Public Release:  Le code secret des messages subliminaux

Concordia University

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 22 février 2012 - La perception selon laquelle des messages secrets invisibles seraient insérés dans tout, des publicités radio aux mégasuccès hollywoodiens, influence depuis longtemps les consommateurs de médias de masse. Dans un nouvel ouvrage, Charles Acland, professeur et titulaire d'une chaire de recherche au Département de communication de l'Université Concordia, propose une analyse approfondie de l'histoire complexe de cette influence subie inconsciemment; il s'interroge notamment sur les conséquences durables qu'elle pourrait avoir sur notre monde saturé d'informations.

Dans Swift Viewing: The Popular Life of Subliminal Influence, Pr Acland retrace l'évolution du subliminal, depuis le concept de psychologie expérimentale jusqu'à la croyance populaire de ce qu'il qualifie de « vulnérabilité à la manipulation à l'ère de l'encombrement médiatique ».

Depuis que les théories de l'influence insidieuse ont commencé à faire leur chemin dans la culture dominante à la fin des années 1950, les sondages d'opinion révèlent que 70 % des personnes interrogées pensent que les publicitaires utilisent des techniques subliminales, que leurs messages visent à faire acheter un produit ou à confirmer un courant de pensée. Pour Pr Acland, la notion d'influence subliminale, quelle que soit son existence ou son efficacité directe, est révélatrice d'une « croyance extraordinaire dans le pouvoir des mots, des sons et des images, aussi fugitifs soient-ils, sur notre inconscient ».

S'appuyant sur de multiples exemples - des théories de Marshall McLuhan sur les médias aux représentations de la manipulation mentale dans les films de science-fiction -, Pr Acland propose une analyse du subliminal à la fois « comme produit et comme baume de la surcharge d'informations ».

Ce faisant, il livre un « récit contemporain aussi salutaire qu'effrayant », pour reprendre les paroles de Fred Turner. Dans un survol historique, Swift Viewing nous apprend que les origines du concept d'influence subliminale remontent à la fin du XIXe siècle. De même, un chapitre est consacré au tachistoscope, cet appareil qui permet de présenter des stimuli visuels pendant un temps très court et de mesurer la durée d'exposition qu'en exige la perception. L'auteur établit ainsi que nous nourrissons une véritable « fascination pour l'apparition et la disparition rapides de messages textuels » depuis plus d'un siècle. Retraçant cette fascination sous le prisme de son adoption par le plus grand nombre et de la démythification ultérieure de ses effets réels, il en suit la progression ininterrompue dans toutes les sphères, des campagnes présidentielles aux épisodes des Griffin à la télévision.

De la sorte, Pr Acland démontre que le concept exerce un pouvoir durable et qu'il est tout particulièrement lié à la manière dont nous appréhendons notre environnement audiovisuel. En dernière analyse, l'auteur montre que la vitalité non démentie de ce concept est le moyen qu'ont trouvé « les individus pour partager leur scepticisme à l'égard de leur environnement », scepticisme alimenté par le déluge quotidien d'informations qui définit la culture médiatique contemporaine.

###

Liens connexes :

Disclaimer: AAAS and EurekAlert! are not responsible for the accuracy of news releases posted to EurekAlert! by contributing institutions or for the use of any information through the EurekAlert system.