Public Release:  Les femmes âgées souffrant d'arythmie cardiaque sont plus à risque de subir un AVC

McGill University Health Centre

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 9 mai 2012 - Les femmes âgées qui ont reçu un diagnostic d'arythmie cardiaque (rythme cardiaque irrégulier) courent plus de risques que les hommes de faire un accident vasculaire cérébral (AVC). Une nouvelle étude, menée par l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR CUSM), démontre qu'il est possible que la warfarine, l'anticoagulothérapie la plus répandue pour prévenir les AVC chez les patients souffrant de fibrillation auriculaire ne soit pas aussi efficace chez les femmes de 75 ans et plus qu'elle ne l'est chez les hommes. Les résultats de cette étude viennent tout juste d'être publiés dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

« Nos résultats laissent entendre que les femmes âgées qui souffrent de fibrillation auriculaire devraient être prises en considération, afin de recevoir un traitement préventif plus efficace pour les AVC, déclare la Dre Louise Pilote, l'auteur principal de l'étude et chercheure en épidémiologie à l'IR CUSM et professeur au Département de médecine de l'Université McGill. Les médecins et les patients devraient accorder davantage d'attention au fait que le risque d'AVC est plus élevé chez les femmes. »

La fibrillation auriculaire (FA) touche environ 350 000 Canadiens; il s'agit de la forme d'arythmie cardiaque la plus répandue, qui se manifeste par un rythme cardiaque irrégulier. De manière générale, le risque de développer des troubles de fibrillation auriculaire augmente avec l'âge et avec la présence d'autres facteurs de risque, comme le diabète, l'hypertension artérielle et une cardiopathie (maladie du cœur) sous-jacente. Les personnes aux prises avec la fibrillation auriculaire courent cinq fois plus de risques de faire un AVC que le reste de la population

« Nous avons découvert que les femmes couraient 14 pour cent plus de risques que les hommes de faire un AVC, commente la Dre Meytal Avgil Tsadok, premier auteur de l'étude et détentrice d'une bourse de perfectionnement postdoctoral des Instituts de recherche en santé du Canada au sein de la Division d'épidémiologie clinique au CUSM. Même si l'adhésion au traitement était la même pour les deux sexes, il est possible que le suivi et le niveau d'anticoagulation ne soient pas aussi élevés chez les femmes qu'ils le sont chez les hommes. Une combinaison de facteurs comme une hypertension artérielle non maîtrisée et d'autres facteurs vasculaires pourraient aussi expliquer ce phénomène. »

Des chercheurs ont comparé l'incidence des AVC et de l'utilisation de la warfarine chez 39 398 hommes et chez 44 115 femmes souffrant de fibrillation auriculaire au Québec, entre 1998 et 2007. Ils ont utilisé des données administratives et ont fait des recoupements entre les bases de données relatives au congé de l'hôpital, aux médecins et aux demandes de remboursement de médicaments d'ordonnance.

« Les médecins devraient prendre en compte le sexe du patient comme étant un critère d'évaluation du risque lorsqu'ils décident d'entreprendre une anticoagulothérapie visant à prévenir les AVC, ajoute la Dre Pilote, qui est aussi directrice de la Division de médecine interne à l'Université McGill et au CUSM. Étant donné que nous ne pouvons pas toujours appliquer aux femmes les résultats dont nous disposons pour les hommes, il faut que des femmes âgées participent à nos études, afin que nous puissions mettre en place des nouvelles stratégies pour prévenir efficacement les AVC de manière optimale chez les deux sexes. »

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À propos de l'étude

Les auteurs de l'étude, intitulée Sex Differences in Stroke Risk Among Older Patients With Recently Diagnosed Atrial Fibrillation [Différences entre les sexes en matière de risque d'AVC chez les patients âgés ayant récemment reçu un diagnostic de fibrillation auriculaire], sont Louise Pilote (IR CUSM/McGill) et Meytal Avgil Tsadok (CUSM/McGill); Cynthia A. Jackevicius (Université de Toronto); Elham Rahme (IR CUSM/McGill); Karin H. Humphries (Université de la Colombie-Britannique).

Ces travaux ont bénéficié du soutien financier des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

Hyperliens connexes:

Étude citée :
www.jama.ama-assn.org/

Institut de recherche du CUSM (IR-CUSM) :
www.muhc.ca/research/dashboard

Centre universitaire de santé McGill (CUSM) :
www.muhc.ca

Université McGill :
www.mcgill.ca

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