Public Release:  Le mentorat au service des survivantes de la violence

Concordia University

Une étude de Concordia s'intéresse au rôle des relations de mentorat chez les étudiantes victimes de violence

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, 1 février 2012 - Les relations mentorales peuvent-elles aider les étudiantes qui ont survécu à de mauvais traitements pendant l'enfance ou à la violence familiale? Absolument, selon une nouvelle recherche de l'Université Concordia publiée dans le Journal of College Student Development.

« Les études ont montré que les mauvais traitements subis pendant l'enfance déclenchent une série d'émotions négatives qui peuvent influer sur l'avenir des victimes, engendrer des sentiments de honte, d'isolement et de haine de soi, et nuire à la réussite scolaire et universitaire », affirme Rosemary C. Reilly, auteure principale de l'investigation et professeure agrégée au Département des sciences humaines appliquées de l'Université Concordia.

Un grand nombre de données laissent penser qu'au moins 20 % de la population féminine a subi des sévices ou une forme de maltraitance pendant l'enfance. Selon les estimations, près de la moitié des femmes inscrites à un programme éducatif au Canada essaient d'étudier tout en s'efforçant de surmonter les conséquences de la violence.

« Beaucoup de données indiquent que les universités comptent dans leurs rangs un nombre important de survivantes de la maltraitance, indique Miranda D'Amico, co auteure de l'étude et professeure au Département des sciences de l'éducation de Concordia. Ces femmes représentent une population notable et pourtant invisible. »

Quatre catégories de mentorat

Dans le cadre de leur recherche, les professeures Reilly et D'Amico ont mené des entretiens approfondis avec dix femmes afin de recueillir leur témoignage. Toutes ont été victimes de maltraitance intense pendant leur enfance et, au moment des entretiens, étaient inscrites à un programme d'études de premier cycle.

Chaque participante, sauf une, avait bénéficié de mentorat à différentes étapes de sa vie. Les professeures Reilly et D'Amico ont découvert que le moment auquel intervenait ce mentorat dépendait de l'impact des mauvais traitements sur le sentiment d'identité.

Au fil des entretiens, quatre catégories de mentors ont pu être identifiées : mentors imaginaires, mentors-miroirs, mentors nourrisseurs et protecteurs, et mentors incarnant une profession particulière.

Même si, précisent les chercheuses, ces catégories doivent être considérées comme atypiques, elles enrichissent la compréhension du rôle du mentorat chez les femmes marginalisées par la violence, et illustrent le caractère malléable du mentorat. Quelle que soit sa forme, le mentorat a à l'évidence été central dans le processus de guérison des participantes, comme il l'a été dans la vie d'autres femmes marginalisées ayant fait l'objet d'études antérieures.

Selon les chercheuses, ces résultats devraient encourager les universités à élaborer un programme de mentorat officiel pour les survivantes de traumatismes. Les unités chargées des services aux étudiants pourraient soutenir cette population invisible dans son parcours scolaire en multipliant les possibilités de mentorat offertes par différentes personnes, à différentes étapes et au fur et à mesure de l'évolution des besoins des survivantes.

Par la création d'une culture d'aide et d'encouragement, les relations de mentorat pourraient se développer de manière à la fois planifiée et naturelle.

Le mentorat planifié est moins intense et pourrait intéresser les survivantes à différentes étapes de leur cheminement. Le mentorat naturel est le plus souvent fortuit et pourrait se révéler plus efficace pour aider les survivantes à faire face à leurs difficultés personnelles ou psychosociales.

« Pour les victimes de maltraitance durant l'enfance, les relations et les liens sont des éléments cruciaux et constituent la définition même d'un mentorat réussi », explique la professeure Reilly.

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Partenaires de recherche :

Cette étude a bénéficié de l'appui du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

Liens connexes :

Étude citée:
http://journals.naspa.org/njawhe/vol1/iss1/8/

Département des sciences humaines appliquées de Concordia :
http://ahsc.concordia.ca/

Département des sciences de l'éducation de Concordia :
http://doe.concordia.ca/

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