Public Release:  Des niveaux anormaux de caféine dans l'eau indiquent une contamination par l'être humain

University of Montreal

Ce communiqué est disponible en anglais.

MONTRÉAL, le 22 novembre 2011 - Des chercheurs dirigés par le professeur Sébastien Sauvé du Département de chimie de l'Université de Montréal ont découvert que les traces de caféine sont un indicateur utile de la contamination de nos cours d'eau par les égouts. « L'analyse de coliformes fécaux est couramment utilisée pour évaluer et réguler les niveaux de pollution de nos cours d'eau par les matières fécales contenues dans les rejets d'eaux pluviales. Toutefois, parce que les réseaux de collecteurs pluviaux recueillent les eaux de ruissellement, des sources non humaines peuvent contribuer de manière significative aux niveaux observés », a expliqué Sébastien Sauvé. « Notre étude a permis de conclure qu'il existe une forte corrélation entre les niveaux de caféine que l'on trouve dans les cours d'eau et le niveau de bactéries, et que les chimistes peuvent par conséquent utiliser les niveaux de caféine comme un indicateur de pollution provenant des systèmes d'égouts. »

Les chercheurs ont prélevé des échantillons d'eau dans des ruisseaux, des cours d'eau et les conduits de rejets d'égouts pluviaux qui recueillent les eaux de l'île de Montréal. Ils les ont analysés pour découvrir s'ils contenaient de la caféine, des coliformes fécaux et un troisième indicateur suspect, la carmabazépine. De manière surprenante, tous les échantillons contenaient différentes concentrations de ces contaminants, ce qui laisserait entendre que la contamination s'étend partout dans les milieux urbains. La carmabazépine est un anticonvulsiant de plus en plus utilisé dans divers traitements psychiatriques, et les chercheurs pensent qu'elle pourrait être un indicateur utile parce qu'elle se dégrade très lentement. Toutefois, contrairement à la caféine, aucune corrélation n'a été trouvée.

Pour se dégrader dans l'environnement, la caféine prend de quelques semaines à deux ou trois mois et sa consommation est très répandue. La présence de caféine est également un indicateur certain de contamination des collecteurs par l'humain, puisque les activités agricoles et industrielles n'ont pas tendance à libérer de caféine dans l'environnement. L'équipe a également noté que les données indiquent que les égouts domestiques contaminent les collecteurs pluviaux montréalais de façon importante.

Par ailleurs, les chercheurs ont observé des niveaux élevés de coliformes fécaux, mais peu ou pas de caféine dans certains des échantillons, un fait qu'ils attribuent aux animaux vivant en milieu urbain. « Ces données indiquent que tout échantillon contenant plus que l'équivalent de dix tasses de café diluées dans une piscine de dimensions olympiques est à coup sûr contaminé par des coliformes fécaux », a déclaré Sébastien Sauvé. « Un programme d'échantillonnage de caféine serait relativement facile à implanter et pourrait devenir un outil utile pour identifier les sources de contamination sanitaire et contribuer à réduire la contamination des eaux de surface d'un bassin hydrographique urbain. »

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À propos de cette étude

L'article intitulé Fecal coliforms, caffeine and carbamazepine in stormwater collection systems in a large urban area (Coliformes fécaux, caféine et carbamazépine dans les collecteurs d'eaux de ruissellement dans une vaste zone urbaine) a été publié en ligne le 8 novembre 2011, dans Chemosphere.

Pour plus de renseignements :
William Raillant-Clark
Attaché de presse - Recherche scientifique
Université de Montréal
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