Public Release:  Articles marquants dans le Science du 13 avril 2012

American Association for the Advancement of Science

Pour d'anciens drogués, une intervention sans produit pour éviter de rechuter ? Une nouvelle recherche chez le rat et des volontaires humains suggère une stratégie pour aider les anciens drogués à ne pas rechuter. L'approche consiste à modifier les souvenirs d'utilisation de la drogue chez la personne mais ne fait pas appel, contrairement aux précédents travaux dans ce domaine, à des médicaments capables de bloquer la mémoire. YanXue Xue et ses collègues en Chine et aux États-Unis ont fondé leur travail sur le concept d'extinction où les anciens drogués sont exposés à des indices qui déclenchent la recherche de drogue comme des images, des sons ou des odeurs qu'ils ont pu percevoir au cours de leur usage de drogue. Le patient reste sobre durant la procédure d'extinction et devient progressivement moins sensible à ces indices. Le bénéfice de l'extinction s'estompe souvent cependant et disparaît même parfois spontanément. Des chercheurs ont tenté d'augmenter l'effet de la procédure d'extinction dans des modèles animaux en utilisant des produits altérant la mémoire qui ne sont pas autorisés chez l'homme ou qui ont des effets secondaires problématiques.
Xue et ses collègues décrivent une intervention purement comportementale qui renforce l'extinction dans un modèle de rechute chez le rat et fait diminuer la recherche de drogue chez l'homme jusqu'à six mois après intervention. Les chercheurs ont d'abord exposé leurs sujets à tester, des rats ou des volontaires qui avaient subi une cure de désintoxication après une dépendance à l'héroïne, à un rappel très court de la consommation passée, ce qui a fait ressortir les souvenirs de la mémoire à long terme dans le cerveau. Peu après, ces sujets ont effectué la procédure bien plus longue de l'extinction. Dans les deux expériences, les individus qui avaient eu les deux interventions avaient moins de risque de se remettre à la drogue en réponse à des rappels de leur usage passé comparé aux individus qui n'avaient reçu que la procédure d'extinction. Le bénéfice de l'intervention semble être dû à un processus appelé reconsolidation des souvenirs dans lequel une expérience revient en mémoire puis est modifiée avant de retourner à son stockage à long terme. Les auteurs ont trouvé que l'induction du souvenir initial, avant l'extinction, n'était efficace que lorsqu'elle avait lieu 10 minutes ou une heure avant l'extinction et pas lorsqu'elle la précédait de 6 heures. Ce cadre temporel concorde avec la fenêtre de temps au cours de laquelle la reconsolidation a lieu. Un article Perspective commente ces résultats.

Article n°19 : « A Memory Retrieval-Extinction Procedure to Prevent Drug Craving and Relapse » par Y.-X. Xue, Y.-X. Luo, P. Wu, H.-S. Shi, L.-F. Xue, C. Chen, W.-L. Zhu, Z.-B. Ding, Y.-p. Bao, J. Shi et L. Lu de l'Université de Peking à Beijing, Chine ; H.-S. Shi de Hebei Medical University à Shijiazhuang, Chine ; D.H. Epstein et Y. Shaham du National Institute on Drug Abuse, NIH à Baltimore, MD.

Article n°6 : « Wiping Drug Memories » par A.L. Milton et B.J. Everitt de l'Université de Cambridge à Cambridge, Royaume-Uni


Le babouin peut apprendre à repérer des mots écrits. Le babouin peut maîtriser l'un des éléments de base de la lecture même s'il n'a pas de compétence linguistique rapporte une équipe française. Les singes de cette étude ont appris à faire la différence entre des séries imprimées de lettres formant des mots anglais et d'autres dépourvus de signification. Ce résultat remet en cause l'ancienne notion que la capacité à reconnaître les mots de cette manière, sous forme d'une combinaison d'objets apparaissant visuellement dans un certain ordre, est liée au langage de manière fondamentale. Il s'avère maintenant que lorsqu'une personne lit, elle a partiellement recours à une ancienne capacité antérieure à l'apparition de notre espèce.
Jonathan Grainger et ses collègues ont étudié un groupe de babouins vivant dans un enclos qui contenait plusieurs cabines avec des ordinateurs à écran tactile. Les animaux pouvaient y entrer librement et faire plusieurs cycles d'exercices dans lesquels ils voyaient apparaître une séquence de quatre lettres puis tapaient sur une de deux figures à l'écran pour la classer comme un mot ou pas. Ils recevaient une récompense s'ils donnaient la bonne réponse. Sur un mois et demi, les babouins ont appris à discriminer des dizaines de mots à partir de 7 000 séquences avec une précision de près de 75 pour cent. La capacité à identifier des combinaisons spécifiques de lettres, connue sous le nom de « traitement orthographique » est une composante clé de la lecture. Ainsi, l'un des éléments de base de la capacité à lire, qui figure parmi les aptitudes les plus complexes de notre espèce, pourrait être plus courant dans le cerveau des primates que ce que l'on pensait. Un article Perspective revient sur ces recherches.

Article n°20 : « Orthographic Processing in Baboons (Papio papio) » par J. Grainger, S. Dufau, M. Montant, J.C. Ziegler et J. Fagot du CNRS et de l'Université d'Aix-Marseille en France.

Article n°4 : « Monkey See, Monkey Read » par M.L. Platt et G.K. Adams de l'Université Duke à Durham, NC.


Des traces de fermions de Majorana dans des nanofilaments. Des chercheurs ont peut-être détecté des fermions de Majorana, des particules fugaces qui agissent comme leurs propres antiparticules, dans des nanofilaments d'un dispositif supraconducteur exotique. Lorsqu'un électron chargé négativement rencontre un positon, son antiparticule positive, ils s'annihilent en un flash de rayonnement gamma. Au contraire, un fermion de Majorana est une particule neutre qui est sa propre antiparticule. Il n'a jamais été observé dans le monde des particules élémentaires mais on pense qu'il doit exister dans des systèmes d'états solides et ont un intérêt potentiel comme plateforme de calcul quantique. Dans leur étude, Vincent Mourik et ses collègues ont mis au point un système consistant en un nanofilament en contact avec des électrodes normale et supraconductrice. Dans un champ magnétique, les auteurs ont observé un signal tunnel de pic à l'énergie zéro qui résistait à la variation du champ et au voltage d'entrée. Le signal de pic disparaissait quand les composantes nécessaires selon la théorie pour la formation de Majorana étaient éliminées. Ce résultat apporte une preuve de l'existence de fermions de Majorana dans les nanofilaments couplés à des supraconducteurs.

Article n°25 : « Signatures of Majorana Fermions in Hybrid Superconductor-Semiconductor Nanowire Devices » par V. Mourik, K. Zuo, S.M. Frolov, E.P.A.M. Bakkers et L.P. Kouwenhoven de l'Université de technologie de Delft à Delft, Pays-Bas ; S.R. Plissard et E.P.A.M. Bakkers de l'Université de technologie d'Eindhoven à Eindhoven, Pays-Bas.


Une signature du cancer colorectal. Mis à part les instructions génétiques codées par l'ADN, beaucoup de facteurs épigénétiques, c'est-à-dire des modifications fonctionnelles du génome autres que dans sa séquence, ont une influence significative sur l'expression génétique aussi bien chez les individus malades qu'en bonne santé. Des chercheurs ont maintenant identifié une signature épigénétique, une configuration spécifique de marques perdues ou acquises sur la chromatine, qui semble indiquer avec précision que les cellules colorectales sont cancéreuses. Batool Akhtar-Zaidi et ses collègues ont utilisé une forme méthylée de la protéine appelée histone H3 lysine 4 ou H3K4, qui marque de multiples classes d'éléments dits enhancers dans les gènes, pour rechercher de tels facteurs épigénétiques dans les cellules normales des cryptes du côlon ou cancéreuses qui peuvent en dériver. Les chercheurs ont pu identifier des milliers de sites H3K4 méthylés qui ont été perdus ou acquis dans les cellules du cancer colorectal. Les gènes liés à ces sites enhancers semblent plus souvent correspondre, selon les chercheurs, à des voies rompues dans les cellules cancéreuses du côlon et à des variants génétiques considérés comme des signaux d'alarme. L'ensemble de ces résultats suggère que les changements épigénétiques de ces sites particuliers sur le génome conduisent à un programme transcriptionnel unique favorisant l'apparition du cancer colorectal.

Article n°23 : « Epigenomic Enhancer Profiling Defines a Signature of Colon Cancer » par B. Akhtar-Zaidi, O. Corradin, A. Saiakhova, C.F. Bartels, L. Myeroff J. Lutterbaugh, M.F. Kalady, J. Willis, P.J. Tesar, T. Laframboise, S. Markowitz, P.C. Scacheri at Case Western Reserve University in Cleveland, OH ; R. Cowper- Sal.Lari, J.H. Moore et M. Lupien de la Dartmouth Medical School à Lebanon, NH ; A. Jarrar et M.F. Kalady de la Cleveland Clinic Foundation à Cleveland, OH.

###

Disclaimer: AAAS and EurekAlert! are not responsible for the accuracy of news releases posted to EurekAlert! by contributing institutions or for the use of any information through the EurekAlert system.