[ Back to EurekAlert! ] Public release date: 16-Jan-2013
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Concordia University

Grandir bilingue

Selon une étude de Concordia, un milieu bilingue influe sur le vocabulaire des tout-petits

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 16 janvier 2013 – Un mélange de langues – soit l'utilisation dans une même phrase d'éléments provenant de deux idiomes – survient souvent chez les parents bilingues et provoque, chez leurs enfants âgés de un à deux ans, un amenuisement du vocabulaire, selon une nouvelle étude de Krista Byers-Heinlein, professeure de psychologie à l'Université Concordia. Toutefois, cet effet ne dure guère. En fait, les autres avantages cognitifs que procure l'éducation dans un milieu bilingue le contrebalancent la plupart du temps.

De nos jours, l'immigration et la mobilité internationale sont des réalités de plus en plus fréquentes. Par suite, le contact précoce avec plusieurs langues s'impose actuellement comme norme pour de nombreux enfants canadiens.

Cela dit, la fréquence à laquelle des parents passent d'un idiome à l'autre lorsqu'ils s'adressent à leur progéniture est mal documentée. Il en va de même de l'influence d'un contexte multilingue sur l'étendue du vocabulaire.

Pour mener son étude, la Pre Byers-Heinlein, qui est aussi directrice du Laboratoire de recherche sur l'enfance de Concordia et membre du Centre de recherche en développement humain, s'est rendue à Vancouver pour collaborer avec Janet Werker au Centre d'études sur le enfants. La chercheuse a recruté 181 parents bilingues – l'une des langues étant l'anglais. Elle s'est alors penchée sur la fréquence à laquelle ils amalgamaient les idiomes dans leurs conversations avec leurs tout-petits et les situations dans lesquelles ils le faisaient. L'âge des enfants participant à la recherche variait de un à deux ans. Élevés dans un foyer bilingue ou trilingue, ces derniers avaient régulièrement entendu parler anglais ainsi qu'une deuxième, voire troisième, langue depuis leur naissance.

Plutôt que d'être un phénomène rare, les résultats ont montré que le mélange de langues était commun dans les interactions entre les parents bilingues et leurs enfants. En effet, 90 % des parents ont déclaré qu'ils mélangeaient les langues dans leurs interactions avec leurs enfants. Cependant, les parents n'ont pas mélangé leurs langues au hasard : ils utilisaient des mots d'emprunt quand aucune traduction ne semblait adéquate, le sens d'un terme leur échappait ou la prononciation posait problème. Ainsi, les parents bilingues pourraient utiliser le mélange des langues comme stratégie pour s'assurer que leurs enfants apprennent des mots également dans les deux langues.

Ensuite, Mme Byers-Heinlein s'est intéressée aux 168 enfants des parents participant à son étude. Si les petits assimilaient tous l'anglais, leur seconde langue était des plus diverses : français ou allemand, japonais ou farsi, etc. Dans cette optique, la chercheuse a concentré ses efforts sur l'étendue du vocabulaire anglais des sujets.

Résultat : le contact avec l'amalgame linguistique de leurs parents laisse présager, chez les enfants les plus jeunes, un vocabulaire de compréhension (soit les termes qu'ils comprennent aisément) considérablement moins étendu et, chez les plus vieux, un vocabulaire de production (soit les mots qu'ils prononcent facilement) à peine plus restreint. En outre, le lexique des tout-petits âgés de deux ans ayant davantage de contacts avec l'anglais ou pratiquant cette langue et une autre dans la même proportion est beaucoup plus riche.

Pour expliquer ce fait, Mme Byers-Heinlein affirme que « les enfants exposés pour ainsi dire journellement à un mélange d'idiomes seraient susceptibles d'éprouver plus de difficulté à déceler les modèles de segmentation et de catégorisation des mots. Il pourrait en découler un apprentissage moins rapide de la langue et, partant, un vocabulaire limité. Du reste, il est peut-être plus ardu d'assimiler un mot à partir d'une phrase combinant plusieurs langues que dans un cadre unilingue. »

Soulignons cependant que les enfants éduqués dans un foyer bilingue ne sont aucunement désavantagés. À ce sujet, la chercheuse lance la mise en garde suivante : « Même si le contact avec un mélange de langues peut nuire initialement à l'acquisition du lexique, il s'accompagne probablement d'avantages à long terme. »

« Des études comparatives sur des enfants unilingues et bilingues montrent que les seconds se révèlent plus doués pour passer d'une stratégie à l'autre et plus aptes à apprendre simultanément les rudiments de deux langues, précise-t-elle. Les tout-petits mis fréquemment en contact avec un mélange de langues pourraient donc développer des stratégies leur permettant de répondre précisément à un tel apport. Par voie de conséquence, les avantages cognitifs compenseraient les difficultés, quelles qu'elles soient, qu'entraîne tout amalgame linguistique. »

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Liens connexes :
Département de psychologie de l'Université Concordia
Centre de recherche en développement humain
Profil de Krista Byers-Heinlein sur le site research@concordia
Laboratoire de recherche sur l'enfance de Concordia

Source :
Cléa Desjardins
Conseillère principal, relations avec les médias
Service de communications de l'Université Concordia
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Téléphone : 514 848-2424, ext. 5068
Courriel : clea.desjardins@concordia.ca
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