[ Back to EurekAlert! ] Public release date: 21-Sep-2012
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University of Montreal

Retour possible de mystérieuses, anciennes formes de vie au Nunavut d'ici 2100

Les changements climatiques rehabiliteront un ecosysteme datant de 2,5 millions d'annees

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal et Toronto, le 21 septembre 2012. – Selon Alexandre Guertin-Pasquier du Département de géographie de l'Université de Montréal, les changements climatiques laissent envisager le retour possible d'une forêt ancienne récemment découverte dans le Grand Nord canadien. Il présente d'ailleurs les résultats de ses recherches au Congrès de paléontologie du Canada qui se tient à Toronto. « D'après les données obtenues, les conditions climatiques sur l'île Bylot seront probablement favorables d'ici quelques décennies à la croissance d'espèces d'arbres que l'on retrouve actuellement dans la forêt fossilisée comme le saule, le pin et l'épinette. J'ai également relevé des signes d'une présence possible du chêne et du noyer près du site d'étude de façon temporaire à la même période, soutient M. Guertin-Pasquier. Bien que la croissance d'une forêt prenne du temps, les résultats indiquent que nos petits-enfants seraient capables d'y planter un arbre et de le voir pousser. »

D'après des estimations fondées sur la présence d'espèces disparues et sur des analyses paléomagnétiques, la forêt fossilisée de l'île Bylot, au Nunavut, daterait de 2,6 à 3 millions d'années. L'analyse paléomagnétique consiste à étudier l'effet du champ magnétique terrestre sur les sédiments magnétiques contenus dans la roche. Tout comme une boussole, ces sédiments s'orientent vers les pôles magnétiques. Les scientifiques peuvent utiliser ces données pour dater la roche, car la chronologie du mouvement des pôles magnétiques est relativement bien documentée.

Des échantillons de bois de la forêt ancienne ont été préservés à travers les âges dans la tourbe et par le pergélisol. « En étudiant les sédiments de la forêt, nous avons découvert des grains de pollen habituellement trouvés dans les climats où la température annuelle moyenne est d'environ 0 °C », rapporte M. Guertin-Pasquier. La température moyenne actuelle est d'environ -15 °C sur l'île Bylot. Ces échantillons ont été prélevés par forage à un ou deux mètres de profondeur mais également manuellement, à l'aide de simples pelles. La rudesse de l'hiver arctique et l'isolement de la forêt rendent difficile l'étude scientifique de cette forêt. Même en été, M. Guertin-Pasquier et son équipe ont dû affronter des conditions extrêmes, notamment des vents de 80 km/h. « Nous nageons encore en plein mystère. Par exemple, comment les arbres ont-ils pu survivre à la noirceur continue de l'hiver arctique », s'interroge le chercheur. Il ajoute que les prochaines étapes de ses recherches pourraient comprendre une étude détaillée d'autres vestiges de plantes afin de brosser un portrait approfondi de la flore locale ancienne.

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Ces recherches ont été financées en partie par l'Étude du plateau continental polaire, par le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies (FQRNT) et par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG).



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