Public Release:  Présentéisme : travailler même malade

Concordia University

Certains employés se sentent obligés d'aller travailler quand ils sont malades, selon une étude de l'École de gestion John-Molson de Concordia

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 17 novembre 2011 -- Les collègues qui viennent travailler malades, avec leur mal de gorge, leur nez qui coule et leur teint fiévreux, ne sont pas rares pendant la saison grippale. Les employés indisposés seraient-ils de bons petits soldats ou auraient-ils peur pour leur emploi? Une nouvelle étude de l'Université Concordia, publiée dans le Journal of Occupational Health Psychology, révèle que le présentéisme, c'est à-dire la présence au travail même malade, n'est pas toujours une solution très productive.

Selon les personnes et leurs rôles dans l'entreprise, les employés malades peuvent être présents physiquement alors que leur tête est ailleurs, et d'autres peuvent être souffrants et parfaitement fonctionnels. « Les employés qui ne craignent pas pour leur emploi n'ont pas peur des représailles s'ils prennent occasionnellement un congé de maladie », explique Gary Johns, auteur de l'étude et professeur de management à l'École de gestion John-Molson de Concordia.

Pourquoi alors les employés atteints de maladie aiguë, chronique ou épisodique viennent-ils quand même travailler au lieu de rester chez eux? Le personnel soignant et les gens qui œuvrent dans le secteur de la petite enfance, par exemple, affichent un plus haut taux de présentéisme que ceux qui exercent dans d'autres domaines. « Certaines personnes se sentent socialement obligées d'aller travailler même malades, explique le Pr Johns, tandis que d'autres iront travailler coûte que coûte parce qu'elles ressentent une certaine pression organisationnelle. »

Trois jours de présentéisme en moyenne

Dans le cadre de son enquête, le Pr Johns a interrogé 444 personnes sur les exigences de leur poste, leur expérience professionnelle, leur absentéisme et leur présentéisme. Au cours des six mois ayant précédé l'enquête, les participants ont rapporté une moyenne de trois jours de présentéisme et de 1,8 jour d'absentéisme, la plupart pour cause de maladie.

« Les répondants qui considèrent que l'absentéisme est plus légitime signalent plus d'absences et de congés de maladie et moins de journées de présentéisme », précise t il.

Son étude révèle que le présentéisme est élevé chez les personnes travaillant en équipe ou affectées à des projets interdépendants. Il en va de même chez celles qui ne sont pas sûres de leur emploi. « Ces dernières se sentent obligées de venir travailler malgré leur maladie », affirme le Pr Johns.

Lorsque l'absence est mal vue

Selon cette recherche et d'autres études antérieures, le présentéisme est plus fréquent chez les personnes qui ne bénéficient pas de la sécurité de l'emploi ou qui occupent un emploi précaire. L'absentéisme est par contre plus élevé dans les milieux syndiqués ou lorsque le chômage est faible.

Les entreprises, les employeurs et les services de ressources humaines se sont toujours efforcés de combattre l'absentéisme et se sont jusqu'à présent très peu intéressés au présentéisme. « L'évaluation du coût de l'absentéisme est plus concrète que celle de l'impact du présentéisme, explique le Pr Johns. Pourtant, l'absence - ou la présence - d'un employé malade peut comporter tout à la fois des avantages et des inconvénients pour les intéressés. »

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Partenaires de recherche :

Cette étude a reçu l'appui du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

Liens connexes :

Étude citée :
http://psycnet.apa.org/journals/ocp/16/4/483

École de gestion John-Molson de Concordia :
http://johnmolson.concordia.ca

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