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PUBLIC RELEASE DATE:
19-Feb-2013

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Contact: William Raillant-Clark
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514-343-7593
University of Montreal
@uMontreal_news

La plupart des propriétaires ignorent que le comportement de leur chat s'explique par cette affection douloureuse

Ce communiqué est disponible en anglais.

MONTRÉAL, le 19 février 2013 - Des chercheurs du Groupe de recherche en pharmacologie animale du Québec de l'Université de Montréal ont trouvé une façon de diagnostiquer et de traiter l'arthrose chez les chats. Difficile à reconnaître par le propriétaire, cette affection peut rendre même les caresses douloureuses. « Chez les chats, l'arthrose touche fréquemment les coudes, le dos, les hanches et les articulations des pattes arrière. Sa prévalence augmente grandement avec l'âge. Plus de 80 % des chats de plus de 11 ans en sont atteints », explique l'auteur « senior » Dr. Éric Troncy, de la Faculté de médecine vétérinaire de l'université. Même si le chat est l'animal de compagnie le plus populaire en Amérique du Nord, personne n'avait trouvé une façon simple de diagnostiquer et de traiter les chats arthrosiques. « Nous avons puisé dans nos connaissances du comportement félin et collaboré avec des spécialistes de l'arthrose chez l'humain pour élaborer un outil de diagnostic et mettre à l'essai un médicament efficace : le méloxicam. » L'arthrose cause une douleur chronique pouvant mener à une diminution de l'activité quotidienne du chat, une réticence à sauter et d'autres comportements observables par les propriétaires.

Les chercheurs ont étudié 120 chats et découvert que 39 d'entre eux souffraient d'arthrose. Ils ont établi une grille d'évaluation visant à mesurer la douleur des chats. Pour ce faire, ils ont effectué une analyse cinétique de leur démarche, qui a révélé une déficience de leurs membres, et mesuré leur activité quotidienne à l'aide d'un accéléromètre. Ils ont aussi observé leur degré de sensibilité au toucher en déterminant quelle force menait les chats à retirer leur patte.

Après avoir normalisé leurs outils d'évaluation, les chercheurs se sont penchés sur le traitement. Pendant 74 jours, un groupe témoin a reçu un placebo alors que différentes doses de méloxicam ont été administrées aux autres chats. Le méloxicam est un anti-inflammatoire déjà utilisé pour traiter d'autres animaux. « Notre étude a démontré que l'administration quotidienne de méloxicam par voie orale pendant quatre semaines permet de réduire la douleur à différents degrés, selon la quantité de médicament prise par le chat. Les chats qui ont reçu la dose la plus élevée ont profité d'une réduction de la douleur pendant cinq semaines après la fin de la médication. Aucun chat n'a montré d'effets secondaires », précise le professeur Troncy. Sans surprise, le médicament ne semble malheureusement pas réduire la douleur associée au toucher, comme les caresses. La situation est identique à celle des personnes arthrosiques hypersensibles qui sont soignées au moyen de médicaments anti-inflammatoires.

Les conclusions de cette étude présentent une grande variété de possibilités d'application. « La fréquence de l'hypersensibilité au toucher au sein de notre échantillon de chats arthrosiques, soit 30 %, est très similaire à ce qui est observé chez les humains atteints d'arthrose. Dans le domaine de la recherche et du développement en matière de douleur, nous avons ardemment cherché des modèles expérimentaux translationnels confirmés. Ils pouvaient se trouver sous nos yeux, comme nous étudions les maladies naturelles chez les animaux de compagnie », raconte le professeur Troncy.

Les chats ont néanmoins pu retrouver une vie normale. « La douleur chronique non atténuée cause des limitations fonctionnelles en plus de contribuer à l'apparition de troubles du comportement et à la perte du lien entre l'animal et son propriétaire, ce qui peut mener à l'euthanasie ou à l'abandon du chat, souligne Dr. Troncy. L'établissement d'un protocole thérapeutique adapté visant à traiter de façon appropriée la douleur chronique associée à l'arthrose procurera une meilleure qualité de vie aux chats âgés et, par le fait même, aura un effet direct sur les propriétaires, comme leur chat sera plus actif et sociable. » Les chercheurs se pencheront maintenant sur l'imagerie fonctionnelle du cerveau et l'électro-encéphalographie pour mieux comprendre la douleur chez les chats, plus particulièrement en ce qui concerne le processus hypersensible neurophysiologique. L'utilisation du méloxicam chez les chats sera évaluée par l'Agence européenne des médicaments en avril 2013.

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À propos de cette étude

Cette recherche a bénéficié du financement de la Fondation canadienne pour l'innovation, du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, des Instituts de recherche en santé du Canada, du Fonds de recherche du Québec-Santé et de la Morris Animal Foundation ainsi que d'un partenariat avec l'industrie pharmaceutique en santé animale (Boehringer Ingelheim Vetmedica, inc.). Elle est le résultat d'une précieuse collaboration entre le Groupe de recherche en pharmacologie animale du Québec (GREPAQ) et le Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) - axe maladies musculosquelettiques. Les études ont été publiées dans Research in Veterinary Science le 13 février 2013 (Moreau M, et al. http://dx.doi.org/10.1016/j.rvsc.2013.01.020 Kinetic peak vertical force measurement in cats afflicted by coxarthritis: Data management and acquisition protocols) et dans le Veterinary Journal le 14 février 2013 (Guillot M, et al. http://dx.doi.org/10.1016/j.tvjl.2013.01.009 Characterization of osteoarthritis in cats and meloxicam efficacy using objective chronic pain evaluation tools).



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