Public Release:  Articles marquants dans le Science du 2 novembre 2012

American Association for the Advancement of Science

La prise de décision perturbée lorsque l'on est pauvre. « Quiconque a dû affronter la pauvreté sait combien il est extrêmement coûteux d'être pauvre » a écrit James Baldwin. Il évoquait le prix élevé des choses mais cette remarque pourrait aussi décrire le point de départ d'une étude de Anuj Shah et ses collègues à savoir que le pauvre se comporte souvent d'une manière qui rend encore plus difficile sa sortie de la pauvreté. Une raison cruciale à cela, montrent les auteurs, est que l'indigence agit sur la manière dont les gens se concentrent et prennent des décisions.
Les personnes à faibles revenus jouent souvent à des loteries, n'arrivent pas à être prises en charge par des programmes d'assistance, épargnent trop peu ou empruntent trop. Les spécialistes tendent à expliquer ce comportement par des facteurs environnementaux comme le logement, l'accès à des financements, ou à des traits de caractères des pauvres eux-mêmes. Shah et ses collègues suggèrent aussi une autre raison qui est que le fait d'avoir peu pousse les gens à se focaliser sur leurs problèmes immédiats et à négliger ceux qui sont moins urgents. Pour tester cette hypothèse, les chercheurs ont fait jouer des volontaires à une série de jeux du type de ceux présentés à la télé, ce qui leur procurait de l'argent ou leur apportait des occasions d'emprunter. Les joueurs les plus pauvres faisaient plus attention à leurs choix et y passaient plus de temps mais ce faisant se retrouvaient de plus en plus fatigués mentalement. Ces joueurs empruntaient plus aussi, notamment dans les moments où ils étaient particulièrement impliqués, ce qui était en définitive contreproductif. Les chercheurs en ont conclu que la personne pauvre épargne ou emprunte souvent pour des dépenses spécifiques, et ils proposent que les politiques et les programmes attirant l'attention des gens sur leurs besoins futurs devraient les aider à épargner. Ils remarquent aussi que leurs résultats pourraient s'appliquer aux personnes qui manquent d'autres ressources, comme du temps libre. Alix Peterson Zwane commente cette étude dans un article Perspective associé.

Article n°19 : « Some Consequences of Having Too Little » par A.K. Shah de l'University of Chicago Booth School of Business à Chicago, IL ; S. Mullainathan de l'Université de Harvard à Cambridge, MA ; E. Shafir de l'Université de Princeton à Princeton, NJ.

Article n°7 : « Implications of Scarcity » par A.P. Zwane de la Bill & Melinda Gates Foundation à Seattle, WA.


Capter la lumière des premières étoiles. Des chercheurs ont repéré la lumière des premières étoiles de l'Univers appelée fond de lumière diffuse extragalactique ou EBL. Ce résultat va aider à mieux comprendre la formation des étoiles et l'évolution des galaxies. L'EBL est un rayonnement du fond stellaire qui englobe tout dans l'espace et contient l'histoire de l'Univers. Les émissions proches de notre système solaire et de notre galaxie parasitent l'EBL et rendent sa détection difficile. Les scientifiques peuvent toutefois encore détecter l'ancienne lumière des étoiles dans le spectre des rayons gamma car les photons de ceux-ci interagissent avec l'EBL. Markus Ackermann et ses collègues rapportent une mesure de l'EBL fondée sur un signal spécifique observé dans le spectre combiné de galaxies distantes détecté par le télescope spatial Fermi à rayons gamma. L'étude définit des conditions pour la vitesse de formation des premières générations d'étoiles.

Article n°20 : « The Imprint of The Extragalactic Background Light in the Gamma-Ray Spectra of Blazars » par M. Ackermann du Deutsches Elektronen Synchrotron DESY à Zeuthen, Allemagne. Pour une liste complète des auteurs, voir le manuscrit.


Une nouvelle chronologie pour la formation des premiers objets solides du système solaire. Les premiers solides à se former dans notre système solaire, les inclusions riches en calcium et en aluminium (CAI) et les chondres, tout deux retrouvées dans les météorites, ont commencé à se former au même moment, il y a environ 4,567 milliards d'années selon une nouvelle étude. De précédents travaux avaient indiqué que les chondres n'avaient commencé à se former que un ou deux milliards d'années après les CAI, ce qui suggérait qu'il y avait eu deux mécanismes séparés ou sources de chaleur dans les deux cas. Pourtant, James Connelly et ses collègues ont réussi en utilisant des mesures avec des isotopes de l'uranium et du plomb à trouver que les chondres se sont formées en même temps que les CAI au cours d'un processus qui a pris environ trois millions d'années alors que celui des CAI fut bien plus court. Comme cette nouvelle chronologie est comparable à celle observée pour les disques solaires et proto-planétaires éloignés, les chercheurs proposent que les processus à l'origine des chondres et des CAI dans notre système solaire ne sont pas si uniques après tout.

Article n°14 : « The Absolute Chronology and Thermal Processing of Solids in the Solar Protoplanetary Disk » par J.N. Connelly, M. Bizzarro, A.N. Krot, D. Wielandt et A. Nordlund de l'Université de Copenhague à Copenhague, Danemark ; A.N. Krot de l'Université de Hawai'i à Manoa à Manoa, HI ; M.A. Ivanova du Vernadsky Institute of Geochemistry and Analytical Chemistry à Moscou, Russie.


Un variant génétique humain modifie la croissance tumorale chez la souris. Le changement d'une seule « lettre » de l'ADN, une mutation située près du gène du cancer MYC, joue un rôle causal dans les cancers humains selon une nouvelle étude faite chez la souris. Des études d'association sur génome entier chez l'homme ont identifié de multiples changements de ces lettres de l'ADN, appelés SNP, qui peuvent augmenter le risque pour une personne de développer des maladies courantes comme un cancer. La plupart de ces SNP n'ont qu'un modeste effet sur le risque et se trouvent en dehors de la séquence codant pour la protéine, ce qui a rendu plus difficile la confirmation de leur rôle dans les maladies. Inderpreet Kaur Sur et ses collègues en Suède et en Finlande ont utilisé un modèle de souris pour étudier l'effet d'un SNP particulier qui réside dans une supposée séquence régulatrice près de l'oncogène MYC sur le chromosome humain 8q24 et qui a été liée à un risque de cancer chez l'homme. Lorsqu'une séquence comprenant ce SNP a été supprimée chez des souris qui étaient prédisposées à développer des tumeurs intestinales, les souris ont développé moins de tumeurs que celles prises comme contrôle. Il s'avère ainsi que ce SNP contribue au cancer chez l'homme en modifiant la régulation du gène MYC.

Article n°22 : « Mice Lacking a Myc Enhancer Element that Includes Human SNP rs6983267 Are Resistant to Intestinal Tumors » par I.K. Sur, A. Vähärautio, J. Yan, M. Enge, M. Taipale et J. Taipale de l'Institut Karolinska à Hagalund, Suède ; I.K. Sur du Karolinska University Hospital à Hagalund, Suède ; O. Hallikas, A. Vähärautio, M. Turunen, M. Taipale, A. Karhu, L.A. Aaltonen et J. Taipale de l'Université de Helsinki à Helsinki, Finlande.

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