[ Back to EurekAlert! ] Public release date: 8-Mar-2012
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University of Montreal

Les hommes âgés et le vieillissement : inquiets en silence

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 8 mars 2012 - Qu'est-ce qui préoccupe les hommes âgés par rapport à leur santé et à leur vieillissement? Abordent-ils ces sujets avec leur médecin? Est-ce qu'ils ont les mêmes préoccupations que les femmes âgées? Les réponses à ces questions se trouvent dans une vaste enquête transversale menée auprès de 2325 Canadiens âgés de 55 à 97 ans et chapeautée par Dre Cara Tannenbaum, gériatre et titulaire de la Chaire pharmaceutique Michel-Saucier en santé et vieillissement à l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) affilié à l'Université de Montréal. Une étude semblable concernant les préoccupations de santé des femmes canadiennes avait été publiée en 2005.

Priorités : préserver son autonomie et sa qualité de vie

Les inquiétudes des hommes en ce qui a trait à la santé concernent tout ce qui pourrait compromettre leur autonomie et leur qualité de vie. En effet, les limitations à leur mobilité (64 %), la perte de mémoire (64 %) et les effets secondaires des médicaments (63 %) figurent sur le podium de leurs principales préoccupations. La perte de vision (61 %), la perte d'audition (52 %) et les chutes (51 %) apparaissent aussi comme des soucis notables.

Les médecins leur en parlent-ils?

Paradoxalement, les hommes âgés reçoivent peu d'information de la part de leurs intervenants en santé sur les sujets qui les préoccupent le plus. À l'exception de l'information donnée sur les effets secondaires des médicaments, on constate que les priorité des hommes âgés sont les moins bien prises en charge par les divers intervenants du domaine de la santé, que ce soit dans un cadre de prévention, de dépistage ou de traitement. Par exemple, ce n'est qu'avec respectivement 13 % et 9 % des répondants que les questions des problèmes de mobilité et de perte de mémoire ont été abordées.

L'enquête fait en outre état de lacunes importantes en terme d'information donnée sur des problématiques comme la dépression (seuls 9,5 % affirment que la question a déjà été abordée), les soins de fin de vie (12 %), l'ostéoporose (13,5 %), la maladie d'Alzheimer (16 %), l'anxiété (17 %) et l'incontinence (18 %). Ce dernier problème de santé, considéré comme tabou, n'est d'ailleurs pas abordé d'emblée par le patient. En revanche, les problèmes de santé comme les accidents vasculaires cérébraux, les maladies cardiaques, le diabète, la pneumonie et les maladies de la prostate font l'objet d'une prise en charge appropriée puisque plus de 80 % des répondants disent avoir reçu de l'information à leur propos.

Solutions pour établir un dialogue et mieux informer

Selon Dre Cara Tannenbaum, gériatre responsable de l'enquête, il est étonnant de constater l'importante disparité entre les besoins en information des hommes âgés et celle qui leur est communiquée par les professionnels de la santé. « Il est temps pour le système de la santé de mettre en place des stratégies pour permettre aux aînés de maintenir leur autonomie, préserver leur santé mentale ainsi que leur qualité de vie, affirme Dre Cara Tannenbaum. Puisque les priorités en santé chez les aînés sont de mieux en mieux comprises, un changement dans la façon de les planifier et de les rembourser sera nécessaire. Plus de temps devra être accordé lors des suivis médicaux pour conseiller les patients notamment sur l'exercice, la nutrition, l'incontinence, la santé mentale. Par exemple, l'incontinence à la suite d'une ablation de la prostate devient un problème fréquent qui a de lourds impacts sur l'estime personnelle et la vie sexuelle des hommes âgés, il est donc très important d'en parler franchement. »

Par ailleurs, il est intéressant de constater qu'au niveau québécois le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) par l'entremise du Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC) vient de lancer des appels à propositions pour des projets de recherche qui permettront de mieux comprendre les perceptions qu'ont les hommes québécois de leurs réalités, de leurs rôles sociaux, des défis qu'ils ont à surmonter, des problèmes qu'ils vivent ou que leurs pairs vivent et des ressources sur lesquelles ils peuvent compter pour répondre à leurs besoins.

Les femmes sont plus inquiètes

Les résultats de l'enquête sur les priorités de santé des hommes ont été comparés à ceux de l'enquête menée auprès des femmes en 2005 sur le même sujet. En règle générale, les priorités sont les mêmes, à la seule différence qu'une plus large proportion de femmes se dit préoccupée. À titre d'exemple, les problèmes de mobilité, la perte de mémoire et les effets secondaires des médicaments sont aussi les trois principales préoccupations des femmes, mais dans des proportions respectives de 88, 86 et 88 % (hommes : 64, 64 et 63 %). Cette différence peut s'expliquer, notamment, par le rôle traditionnellement dévolu aux femmes relativement aux soins et à la santé.

Résumé de la recherche

Un sondage postal a été mené en mai 2008 auprès d'un échantillonnage de 5 000 hommes canadiens âgés de 55 ans à 97 ans. Le questionnaire s'intéressait à 24 thèmes reliés à la santé et 2 325 réponses ont été reçues. Les thèmes avaient été choisis dans le cadre de groupe de discussion réunissant des hommes de 59 à 89 ans. Ces résultats sont parus en ligne sur le site Early online. Cette recherche a reçu le soutien financier des Instituts de recherche en santé du Canada.

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À propos de l'auteur

Cara Tannenbaum, M.D., M.Sc. Gériatre et chercheuse – directrice de laboratoire – axe promotion de la santé, soins et intervention à l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) affilié à l'Université de Montréal Titulaire de la Chaire pharmaceutique Michel-Saucier en santé et vieillissement de l'IUGM Professeure adjointe à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal

L'IUGM en bref

L'IUGM dispose de 452 lits de courte et de longue durée et d'un centre ambulatoire, comprenant notamment l'une des rares cliniques existantes à travers le monde de gestion de la douleur chronique spécialisée chez les aînés. Il est le chef de file au Québec dans les pratiques cliniques, les soins spécialisés, la promotion de la santé et le développement des connaissances sur le vieillissement et la santé des personnes âgées. L'IUGM, c'est quelque 1 300 employés, médecins, chercheurs et bénévoles, tous spécialisés dans les soins et les services aux personnes âgées. Notre Centre de recherche est reconnu comme le plus grand de la francophonie dans le domaine du vieillissement. Membre du grand réseau d'excellence en santé de l'Université de Montréal, l'IUGM accueille chaque année des centaines d'étudiants, stagiaires et chercheurs du domaine du vieillissement et de la santé des personnes âgées.



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