Public Release:  Articles marquants dans le Science du 3 août 2012

American Association for the Advancement of Science

Des décennies de fonte du Groenland révélées par photo aérienne. Le bord nord-ouest de la calotte glaciaire du Groenland a connu deux épisodes majeurs de perte de glace ces trois dernières décennies selon une nouvelle étude. Le réchauffement planétaire devrait avoir un impact élevé sur le Groenland et sa fonte pourrait faire monter sensiblement le niveau des mers. Pour mieux replacer dans son contexte la fonte actuelle, les chercheurs ont besoin de relevés remontant plus loin dans le temps. Une question clé est d'élucider la part qui revient aux changements relativement prévisibles liés aux processus de surface, c'est-à-dire la quantité de glace perdue par la fonte ou la sublimation, comparée à celle gagnée par les précipitations, des processus « dynamiques » beaucoup moins prévisibles qui conduisent à la fragmentation des bords de la calotte. En utilisant des photos aériennes d'archives et un modèle informatique, Kurt Kjær et ses collègues ont documenté l'histoire d'un amincissement de la frange nord-ouest de la calotte glaciaire du Groenland depuis le milieu des années 1980. Les deux évènements qu'ils ont identifiés, de 1985 à 1993 et de 2005 à 2010, s'avèrent dus à une perte dynamique de glace. Des relevés encore plus anciens seront nécessaires pour mieux comprendre cette variabilité du comportement de la couverture glaciaire et pour prédire de façon plus précise la contribution de sa fonte à la montée des eaux indiquent aussi les auteurs.

Article n°13 : « Aerial Photographs Reveal Late󈞀th-Century Dynamic Ice Loss in Northwestern Greenland » par K.H. Kjær, N. J. Korsgaard, L.H. Timm, K.K. Kjeldsen, A.A. Bjørk et E. Willerslev du Muséum d'Histoire Naturelle, Université de Copenhague à Copenhague, Danemark. Pour une liste complète des auteurs, voir le manuscrit.


L'air nord-américain rempli de poussières d'origine étrangère. La moitié environ des aérosols d'Amérique du Nord proviennent de l'étranger révèle une nouvelle étude. Ceux-ci sont formés pour l'essentiel de poussière naturelle et non dues à la pollution. L'étude présente la première évaluation faite à partir de mesures satellitaires de la quantité d'aérosols, qu'ils soient d'origine naturelle ou dus à la pollution, provenant de sources au-delà des mers comparée à celle produite sur le continent. Les aérosols sont des particules liquides ou solides en suspension dans l'air. Générées lors de phénomènes naturels comme les feux de forêt ou les éruptions volcaniques, ou par l'action humaine comme la combustion du charbon, les aérosols ont des effets importants, souvent négatifs, sur la qualité de l'air et le climat. Ils peuvent être transportés sur de longues distances, ce qui complique la tâche de maîtriser leurs quantités. Hongbin Yu et ses collègues ont utilisé un nouveau satellite appelé Calypso pour suivre le mouvement des particules de poussières à travers les océans et les continents. Avant ce satellite, les scientifiques ne disposaient que de vues à deux dimensions de leur transport mais sa capacité à faire des mesures verticales a permis à l'équipe de produire des images en trois dimensions. Les auteurs ont aussi pu faire la distinction entre poussière et pollution car le satellite donne aussi la taille, la forme et d'autres caractéristiques des particules. Leurs résultats suggèrent que le contrôle de l'effet des aérosols sur les climats régionaux demandera une forte coopération à l'échelle planétaire plutôt que quelques actions menées par des pays isolés.

Article n°12 : « Aerosols from Overseas Rival Domestic Emissions over North America » par H. Yu de l'Université du Maryland à College Park, MD ; H. Yu, M. Chin, H. Bian, Q. Tan, T. Yuan et Y. Zhang du NASA Goddard Space Flight Center à Greenbelt, MD ; L. Remer, H. Bian et T. Yuan de l'Université du Maryland, Baltimore County à Baltimore, MD ; Q. Tan et Y. Zhang de la Universities Space Research Association à Columbia, MD.


Les cellules souches du cancer identifiées chez la souris. Une équipe néerlandaise a identifié un pool de cellules souches alimentant la croissance de tumeurs intestinales chez la souris, une découverte qui vient étayer l'hypothèse controversée des cellules souches du cancer. L'idée qu'une petite population de cellules souches au sein d'une tumeur puisse donner naissance au reste de ses cellules a été à l'origine de l'un des débats les plus animés dans la recherche contemporaine sur le cancer. Si de telles cellules existaient, elles pourraient être une cible importante pour de nouveaux anticancéreux. En étudiant des souris qui exprimaient des marqueurs de gènes multicouleurs, Arnout Schepers et ses collègues ont pu détecter et suivre le devenir de cellules souches possibles pour des adénomes de l'intestin qui sont un stade précoce de cancer. Ils ont trouvé qu'une sous-population de ces cellules exprimant un gène appelé Lgr5 était à l'origine de la croissance des adénomes. Ces cellules, qui représentent environ 5 à 10 pour cent des cellules tumorales, génèrent des cellules avec Lgr5 supplémentaires ainsi que les autres types cellulaires de l'adénome.

Article n°20 : « Lineage Tracing Reveals Lgr5+ Stem Cell Activity in Mouse Intestinal Adenomas » par A.G. Schepers, H.J. Snippert, D.E. Stange, M. van den Born, J.H. van Es, M. van de Wetering et H. Clevers du University Medical Center Utrecht à Utrecht, Pays-Bas.


Les éléphants peuvent-ils « parler » comme les humains ? Les éléphants communiquent beaucoup et le font souvent sur de grandes distances en utilisant des sons de très basses fréquences appelés infrasons. Contrairement au sifflement pour les chiens, ces infrasons concernent des fréquences inférieures à 20 Hertz, ou cycle par seconde, de sorte qu'ils ne sont pas perçus par l'oreille humaine. Un nouveau travail montre que les éléphants ont recours au même mécanisme physiologique qui permet à l'homme de s'exprimer oralement pour atteindre ces notes extrêmement basses. Jusqu'à présent, la question se posait de savoir si ces sons étaient dus à un contrôle musculaire, comme le miaulement du chat, ou à une vibration causée par de l'air passant au travers des cordes vocales comme chez l'être humain. Le décès naturel d'un éléphant dans un zoo de Berlin a donné l'occasion à Christian Herbst et ses collègues de directement étudier ce phénomène. Les chercheurs ont utilisé des observations faites en filmant à haute vitesse le larynx excisé de l'éléphant pour montrer que les infrasons de l'animal pouvaient être reproduits sans activité nerveuse, ce qui suggère l'absence de tout contrôle musculaire. Le fait qu'ils aient pu refaire les infrasons de l'éléphant en laboratoire démontre que ces animaux ont recours à une aérodynamique myoélastique, un mode de vocalisation pour communiquer dans la nature. De telles vibrations sont utilisées par une large gamme d'animaux allant des humains qui chantent jusqu'aux chauves-souris qui écholocalisent, et les chercheurs suggèrent que ce type particulier de production vocale s'étend sur une gamme de cinq ordre de grandeur pour ce qui concerne la taille des organismes et les fréquences utilisées.

Article n°17 : « How Low Can You Go? Physical Production Mechanism of Elephant Infrasonic Vocalizations » par C.T. Herbst, A. Stoeger et W.T. Fitch de l'Université de Vienne à Vienne, Autriche ; R. Frey du Leibniz Institute for Zoo and Wildlife Research à Berlin, Allemagne ; J. Lohscheller de l'University of Applied Sciences à Trièves, Allemagne ; I.R. Titze de l'Université de l'Utah à Salt Lake City, UT ; M. Gumpenberger de l'University of Veterinary Medicine Vienna à Vienne, Autriche ; W.T. Fitch de l'Université de Vienne et de l'University of Veterinary Medicine Vienne à Bad Vöslau, Autriche.

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