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PUBLIC RELEASE DATE:
19-Sep-2012

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Contact: Jean-François Huppé
jean-francois.huppe@dc.ulaval.ca
418-656-7785
Université Laval
@universitelaval

Le cerveau des grands prématurés retire des bénéfices à long terme de la méthode Kangourou

Ce communiqué est disponible en anglais.

Québec, le 19 septembre 2012 - La méthode Kangourou - dans laquelle un prématuré nourri au sein demeure en contact permanent, peau contre peau, avec la poitrine d'un parent plutôt que dans un incubateur - produit des effets bénéfiques durables sur le développement cérébral, révèlent des chercheurs de l'Université Laval dans le numéro d'octobre de la revue Acta Paediatrica. Les grands prématurés qui ont profité de cette méthode présentent, à l'adolescence, un fonctionnement cérébral supérieur à celui de prématurés placés en incubateur et comparable à celui d'adolescents nés à terme.

Des recherches antérieures ont démontré que les enfants nés avant la 33e semaine de grossesse éprouvent davantage de problèmes cognitifs et comportementaux pendant l'enfance et l'adolescence. Les chercheurs Cyril Schneider et Réjean Tessier, respectivement du Département de réadaptation de la Faculté de médecine et de l'École de psychologie de l'Université Laval, ainsi que leurs collègues colombiens Nathalie Charpak (Fondation Kangourou) et Juan Ruiz-Peláez (Université La Javeriana) ont voulu déterminer si la méthode Kangourou pouvait prévenir ces problèmes. Pour y arriver ils ont comparé, 15 ans après leur naissance, 18 prématurés placés en incubateur, 21 prématurés portés en kangourou durant 29 jours en moyenne et 9 enfants nés à terme.

Pour évaluer les fonctions cérébrales des participants, les chercheurs ont eu recours à la stimulation magnétique transcrânienne. Cette technique non invasive et sans douleur permet d'activer les cellules de zones ciblées du cerveau, en l'occurrence le cortex moteur primaire qui contrôle les muscles. La mesure des réponses musculaires à ces stimulations permet d'évaluer des fonctions cérébrales comme le niveau d'excitabilité et d'inhibition du cerveau, la synchronisation des cellules, la rapidité de conduction nerveuse et la coordination entre les deux hémisphères cérébraux.

Les données recueillies par les chercheurs indiquent que toutes les fonctions cérébrales des adolescents du groupe Kangourou sont comparables à celles des enfants nés à terme. Par contre, les prématurés placés en incubateur présentent, 15 ans après leur naissance, des écarts importants par rapport aux deux autres groupes.

« Grâce à la méthode Kangourou, l'enfant reçoit des stimulations nerveuses - le bruit du coeur, la voix et la chaleur du parent qui le porte - pendant une période critique du développement des liens neuronaux entre les hémisphères cérébraux. Cela favoriserait le développement immédiat et futur de son cerveau », avance le neurophysiologiste Cyril Schneider.

« Les enfants placés en couveuse reçoivent eux aussi beaucoup de stimulations, mais elles sont souvent trop intenses et stressantes pour les capacités cérébrales des grands prématurés, ajoute le chercheur en psychologie Réjean Tessier. La méthode Kangourou reproduit les conditions naturelles du milieu intra-utérin dans lequel se développerait l'enfant s'il n'était pas né prématurément. Ses bienfaits sur le cerveau se maintiendraient au moins jusqu'à l'adolescence et peut-être même au-delà. »

Les deux chercheurs, qui sont également rattachés au Centre de recherche du CHU de Québec, auront l'occasion de faire la lumière sur cette question. Le gouvernement du Canada, par le biais de son programme Grands Défis Canada - Sauver les cerveaux, vient d'octroyer 1 M$ à leur équipe de recherche pour mesurer les retombées neurologiques, cognitives et psychosociales de la méthode Kangourou chez un groupe de 400 jeunes adultes de 18 à 20 ans nés prématurément.

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