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PUBLIC RELEASE DATE:
29-Mar-2012

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Plusieurs études montrent comment un pesticide courant porte atteinte aux abeilles

Ce communiqué est disponible en anglais.

Deux nouveaux travaux révèlent les multiples manières dont un type courant d'insecticide porte atteinte aux abeilles et aux bourdons.

Ces articles, l'un d'une équipe britannique et l'autre d'une équipe française, paraissent en ligne sur le site de Science Express de la revue Science le 29 mars 2012. Science est publiée par l'AAAS, la société scientifique internationale à but non lucratif.

Les abeilles et les bourdons sont des pollinisateurs importants des plantes à fleurs qui produisent la plupart des fruits et des légumes. Chaque année par exemple, des ruches d'abeilles sont transportées par camion à travers les États-Unis pour aider la pollinisation notamment des amandiers, des pommiers et des myrtilles.

Ces dernières années, les populations d'abeilles ont rapidement décliné, en partie à cause d'un phénomène connu sous le nom de Syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles. Les populations de bourdons en pâtissent aussi selon Dave Goulson de l'Université de Stirling à Stirling au Royaume-Uni, co-auteur de l'une des deux études.

« Certaines espèces de bourdon ont énormément baissé en nombre. En Amérique du Nord par exemple, certaines qui étaient largement répandues ont plus ou moins disparu de tout le continent. Au Royaume-Uni, trois espèces sont désormais éteintes » ajoute Goulson.

Les chercheurs ont avancé plusieurs causes pour expliquer ces déclins, dont les pesticides, mais la manière dont ils pouvaient agir n'était pas claire.

Les deux études parues dans Science se sont penchées sur les effets des insecticides dits néonicotinoïdes introduits au début des années 1990 et devenus maintenant les pesticides les plus courants pour les cultures dans le monde entier. Ces composés agissent sur le système nerveux central des insectes et se disséminent via le nectar et le pollen des fleurs cultivées.

Dans la première étude, Penelope Whitehorn de l'Université de Stirling à Stirling au Royaume-Uni et ses collègues ont exposé des colonies de bourdons Bombus terrestris en développement à de faibles niveaux d'un néonicotinoïde appelé imidaclopride. Les doses utilisées étaient comparables à celles auxquelles sont exposés les insectes dans la nature. Les chercheurs ont placé les colonies dans un terrain clos où les bourdons ont pu s'alimenter pendant six semaines dans des conditions naturelles. Au début et à la fin de l'expérience, les chercheurs ont pesé chacun des nids de bourdons qui comprenaient les animaux, la cire, le miel, les larves et le pollen pour déterminer de combien avait augmenté la colonie.

Il s'avère que les colonies exposées à l'imidaclopride avaient pris moins de poids comparées aux colonies contrôle, ce qui suggère qu'elles s'étaient moins nourries. À la fin de l'expérience, elles étaient huit à douze pour cent plus petites en moyenne que les colonies contrôle. Elles avaient aussi produit 85 pour cent de reines en moins. Ce dernier point est particulièrement important car la production de reines est en lien direct avec l'établissement de nouveaux nids après le dépérissement hivernal. S'il y a 85 pour cent de reines en moins, cela peut signifier 85 pour cent de nids en moins l'année suivante.

« Les bourdons pollinisent beaucoup de cultures et de fleurs sauvages. L'utilisation de néonicotinoïdes dans les cultures est clairement une menace pour leur santé et doit être revue de toute urgence » indique Goulson.

Dans le second article de Science, une équipe française a trouvé que l'exposition à un autre néonicotinoïde perturbait la capacité des abeilles à retrouver leur ruche, ce qui entraînait la mort de beaucoup d'entre elles.

Mickaël Henry, de l'Institut national pour la recherche agronomique (INRA) à Avignon en France, avec ses collègues ont marqué des abeilles qui se déplaçaient en collant sur leur thorax une minuscule puce à radio-identification dite RFID. Ce dispositif a permis aux chercheurs de suivre les abeilles dans leurs allées et venues entre la ruche et l'environnement. Puis ils ont donné à certaines d'entre elles une dose sublétale du pesticide thiamethoxam.

Comparées aux abeilles contrôle qui n'avaient pas été exposées au produit, les abeilles traitées avaient deux à trois fois plus de risques de mourir à l'extérieur de leur ruche. Ces décès, avancent les chercheurs, se produisaient probablement parce que le pesticide interférait avec le système de localisation de la ruche des abeilles.

Dans une seconde partie de leur étude, les chercheurs ont utilisé des données de l'expérience de marquage des abeilles pour développer un modèle mathématique qui simule la dynamique de population des abeilles. Lorsque la mortalité due à leur manque de localisation a été incorporée à ces simulations, le modèle a prédit que les populations d'abeilles exposées au pesticide devaient chuter à un niveau tel qu'il ne permettait plus leur rétablissement.

« Notre étude soulève la question importante des procédures d'autorisation des pesticides. Jusqu'à présent, elles demandaient surtout aux fabricants de s'assurer que les doses rencontrées sur le terrain ne tuaient pas les abeilles, mais elles ont complètement négligé les conséquences de doses non létales qui peuvent cependant provoquer des problèmes de comportement » ajoute l'auteur de l'étude Mickaël Henry, de l'INRA à Avignon en France.

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L'étude de Henry et coll. a été financée par le programme de la Communauté européenne pour l'apiculture française coordonné par le Ministère de l'agriculture français.

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