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PUBLIC RELEASE DATE:
5-Mar-2012

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Menace pour le hockey en plein air

Le réchauffement climatique pèse sur l'avenir des patinoires extérieures

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 5 mars 2012 -- Wayne Gretzky serait-il devenu un grand champion s'il n'avait pu affiner son art sur une patinoire extérieure lorsqu'il était enfant? Fort heureusement, il a eu la chance de grandir avant que le réchauffement planétaire ne commence à perturber notre climat, tant il est vrai que les jours de patin et de hockey en plein air sont désormais comptés.

La durée de la saison de patinage extérieur au Canada a en effet considérablement diminué selon les résultats d'une étude du professeur Damon Matthews du Département de géographie, d'urbanisme et d'environnement de l'Université Concordia, en collaboration avec le professeur Lawrence Mysak de l'Université McGill et son ancien étudiant de maîtrise, Nikolay Damyanov. Les résultats de cette étude, publiée dans Environmental Research Letters, font d'ailleurs déjà la une de l'actualité. En début d'année, la patinoire du canal Rideau à Ottawa, la plus longue du monde, a dû fermer pour cause de températures de saison plus douces que d'habitude.

La preuve est dans les tempêtes de neige -- ou plutôt de leur absence. Comparé à d'autres pays, le Canada est plus touché par le réchauffement climatique. Depuis 1950, les températures hivernales au Canada ont augmenté de plus de 2,5 °C, soit trois fois la hausse moyenne des températures attribuée au réchauffement climatique ailleurs sur la planète.

Pour quantifier l'impact de ce réchauffement sur les patinoires en plein air, les chercheurs ont recueilli des données sur les patinoires publiques extérieures de différentes villes canadiennes. Prenant comme début de la saison de patinage extérieur le dernier jour d'une séquence de trois jours consécutifs au cours desquels la température maximale ne dépasse pas -5 °C, ils ont fixé un ensemble de critères météorologiques pour déterminer la longueur de la saison de patinage extérieur. Par la suite, les chercheurs ont comptabilisé le nombre de jours pendant lesquels la glace pouvait être préservée afin d'évaluer la durée de la saison dans chacune des stations.

Après avoir comparé leurs résultats avec les données recueillies entre 1951 et 2005 par 142 postes météorologiques répartis partout au pays, les chercheurs ont constaté que le recul de la date d'ouverture de la saison de patinage extérieur ne concernait que quelques stations météorologiques. La proportion de stations affichant une réduction significative de la durée de la saison de patinage pendant la période considérée est beaucoup plus importante.

Ces résultats augurent plutôt mal de l'avenir du patinage extérieur. Les régions les plus durement touchées étaient les Prairies et le sud-ouest du Canada. Après avoir extrapolé leurs données afin de prédire les tendances futures, les chercheurs sont parvenus à la triste conclusion que d'ici 30 ans, les patinoires extérieures pourraient avoir complètement disparu du paysage de la Colombie-Britannique et du sud de l'Alberta.

Aucune région canadienne ne sera épargnée par cette réalité. Pour le professeur Matthews, le réchauffement continu des températures hivernales concerne tout le pays. « Il est difficile d'imaginer le Canada sans hockey en plein air, affirme-t-il, mais je crains vraiment que ce ne soit le prix à payer pour notre obstination à ignorer le problème du climat et notre opposition systématique aux efforts internationaux visant à diminuer les émissions de gaz à effet de serre. »

« La disparition des patinoires de hockey extérieures, et probablement des pistes de ski de fond, aura un effet négatif sur la santé de nos jeunes et des dirigeants de demain, qui ont besoin d'avoir facilement accès à des lieux où se livrer à des activités physiques », a expliqué Lawrence Mysak, professeur émérite au Département des sciences atmosphériques et océaniques de McGill.

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Source :
Cléa Desjardins
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