouble.

« Notre étude prouve que ces enfants sont biologiquement plus sensibles au stress que leurs pairs dans leur environnement naturel et normal, explique le professeur Ellenbogen. Cette réactivité plus élevée au stress pourrait expliquer en partie pourquoi ils finissent par présenter des troubles à l'âge adulte et constitue donc un facteur de risque évident. »

« Nous pensons commencer à comprendre à quel niveau intervenir pour éviter que cette sensibilité accrue ne se développe, poursuit le professeur Ellenbogen. Cette sensibilité semble se manifester au cours de l'enfance. Si nous pouvions apprendre aux parents et à leurs enfants à surmonter le stress et à gérer les problèmes avant qu'ils ne se transforment en difficultés et facteurs de stress majeurs, cela pourrait avoir un profond impact sur leur vie. »

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À propos du cortisol :

Le cortisol est une hormone sécrétée par l'organisme en réponse à l'anxiété que les chercheurs utilisent pour évaluer les réponses biologiques au stress.

À propos du trouble bipolaire :

Le trouble bipolaire, anciennement dénommé psychose maniaco-dépressive, est une maladie traitable caractérisée par des fluctuations marquées de l'humeur, des processus cognitifs, du niveau d'énergie et du comportement. Le trouble bipolaire est également connu sous le nom de dépression maniaque en raison de l'alternance d'épisodes de manie ou d'hypomanie et d'épisodes dépressifs. Ces changements ou sautes d'humeur peuvent durer des heures, des jours, des semaines, voire des mois.

Partenaires de recherche :

Cette recherche a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada, le Conseil de recherches en sciences humaines et sociales du Canada et le Fonds du Québec en recherche sur la société et la culture.

À propos de l'étude :

L'article « Sensitivity to stress among the offspring of parents with bipolar disorder: a study of daytime cortisol levels » a été rédigé par C. S. Ostiguy et M. A. Ellenbogen de l'Université Concordia; C.-D. Walker du Centre de recherche de l'Hôpital Douglas et de l'Université McGill; E. F. Walker de l'Université Emory, et S. Hodgins du King's College de Londres, de l'Université Heidelberg et de l'Université de Montréal.

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Source :
Sylvain-Jacques Desjardins
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