[ Back to EurekAlert! ] Public release date: 28-Feb-2012
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Concordia University

Au-delà du babil enfantin

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 28 février 2012 – Pour mesurer différentes aptitudes et capacités, l'intelligence par exemple, nous comptons sur une panoplie de tests normalisés. Toutefois, permettent-ils d'établir des prévisions précises lorsqu'il est question d'une faculté aussi complexe que le langage? D'après Diane Pesco, professeure adjointe au Département des sciences de l'éducation de Concordia, et sa collaboratrice Daniela O'Neill, le Language Use Inventory (LUI) – ou « inventaire de l'utilisation du langage » – y parvient. D'ailleurs, les conclusions de leur étude paraîtront prochainement dans le Journal of Speech, Language, and Hearing Research.

Mis au point par Mme O'Neill à l'Université de Waterloo, le LUI évalue le langage des petits de 18 à 47 mois. Une série de questions soumises aux parents permet de faire la lumière sur le vocabulaire qu'emploie leur enfant dans diverses situations, notamment ses interactions avec autrui, ses jeux ou ses propos sur le monde qui l'entoure. Les résultats sont ensuite comparés à ceux de centaines de Canadiens du même âge. En effet, le test est actuellement utilisé dans huit provinces au Canada, 30 états américains, ainsi que dans le Royaume-Uni, l'Irlande, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

Lorsque les chercheuses ont commencé leur étude, Daniela O'Neill avait déjà démontré que le LUI permettait d'évaluer avec exactitude les compétences langagières des bambins. Cependant, compte tenu du caractère relativement nouveau de l'instrument de mesure, il restait à établir s'il pouvait prédire avec précision l'évolution du langage chez ces enfants au fil des ans.

Diane Pesco, qui est aussi une orthophoniste agréée, était impatiente de voir si les résultats du LUI sur les aptitudes linguistiques des jeunes enfants allaient se confirmer et, éventuellement, compter moins de faux positifs que les instruments de mesure analogues.

« Par faux positif, explique-t-elle, on fait référence à un diagnostic erroné de retard ou de trouble du langage chez un enfant. C'est problématique, car les services offerts aux petits qui éprouvent de réelles difficultés sont débordés, et les listes d'attente sont longues. Un faux positif peut également inquiéter inutilement des parents, les amener à engager des dépenses au privé ou angoisser l'enfant en cause. Cela dit, il ne faut pas pour autant négliger les jeunes patients qui présentent une dysfonction et pourraient continuer d'en souffrir. »

Pour les chercheurs, les orthophonistes et les pédiatres, de même que pour les parents soucieux que leur progéniture acquière de solides compétences linguistiques, il s'agissait donc de trouver un outil précis qui puisse aussi bien repérer l'enfant qui manifeste un trouble du langage que cibler celui qui continuera de l'éprouver plus tard.

Pour répondre à ce défi, Mmes Pesco et O'Neill ont analysé les données récoltées auprès de 348 enfants de cinq ou six ans, dont les parents avaient répondu aux questions du LUI quelques années auparavant. Elles ont ensuite examiné les corrélations entre les scores que les petits avaient obtenus au LUI et ceux qu'ils avaient enregistrés à des tests langagiers administrés ultérieurement.

Les résultats se sont révélés prometteurs. Ainsi, les tout-petits qui font piètre figure au LUI quant à leurs compétences linguistiques sont bien plus susceptibles de réaliser encore une fois un faible score vers l'âge de cinq ou six ans. En outre, ils risquent davantage de présenter un trouble de langage au moment d'intégrer le système scolaire.

Selon les conclusions de l'étude, le LUI recense d'une part les enfants qui connaissent des difficultés langagières et évalue d'autre part leur aisance future à communiquer. Par ailleurs, le diagnostic précoce d'un retard en matière de langage chez un tout-petit permet à ses parents de chercher de l'aide avant que le problème ne devienne trop aigu. Il y a dès lors espoir d'un avenir meilleur pour les bambins dont les compétences langagières ont besoin d'un coup de pouce.

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Liens connexes :

Étude citée : http://jslhr.asha.org/cgi/content/abstract/1092-4388_2011_10-0273v1

Département des sciences de l'éducation de l'Université Concordia : http://doe.concordia.ca/

Diane Pesco – Research @ Concordia : http://www.concordia.ca/explore/#!/profile/3631/

Instituts de recherche en santé du Canada : http://www.concordia.ca/explore/#!/profile/3631/

Language Use Inventory : http://knowledgeindevelopment.ca/

Source :

Cléa Desjardins Conseillère principale – Relations médias
Service des communications Université Concordia
Téléphone : 514-848-2424,
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Courriel : clea.desjardins@concordia.ca
Twitter : twitter.com/CleaDesjardins
Site Web : concordia.ca/now



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