Public Release:  Articles marquants dans le Science du 8 juin 2012

American Association for the Advancement of Science

Comment se propage, avec de l'aide, un virus mortel pour les abeilles. La dissémination d'un acarien parasite appelé varroa dans les colonies d'abeilles à Hawaii a permis à un virus autrefois inoffensif de prospérer en leur sein rapportent des chercheurs. Dans d'autres régions du monde, l'apparition de l'acarien avec le virus a coïncidé avec des pertes majeures de colonies bien que cela ne se soit pas encore produit à Hawaii. L'arrivée du varroa y est relativement récente et ne concerne que certaines îles. Stephen Martin et ses collègues ont profité de ces circonstances particulières pour surveiller les abeilles d'Hawaii au cours de l'invasion et apprendre comment le virus DWV se répandait et évoluait. Le DWV peut infecter les insectes directement mais le varroa l'aide en agissant comme un hôte et un incubateur. Le comportement alimentaire de l'acarien permet aussi au virus d'être transmis directement dans l'appareil circulatoire des abeilles. Les auteurs révèlent que l'introduction du varroa a fait passer la prévalence du virus DWV d'environ 10 pour cent à 100 pour cent au sein des colonies d'abeilles. La quantité de virus dans le corps des abeilles a aussi explosé alors que la diversité de ses souches a chuté. En fait, une seule souche de DWV domine maintenant dans les colonies infectées par la varroa. Les auteurs en concluent que la dissémination mondiale du varroa a entraîné la sélection de variants du DWV qui ont émergé, et en a fait l'un des virus d'insecte les plus courants et les plus contagieux de la planète.

Article n°16 : « Global Honey Bee Viral Landscape Altered by a Parasitic Mite » par S.J. Martin et L. Brettell de l'Université de Sheffield à Sheffield, Royaume-Uni ; A.C. Highfield et D.C. Schroeder de la The Marine Biological Association of the United Kingdom à Plymouth, Royaume-Uni ; E.M. Villalobos et S. Nikaido de l'Université de Hawaii, Manoa à Manoa, HI ; G.E. Budge et M. Powell de la The Food and Environment Research Agency à York, Royaume-Uni..


Les efflorescences de plancton cachées sous la banquise arctique. Pour le commun des mortels, l'océan Arctique est une étendue déserte avec quelques régions recouvertes d'une épaisse couche de glace tout au long de l'année. Dans leur article Brevium, des scientifiques ont maintenant découvert des efflorescences d'un vert brillant dues au phytoplancton qui pousse sous la glace. Cette découverte suggère que l'océan Arctique est bien plus productif que ce que l'on pensait même si l'impact spécifique de ces proliférations sur les écosystèmes locaux reste mal connu. Les efflorescences de plancton, qui culminent lors des étés où la lumière est permanente pendant 24h, représentent un élément crucial de la chaîne alimentaire en Arctique. C'est pour cela que les scientifiques utilisent des satellites pour les étudier de l'espace. Lors d'une expédition ICESCAPE, Kevin Arrigo et ses collègues ont découvert une efflorescence massive de phytoplancton qui se développait sous une grosse épaisseur de glace et donc invisible par satellite. Comme les glaces Arctiques fondent et que des mares apparaissent à leur surface, ce type de prolifération peut devenir de plus en plus fréquent et précoce estiment les auteurs. Beaucoup d'animaux volent ou nagent vers l'océan Arctique pour se nourrir de phytoplancton et si ces efflorescences se produisent plus tôt certains animaux auront des difficultés à s'y adapter.

Article n°21 : « Massive Phytoplankton Blooms Under Arctic Sea Ice » par K.R. Arrigo, Z.W. Brown, G.L. van Dijken, K.E. Lowry, M.M. Mills et M.A. Palmer de l'Université de Stanford à Stanford, CA. Pour une liste complète des auteurs, voir le manuscrit.


Frapper sans faiblesse. Les pattes avant en forme de marteau de la squille, ou crevette-mante, peuvent fracasser la coquille des mollusques, la tête de petits poissons et même la paroi en verre d'un aquarium. Les pinces résistent bien même après avoir été endommagées par les nombreux coups portés. Des scientifiques ont maintenant découvert ce qui rend ces pinces aussi dures. James Weaver et ses collègues ont eu recours à la microscopie électronique et à toute une gamme d'autres techniques pour étudier la structure des pinces de la squille jusqu'à l'échelle nanométrique. Ils rapportent que la pince a trois régions, chacune avec une composition et des propriétés mécaniques différentes. La face d'impact est rendue dense par le minéral d'hydroxyapatite que l'on trouve aussi dans les os et les dents des vertébrés. Cette fine couche dure est doublée d'une « région périodique » qui contient des bâtonnets d'une matière organique appelée chitosan disposés dans différentes orientations. Cette structure confère une excellente résistance à la fracture car chaque fissure doit toujours changer de direction, ce qui ralentit sa croissance. Comme la région périodique, les parties de la troisième « région striée » le long de la pince sont moins rigides que la face d'impact. La courte transition entre la surface d'impact et le matériau sous-jacent protège aussi la structure en déviant les fissures. Les auteurs avancent que ces nouveaux indices peuvent aider les chercheurs à développer des matériaux solides pour des objets qui doivent supporter des chocs intenses et répétés. Dans un article Perspective associé, K. Elizabeth Tanner envisage aussi des applications, comme des armures améliorées.

Article n°10 : « The Stomatopod Dactyl Club: A Formidable Damage-Tolerant Biological Hammer » par J.C. Weaver de l'Université de Harvard à Cambridge, MA ; G.W. Milliron, S. Herrera et D. Kisailus de l'Université de Californie, Riverside à Riverside, CA ; A. Miserez de la Nanyang Technological University à Singapour ; K. Evans-Lutterodt et E. DiMasi du National Synchrotron Light Source, Brookhaven National Laboratory à Upton, NY ; I. Gallana et P. Zavattieri de l'Université de Purdue à West Lafayette, IN ; W.J. Mershon de Tescan-USA à Cranberry Township, PA ; B. Swanson de l'Université Gonzaga à Spokane, WA.

Article n°3 : « Small But Extremely Tough » par K.E. Tanner de l'Université de Glasgow à Glasgow, Royaume-Uni.


Protéger le bébé en réduisant au silence l'expression des chimiokines. Comment font les femmes enceintes pour empêcher leur système immunitaire d'attaquer le foetus en développement ? Comme la moitié des gènes de l'enfant à naître sont hérités du père, un foetus peut se trouver reconnu comme un corps étranger par le système immunitaire de la mère à la manière d'un greffon. Dans leur étude, Patrice Nancy et ses collègues ont montré que chez la souris une régulation précise des signaux de recrutement cellulaire est nécessaire pour assurer une bonne tolérance par le système immunitaire de la mère du foetus en développement. Les chercheurs ont étudié comment les lymphocytes T s'organisaient dans les tissus utérins de la souris gestante et trouvé qu'un grand nombre d'entre eux s'amassaient dans la couche moyenne de la paroi utérine, le myomètre, mais que très peu pénétraient dans la décidue, le tissu qui enveloppe le foetus et le placenta. Selon Nancy et ses collègues, cette répartition des lymphocytes T est facilitée par l'absence de chimiokines clés, de petites protéines de signalisation qui permettent le recrutement par les tissus des lymphocytes T, dans la décidue et leur expression dans le myomètre. Ces résultats suggèrent que l'expression particulière à ces tissus des chimiokines conduit à une tolérance spécifique du foetus chez les mammifères.

Article n°19 : « Chemokine Gene Silencing in Decidual Stromal Cells Limits T Cell Access to the Maternal- Fetal Interface » par P. Nancy, E. Tagliani, C.-S. Tay, P. Asp, D.E. Levy et A. Erlebacher de la New York University School of Medicine à New York, NY ; P. Asp de l'Albert Einstein College of Medicine à Bronx, NY.

###

Disclaimer: AAAS and EurekAlert! are not responsible for the accuracy of news releases posted to EurekAlert! by contributing institutions or for the use of any information through the EurekAlert system.