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PUBLIC RELEASE DATE:
22-Mar-2012

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University of Montreal
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Des chercheurs montréalais luttent contre la mortalité maternelle au Mali

Des études de longue haleine sur le terrain débouchent sur des conseils pratiques

Ce communiqué est disponible en anglais.

MONTRÉAL et BAMAKO, MALI, les 22 et 23 mars 2012 - Dans l'optique de faire baisser le taux de mortalité maternelle dans cette région où 1 femme sur 31 risque de mourir en portant ou en donnant la vie*, un atelier est organisé aujourd'hui au Mali par l'Axe de santé mondiale du Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM) et la Direction nationale de la Santé (Ministère de la santé, Mali). Depuis 2006, des chercheurs du CRCHUM, de l'Université de Montréal (UdeM) et de l'Université de Bamako mènent un programme de recherche pour analyser en détail toutes les causes à l'origine de ces décès dans la région de Kayes au Mali. On s'attend à ce que le dévoilement de ces résultats ouvre la voie à la mise en place de solutions concrètes.

Menée par Dr Mamadou Traoré, Dr. Alexandre Dumont et Dr. Pierre Fournier, scientifique affilié avec l'Unité de santé internationale, l'équipe révèle que le temps est le principal ennemi de ces femmes, distinguant en cela trois types de retard. Cette conclusion s'appuie sur les témoignages de 240 familles de femmes décédées et ceux de 240 femmes ayant survécu à une urgence obstétricale. Dramatiques et bouleversants, ces témoignages ont permis aux chercheurs de retracer un parcours souvent jonché d'obstacles.

L'étude a démontré que les femmes tardent à consulter lorsque l'entourage présent, famille ou accoucheuse traditionnelle, ne reconnaît pas les signes d'une urgence obstétricale. « Le temps est un ennemi implacable lorsqu'il s'agit d'urgence nécessitant une prise en charge rapide. Alors qu'elles auraient pu être facilement soignées en étant prises à temps, beaucoup de femmes tardent à consulter et en meurent, » a déclaré le Dr. Fournier. C'est ce qu'on appelle le « premier retard ».

En étudiant ce premier retard, les chercheurs ont montré que les chances de survie de ces femmes étaient aussi, en grande partie, déterminées par le deuxième et le troisième retard, soit le temps de transport pour se rendre à un centre de santé et la qualité des soins que l'on y prodigue. « Une fois leur décision de consulter prise, ces femmes et leurs familles doivent encore trouver un moyen de transport et de l'argent pour payer les frais de santé à venir, ce qui retarde encore le moment du départ, explique le Dr. Dumont. Certaines partent alors en charrette, passant plusieurs heures sur des pistes de brousse, dans des conditions difficiles avec un temps de trajet considérable. »

Le troisième retard est cumulé lors de l'arrivée au centre de soins, où les patientes sont aussi parfois confrontées à du personnel peu formé, tardant à les évacuer vers les centres de santé adéquats. Une fois rendues dans ces centres en mesure d'entreprendre une césarienne ou une transfusion, il arrive que le sang ne soit pas disponible, que l'équipe de chirurgie ne soit pas complète ou que le traitement soit inapproprié.

Dr. Coulibaly, médecin coordonnateur malien de la recherche, CRCHUM et Direction régionale de la santé de Kayes, Mali, est allé à la rencontre de toutes les familles concernées. « Je me souviens de ce mari qui n'a pas hésité à s'endetter pour le restant de ses jours afin que sa femme consulte dans une clinique en ville. Tout cela en vain : au lieu de procéder à la césarienne d'urgence, ils ont attendu et multiplié des examens coûteux. Je revois le mari me raconter comment sa femme est morte, exsangue, alors qu'il tentait de rassembler la somme nécessaire à sa transfusion. »

Plus d'une centaine de médecins, de sages-femmes et des chefs des services de santé de développement social du gouvernement du Mali participent à l'atelier d'aujourd'hui. Selon le Pr Mamadou Traore, chercheur de l'équipe, les résultats de ce programme donnent des indications précises sur les actions à mener pour améliorer tant les pratiques cliniques que les grands programmes nationaux de réduction de la mortalité maternelle et infantile.

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*World Health Organization,. UNICEF, UNFPA, World Bank (2010). Trends in Maternal Mortality: 1990 to 2008. Estimates developed by WHO, UNICEF, UNFPA and The World Bank. Geneva: World Health Organization

Liens:
www.santeinternationale.ca
http://www.vesa-tc.umontreal.ca/
http://www.chumtl.qc.ca/crchum.fr.html

Pierre Fournier, PhD est :

Alexandre Dumont, MD, PhD, est :

Mamadou Traore, MD est :

À propos de l'Unité de santé internationale : Depuis plus de 20 ans, l'Unité de santé internationale (USI) contribue à l'amélioration de la santé dans les pays en développement et en transition. En étroit partenariat avec eux, l'USI appuie la formulation et la mise en œuvre des politiques de santé ainsi que la réalisation de programmes et de services équitables et performants. L'USI est rattachée au Centre de recherche du Centre Hospitalier de l'Université de Montréal et à l'Université de Montréal.



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