Public Release:  La consommation d'alcool et de cannabis serait liée à la dépendance au cyberjeu

Concordia University

Une étude de l'Université Concordia s'est intéressée aux probabilités de comportement à risque chez les joueurs - en ligne et hors ligne

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 27 mars 2012 - De nos jours, il est possible de jouer sur Internet en tout temps et en tout lieu. En effet, il suffit d'actionner le bouton d'une souris ou de toucher l'écran tactile d'un cellulaire. Cet élargissement de l'accès aux jeux de hasard et d'argent expose-t-il toutefois les cyberjoueurs à adopter plus facilement des comportements à risque que leurs semblables plus traditionnels?

Dans le but de répondre à cette question, une nouvelle étude - dirigée par Sylvia Kairouz, professeure au Département de sociologie de l'Université Concordia, et parue dans Cyberpsychology, Behavior and Social Networking - a comparé le comportement de joueurs en ligne à celui d'autres joueurs. Ses résultats révèlent l'existence d'un lien entre le cyberjeu et la consommation d'alcool et de cannabis.

« L'augmentation de la participation aux jeux de hasard et d'argent sur Internet et l'effet de ceux-ci sur la santé publique préoccupent de plus en plus, explique Pr Kairouz. En effet, le nombre de sites de jeu a progressé de manière vertigineuse dans le monde. Il est ainsi passé de 15 en 1995 à 2 358 en 2010. Quant aux profits, de l'ordre de 3 milliards de dollars en 2000, ils ont atteint 24 milliards en 2010. »

L'étude de la professeure Kairouz a porté sur le profil sociodémographique, les habitudes de jeu et l'intensité des comportements de dépendance des adultes qui s'adonnent aux jeux de hasard et d'argent, en ligne ou hors ligne. À cette fin, elle a analysé les données d'une enquête sur le sujet, menée en 2009 dans le cadre du projet Portrait du jeu au Québec : Prévalence, incidence et trajectoires sur quatre ans, lui-même financé par le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture. L'enquête avait pour but de décrire les problèmes liés au jeu, les comportements qui s'y rattachent et la consommation de substances psychoactives qui les accompagne. Un échantillon de 8 456 personnes jouant exclusivement hors ligne et de 111 personnes pratiquant aussi bien le cyberjeu que le jeu hors ligne a ensuite été constitué pour les besoins de la recherche.

Lors de l'échantillonnage, il est apparu que les jeux de hasard et d'argent en ligne ne représentaient encore qu'un phénomène marginal au Québec. De fait, seulement 1,3 pour cent des personnes interrogées ont déclaré avoir joué sur Internet dans les 12 mois précédant l'enquête.

Dans le cadre de l'étude, les joueurs ont été invités à rapporter à quelle fréquence ils avaient participé à des jeux de hasard et d'argent au cours de l'année précédente et à indiquer le nombre de fois - par semaine, par mois ou par année - où ils l'avaient fait. Ils devaient aussi déclarer combien d'argent et de temps ils consacraient au jeu au cours d'une séance type. Enfin, leur consommation annuelle d'alcool et de cannabis a également été mesurée.

« Nos résultats montrent que les cyberjoueurs pratiquent plusieurs types de jeux, dépensent plus d'argent et accordent plus de temps à cette activité que leurs semblables qui jouent uniquement hors ligne, explique Pr Kairouz. La proportion de personnes qui consomment de l'alcool et du cannabis de façon fréquente et problématique est également bien plus élevée parmi les joueurs sur Internet. »

Selon Pr Kairouz, les résultats obtenus laissent croire que le cyberjeu en tant que comportement à risque s'ajoute à l'éventail de dépendances liées à la drogue et à l'alcool qu'ont montré les représentants du petit groupe.

« Par conséquent, nous ne pouvons pas déterminer si le jeu en ligne est à l'origine du problème ou si les sujets qui affichent déjà des comportements de dépendance sont plus susceptibles de se laisser tenter par le cyberjeu, explique la professeure Kairouz. Nous devons pousser plus loin nos travaux et étudier les caractéristiques individuelles, les conditions environnementales, l'objet de la dépendance (le poker, par exemple) et diverses autres variables pour comprendre si ce groupe est plus exposé aux problèmes associés au jeu obsessif. En définitive, nous espérons trouver des moyens pour recenser les personnes à risque et cerner les raisons pour lesquelles elles le sont. Nous pourrons alors tenter de mettre au point des mesures préventives visant à réduire le risque de cyberjeu pathologique. »

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Partenaires de recherche : Cette étude a été effectué avec l'aide de Catherine Paradis (Université Bishop's) et Louise Nadeau (Université de Montréal) et a bénéficié d'une subvention des Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture.

Liens connexes :

Université Concordia - Département de sociologie et anthropologie :
http://socianth.concordia.ca/index.php

Sylvia Kairouz, Université Concordia :
http://socianth.concordia.ca/facultyandstaff/documents/SKairouz.php

Université Bishop's - Département de psychologie:
http://www.ubishops.ca/academic-programs/social-sciences/psychology/index.html

Université de Montréal - Départment de psychologie :
http://psy.umontreal.ca/accueil/

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