Public Release:  Articles marquants dans le Science du 12 octobre 2012

American Association for the Advancement of Science

Donner un prix à la protection de la biodiversité. Les financements pour protéger la biodiversité globale devront augmenter d'un ordre de grandeur si les États veulent remplir leurs obligations de protection de la nature pour 2010 concluent Donal MacCarthy et ses collègues dans un nouveau rapport. Réduire le risque d'extinction de toutes les espèces menacées va coûter jusqu'à 4,67 milliards de dollars par an. Ce sont des chiffres énormes mais il faut considérer que les fonds nécessaires au total représentent moins de 20 pour cent des dépenses annuelles globales en boissons non alcoolisées. C'est aussi un minuscule pourcentage, 1 à 4 pour cent, de la valeur totale des services rendus aux écosystèmes par ces espèces et leur habitat. Bien que les participants de la Convention sur la diversité biologique se soient mis d'accord sur des cibles stratégiques de protection à atteindre d'ici 2020, peu d'information a été fournie sur le coût que cela exigerait. Les chercheurs espèrent que ces nouveaux chiffres, estimés et extrapolés à partir de données recueillies pour les espèces d'oiseaux menacées, aideront les gouvernements à établir un plan financier pour atteindre leurs objectifs de 2020.

Article n°24 : « Financial Costs of Meeting Two Global Biodiversity Conservation Targets: Current Spending and Unmet Needs » par D.P. McCarthy, L.A. Bennun, L.D.C. Fishpool, A. Symes et S.H.M. Butchart de BirdLife International à Cambridge, Royaume-Uni. Pour une liste complète des auteurs, voir le manuscrit.


Les téléphones mobiles aident à suivre la transmission du paludisme au Kenya. Une nouvelle étude a fait appel aux données des mobiles pour mieux comprendre la propagation du paludisme, une maladie potentiellement mortelle disséminée par la piqûre de moustiques porteurs d'un parasite. Elle montre que les programmes pour maîtriser le paludisme dans une région peuvent avoir un impact crucial sur sa transmission dans les régions voisines. Amy Wesolowski et ses collègues ont estimé la localisation quotidienne d'environ cinq millions d'utilisateurs de mobiles au Kenya entre juin 2008 et 2009, cartographiant chaque appel ou texte fait par chaque personne à l'un des 11 920 relais téléphoniques du pays. Pour pouvoir utiliser ces données, les chercheurs les ont fait correspondre avec les prévalences estimées du paludisme et avec des informations sur la répartition des gens. Les chercheurs ont analysé dans quelles aires ou villes les relais se situaient, attribué à chaque personne un endroit primaire puis mesuré pour chacune ses voyages à partir de ce point.
Wesolowski et ses collègues ont combiné ces différentes strates de données avec un modèle mathématique simple de la transmission du paludisme pour estimer la probabilité que les gens soient porteurs du parasite ainsi que celle d'être piqué par un moustique infecté. Les chercheurs ont pu déterminer qu'un énorme volume du trafic humain se produit entre des régions autour de la capitale du pays, Nairobi. Cependant la plupart de ces mouvements n'avaient qu'un faible impact sur la transmission du paludisme parce la majorité des gens ne sont pas infectés. Ils ont aussi trouvé qu'une zone autour du lac Victoria, dans l'ouest du pays, est une région où beaucoup de parasites semblent être amenés. Ces résultats suggèrent que la réduction de la transmission autour du lac sera importante pour maîtriser et éliminer le paludisme du reste du pays.

Article n°18 : « Quantifying the Impact of Human Mobility on Malaria » par A. Wesolowski de l'Université Carnegie Mellon à Pittsburgh, PA ; N. Eagle et C.O. Buckee de l'Université Northeastern et de la Harvard School of Public Health à Boston, MA ; A.J. Tatem de l'Université de Floride à Gainesville, FL ; A.J. Tatem et D.L. Smith du Fogarty International Center, NIH à Bethesda, MD ; D.L. Smith de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health à Baltimore, MD ; A.M. Noor et R.W. Snow du KEMRI-Wellcome Trust-University of Oxford Collaborative Programme à Nairobi, Kenya, et de l'Université d'Oxford à Oxford, Royaume-Uni.


Un verre noir dans une nouvelle météorite martienne. L'été dernier, une météorite venant de Mars est tombée dans le désert marocain. Une nouvelle analyse de l'étude de la météorite par Hassan Chennaoui Aoudjehane et ses collègues montre que la roche a été expulsée de la surface de Mars il y a 700 000 ans. Les chercheurs y ont notamment trouvé beaucoup de verre noir qui pourrait contenir du sol martien. Tissint est la cinquième météorite martienne recueillie après une chute sur Terre. Sa chute a eu des témoins, contrairement aux quatre météorites précédentes et à celle trouvées ailleurs notamment en Antarctique, qui ont été découvertes bien après leur arrivée sur Terre et ont subi une plus grande exposition au milieu terrestre. Tissint est de toute fraîcheur, trouvée juste quelques mois après sa chute. La roche présente trois composantes distinctes issues de l'intérieur, de la surface et de l'atmosphère de Mars. Pour expliquer la nature composite de Tissint, les auteurs proposent que la roche a été délavée par des liquides présents à la surface de la planète rouge qui venaient du sol martien. Ces liquides se sont ensuite déposés dans les fissures et anfractuosités de la roche. Lors de l'impact de l'astéroïde ou d'un autre objet sur Mars qui a provoqué son éjection dans l'espace, une fusion a dû se produire dans les fentes de la roche. Cette fonte a alors pu produire selon les auteurs le verre noir et fait qu'il retient en son sein les signatures chimiques caractéristiques de la surface martienne.

Article n°20 : « Tissint Martian Meteorite: A Fresh Look at the Interior, Surface and Atmosphere of Mars » par H. Chennaoui Aoudjehane de l'Université Hassan II de Casablanca à Casablanca, Maroc. Pour une liste complète des auteurs, voir le manuscrit.


La révision de manuscrit utile pour les articles de revues scientifiques. Une nouvelle étude pourrait réconforter certains chercheurs en révélant le processus de la soumission et de la ressoumission que subissent les articles scientifiques avant d'être publiés. Vincent Calcagno et ses collègues ont examiné l'histoire de la soumission de plus de 80 000 articles publiés dans 932 revues couvrant 16 domaines de la biologie de 2006 à 2008. Ils ont demandé aux auteurs chargés de la correspondance si la revue qui publiait leur étude était la première à laquelle ils avaient soumis leur travail, et sinon quelle était la revue qu'ils avaient essayée auparavant. Munis de ces résultats, Calcagno et ses collègues ont construit un réseau de transfert des manuscrits entre les revues. Environ 75 pour cent des articles étaient publiés dès la première tentative, ce qui suggère que les auteurs sont en général efficaces pour cibler leur revue et limiter le risque de rejet. Les revues à fort impact, dont Science et Nature, attiraient préférentiellement les soumissions. Toutefois, et de manière surprenante, ces revues publiaient une plus grande proportion d'articles ressoumis après rejet ailleurs. Les auteurs ont aussi trouvé que les articles ressoumis étaient nettement plus cités par d'autres articles que ceux soumis une seule fois. Une explication probable à cela est que la contribution des éditeurs et des membres des comités de lecture ainsi que le temps supplémentaire passé pour travailler à faire une ressoumission améliorent significativement l'article final.

Article n°23 : « Flows of Research Manuscripts Among Scientific Journals Reveal Hidden Submission Patterns » par V. Calcagno de l'INRA, Institut Sophia Agrobiotech à Sophia-Antipolis, France ; V. Calcagno, E. Demoinet, K. Gollner, D. Ruths et C. de Mazancourt de l'Université McGill à Montréal, QC, Canada ; L. Guidi de l'Université de Hawaii, Honolulu à Honolulu, HI.

###

Disclaimer: AAAS and EurekAlert! are not responsible for the accuracy of news releases posted to EurekAlert! by contributing institutions or for the use of any information through the EurekAlert system.