[ Back to EurekAlert! ] Public release date: 10-Apr-2012
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Concordia University

Surmonter le trouble obsessif-compulsif

Un chercheur de Concordia innove dans le traitement des peurs et des doutes des malades

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 10 avril 2012 – Ai-je pensé à fermer la porte à clé? Est-ce que j'ai éteint la cuisinière? Les lumières étaient-elles encore allumées quand j'ai quitté la maison ce matin? Nous connaissons tous ces petites tracasseries quotidiennes. Toutefois, pour plus de 650 000 Canadiens atteints du trouble obsessif-compulsif (TOC), de telles pensées peuvent mener à la vérification compulsive, un comportement potentiellement débilitant qui enferme le malade dans un cycle incessant de peur et de doute.

Aux yeux d'Adam Radomsky, professeur au Département de psychologie et directeur du Centre de recherche clinique en santé de l'Université Concordia, ses travaux nouvellement financés par les Instituts de recherche en santé du Canada visent l'élaboration d'un traitement viable pour les personnes atteintes du TOC. Dans la foulée de recherches effectuées avec des collègues de l'Université de la Colombie-Britannique et de l'Université de Reading (Royaume-Uni), le Pr Radomsky procède maintenant à l'essai d'un nouveau traitement de la vérification compulsive qui pourrait améliorer de façon remarquable la qualité de vie de très nombreuses personnes.

Le Pr Radomsky explique que « depuis des années, le meilleur traitement de la vérification compulsive offert aux victimes du TOC consiste en une démarche thérapeutique pénible dite d'exposition avec prévention de la réponse, ou EPR. En étant exposés de façon répétitive à leurs pires craintes jusqu'à ce que leur anxiété diminue, les patients apprennent à atténuer leur réponse de vérification hypervigilante – du moins en théorie ». Dans la pratique, ce type de traitement mène toutefois souvent à l'abandon rapide de la thérapie par les patients. « Le taux inacceptablement élevé de rejet de l'EPR justifie l'élaboration d'un nouveau traitement spécifique, perfectionné et plus efficace, de la vérification compulsive. »

Le traitement conçu par le Pr Radomsky s'appuie sur des recherches démontrant que la vérification compulsive de certains éléments de leur environnement est causée par un sens démesuré de la responsabilité chez les personnes atteintes du TOC. « Si je n'éteins pas la cuisinière, la maison va passer au feu » est une hypothèse plausible, qui peut rapidement engendrer un cycle obsessif de vérifications répétitives, lequel peut même mener à une incapacité de sortir de la maison. Or, comme les travaux antérieurs du Pr Radomsky l'ont montré, ces répétitions apparemment insensées minent en fait la confiance des malades.

Le cycle peut être brisé en amenant les patients à rectifier leur sens démesuré de la responsabilité personnelle et à atténuer leur anticipation de catastrophes. En mettant l'accent sur les schèmes de pensée des patients plutôt que sur leurs actions, la nouvelle approche du Pr Radomsky cible les fausses croyances sur lesquelles ils fondent la perception de leur responsabilité, de leur mémoire, et des dangers qui les menacent. Grâce à des exercices visant la normalisation de leur sens démesuré de la responsabilité, le rétablissement de leur confiance en leur mémoire ainsi que la diminution de leurs doutes et de leur sentiment de culpabilité, il est permis d'espérer que le nouveau traitement procurera graduellement aux patients une perception plus positive d'eux-mêmes et du monde qui les entoure.

Mise au point en laboratoire, la recherche du Pr Radomsky est promise à un bel avenir sur le terrain. « Le travail de notre équipe s'appuiera sur toutes nos recherches expérimentales antérieures et nous mènera à faire l'essai d'une nouvelle forme d'intervention basée sur nos découvertes, affirme-t-il. Nous espérons que nos travaux nous permettront de mener un essai plus approfondi du traitement, lequel pourrait influer sur l'approche thérapeutique du TOC à Montréal, au Canada et ailleurs dans le monde. »

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Partenaires de recherche : L'article original, paru dans la revue Cognitive and Behavioral Practice, a été rédigé en collaboration avec Rosamund Shafran et Anna Coughtrey, de l'Université de Reading, ainsi que Stanley Rachman, de l'Université de la Colombie-Britannique. Les cochercheurs Michel Dugas, Gail Myhr et Maureen Whittal participent également à cette étude financée par les Instituts de recherche en santé du Canada.

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Source :
Cléa Desjardins
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