[ Back to EurekAlert! ] Public release date: 30-Apr-2012
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Concordia University

De meilleurs ponts pour un même budget

Des ingenieurs de Concordia concoivent une methode novatrice pour gerer l'entretien et la reparation des ponts

Ce communiqué est disponible en anglais.

Et si on pouvait améliorer considérablement la sécurité, la durabilité et la viabilité des ponts de toute l'Amérique du Nord sans augmenter les coûts? C'est la question à laquelle Saleh Abu Dabous s'est intéressé lorsqu'il a entrepris ses études doctorales à l'Université Concordia. « Je souhaitais trouver un sujet de recherche appliquée – quelque chose qui allait concrètement rejaillir sur la société et améliorer la situation », se souvient-il.

Dans un article publié dans la Revue canadienne de génie civil, Saleh Abu Dabous et son directeur de thèse, Sabah Alkass, professeur au Département de génie du bâtiment, civil et environnemental de Concordia, proposent une nouvelle stratégie de prise de décisions qui pourrait révolutionner la gestion de l'infrastructure des ponts dans les villes.

« En Amérique du Nord, la plupart des ponts sont vraiment en mauvais état, précise M. Alkass. Nous avons discuté avec plusieurs administrations municipales, qui nous ont expliqué qu'elles ne disposent tout simplement pas des fonds nécessaires pour corriger la situation. Leur budget est si serré que leurs interventions se limitent à de l'entretien correctif. Sur le long terme, il est pourtant plus économique et efficace de prévenir les problèmes dès maintenant que de les régler plus tard, même si cela exige davantage de planification. »

La nouvelle méthode de prise de décisions proposée par MM. Abu Dabous et Alkass priorise l'entretien préventif. Au lieu de viser la réparation d'un réseau entier de ponts d'un seul coup – soit jusqu'à 5 000 ponts dans certaines grandes villes –, leur méthode aide les décideurs à fixer l'ordre de priorité des ponts selon plusieurs critères. Ainsi, les structures très fréquentées et en mauvais état, qui présentent un système de drainage inefficace et des risques sismiques considérables, devraient figurer en tête de liste. En outre, les critères de cette méthode sont classés par importance. Par exemple, la réfection d'un pont en mauvais état passerait avant celle d'un pont dont le système de drainage est inefficace.

Une fois établie la liste des ponts prioritaires, il faut dès lors décider s'il faut les reconstruire, les réparer ou intensifier leur entretien. Face à ces trois options de réhabilitation – chacune assortie d'un coût précis – pour un réseau entier de ponts, les décideurs ont la tâche complexe de déterminer les structures à reconstruire et celles à réparer, le tout dans le respect du budget. Or, l'article montre qu'en se limitant à seulement vingt ponts, il existe déjà plus de trois milliards de possibilités de réhabilitation.

MM. Abu Dabous et Alkass ont demandé à des experts de choisir la meilleure option – reconstruire, réparer ou entretenir – pour chacun des ponts de leur échantillon, puis d'entrer l'information dans un logiciel qui simule les différentes interventions possibles et en calcule le coût. « Ce processus de simulation n'avait encore jamais été appliqué à la prise de décisions dans le domaine de l'entretien des ponts », explique M. Abu Dabous. C'est un outil puissant qui permet d'intégrer à la fois l'opinion d'experts et une évaluation systématique des ponts afin d'établir la meilleure stratégie pour un budget limité.

La méthode permet également aux décideurs de tenir compte de facteurs auxquels on n'accordait auparavant pas autant d'importance. « Nous devons réfléchir à la viabilité de notre infrastructure pour les générations futures, poursuit le chercheur. Au-delà des coûts, il faut considérer d'autres paramètres, tels que la sécurité ainsi que l'impact de nos décisions sur l'environnement et les usagers. »

Cette nouvelle méthode de prise de décisions a déjà retenu l'attention de la Société canadienne de génie civil, qui a sélectionné les deux chercheurs comme lauréats du prix Stephen G. Revay pour la meilleure communication dans les domaines du génie de la construction ou la gestion des projets. Saleh Abu Dabous et Sabah Alkass espèrent que ce prix encouragera Transports Canada à fournir davantage de données, lesquelles pourraient être utilisées pour créer une version publique du logiciel, qui serait mis en ligne et rendu gratuitement accessible à toutes les administrations municipales concernées.

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Partenaires de recherche : Cette recherche a été financée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et appuyée par la Faculté de génie et d'informatique de l'Université Concordia.



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