[ Back to EurekAlert! ] Public release date: 22-Mar-2013
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Concordia University

Tout repose en fait sur le résultat net

Une nouvelle etude de Concordia etablit une correlation entre le retraitement des etats financiers et la gouvernance d'entreprise

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 22 mars 2013 – Il n'est certes pas aisé d'évaluer la santé financière d'une entreprise. Cela dit, une recherche menée à l'École de gestion John-Molson de l'Université Concordia (JMSB) et parue récemment dans la revue spécialisée Journal of Corporate Finance montre que révision des résultats antérieurs et piètre gestion vont souvent de pair.

« De nombreux facteurs, notamment l'erreur comptable, l'omission et la fraude, peuvent être à l'origine d'un retraitement des états financiers », explique le professeur Lawrence Kryzanowski, titulaire de la Chaire de finance Ned Goodman au Département de finance à JMSB et coauteur de l'étude avec la chercheuse Ying Zhang de l'Université du Manitoba. « Si la publication d'états financiers décevants risque de nuire aux attentes à l'égard d'une entreprise, de sa direction ou de sa gouvernance, il peut s'ensuivre une baisse du prix de son action, voire dans certains cas l'effondrement pur et simple de l'organisation. »

L'étude aura des répercussions non seulement chez les investisseurs, mais également chez d'autres intervenants. En effet, l'exploitation efficace d'une entreprise dépend de la qualité de sa gouvernance, notamment le rendement de ses superviseurs (gestionnaires, directeurs et vérificateurs) ainsi que la protection et la maximisation des intérêts des actionnaires et d'autres intéressés comme ses retraités et ses employés.

Dans le cadre de leurs travaux, les deux chercheurs ont comparé les pratiques de gouvernance de 127 sociétés canadiennes ayant déclaré avoir retraité leurs états financiers et d'un nombre égal d'entreprises – triées sur le volet – n'ayant pas procédé de la sorte, et ce, sur une période de neuf ans. « Nous avons découvert, relate le Pr Kryzanowski, que les entreprises se différenciaient selon le groupe auquel elles appartenaient. Il y avait des écarts sur le plan de la croissance, de l'appropriation, du nombre de directeurs indépendants et du prestige des vérificateurs. »

Les deux chercheurs ont établi que, selon toute probabilité, les sociétés qui recourent au retraitement maintiennent par ailleurs un taux de croissance plus élevé. Par contre, elles sont susceptibles de connaître des problèmes de représentation, d'afficher un degré moindre de surveillance indépendante et de recruter moins de vérificateurs prestigieux.

Les chercheurs se sont aussi penchés sur l'« après-retraitement » : comment les entreprises s'adaptent-elles ? modifient-elles leur gouvernance ? Il appert que les sociétés qui font appel au retraitement sont plus portées à remplacer leur président, chef de la direction, directeur financier ou vérificateur externe. De même, elles ont une propension à augmenter le nombre et la proportion des membres de leur comité de vérification ainsi que de leurs directeurs indépendants.

« Quand de telles entreprises apportent des changements aux équipes de direction et de vérification externe qui étaient en place avant le retraitement de leurs états financiers, elles révèlent en quelque sorte qu'elles abordent des problèmes de représentation à l'interne. Dans ce qui semble être une tentative de redorer leur image de marque, elles tentent d'imiter les pratiques de gouvernance de sociétés qui ne retraitent pas leurs états financiers », conclut M. Kryzanowski.

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Partenaires de recherche : L'Autorité des marchés financiers, la chaire de recherche principale de l'Université Concordia en finance, l'Institut de finance mathématique de Montréal et le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada ont participé au financement de la présente étude.

À propos de l'étude : L'article « Financial restatements and Sarbanes–Oxley: Impact on Canadian firm governance and management turnover » a été rédigé par Lawrence Kryzanowski de l'Université Concordia et Ying Zhang de l'Université du Manitoba.



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