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Public release date: 2-Apr-2013

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Contact: Isabelle Malbœuf
Isabelle.malboeuf@muhc.mcgill.ca
514-843-1560
McGill University Health Centre

Auto-dépistage du VIH : la clé pour contrôler l'épidémie mondiale

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 3 avril 2013. - Une nouvelle étude internationale confirme que l'auto-dépistage du VIH est efficace et pourrait être la clé pour contrôler l'épidémie mondiale. Cette revue systématique majeure, menée par l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM), montre que l'auto-dépistage du VIH* dissipe de façon importante la peur et la stigmatisation associées au dépistage de cette maladie. L'étude, publiée dans PLOS Medicine, est la première en son genre et pourrait ouvrir la voie à la détection et au traitement précoces partout dans le monde, réduisant ainsi le risque de transmission.

« Trente ans après le début de l'épidémie de VIH, il n'y a toujours aucun vaccin en vue. L'efficacité du traitement en tant que stratégie de prévention a été prouvée, mais la mise en place du dépistage du VIH semble être limitée par la stigmatisation et la discrimination autour du VIH », affirme la Dre Nikita Pant Pai, auteur principal de l'étude, et chercheuse à l'IR-CUSM et professeure adjointe au Département de médecine de l'Université McGill.

Selon ONUSIDA*, 50 pour cent des gens qui vivent avec le VIH dans le monde ignorent qu'ils sont porteurs de la maladie, et environ 2,5 millions de personnes sont infectées chaque année. La Dre Pant Pai croit fermement que l'accès à l'auto-dépistage du VIH, de pair avec des services d'assistance accélérés, contribuera à diminuer les jugements et fausses croyances entourant le dépistage du VIH et à ralentir la progression de la maladie.

L'auto-dépistage peut s'effectuer au domicile, au moyen d'un échantillon de liquide oral pris sur le rebord de la gencive. C'est un test non invasif, pratique et qui garantit la confidentialité tout en donnant des résultats dans un délai de 20 minutes. Les résultats sont interprétés par l'utilisateur; toutefois, si le résultat est positif, il doit être confirmé dans une clinique.

L'auto-dépistage du VIH connaît un grand élan à l'échelle mondiale et plusieurs pays et systèmes de santé préconisent son utilisation. À cet égard, plusieurs études ont été menées dans le but d'identifier quels sont les meilleurs moyens d'offrir l'auto-dépistage, de pair avec des services d'assistances et de référence, dans divers milieux en Afrique, en Amérique-du-Nord et en Europe. La Dre Pant Pai et ses collègues ont décidé de se pencher sur les données probantes mondiales sur les stratégies d'auto-dépistage tenant compte de l'acceptabilité, la faisabilité et l'exactitude, ainsi que le succès en lien avec les soins.

Ils ont passé sous la loupe 21 études mondiales et ont identifié que deux stratégies d'auto-dépistage distinctes avaient été considérées : l'auto-dépistage supervisé (auto-dépistage et assistance facilité par un professionnel de la santé) et l'auto-dépistage non supervisé (auto-dépistage effectué sans aide, mais avec une assistance offerte au téléphone ou par Internet). La majorité des données provenaient d'études réalisées dans des milieux à revenus élevés, notamment aux États-Unis, au Canada, en Espagne et aux Pays-Bas, de même qu'au Kenya, à Singapour, au Malawi et en Inde.

Dans les différentes études, les chercheurs ont observé que l'acceptabilité (définie comme étant le nombre de personnes ayant effectué un auto-dépistage, divisé par le nombre de personnes ayant consenti à le faire) était très élevée pour chacune des deux stratégies d'auto-dépistage. Ils ont également trouvé que les personnes préféraient l'auto-dépistage, par rapport au dépistage en clinique, de même que l'auto-dépistage oral, par rapport à l'auto-dépistage sanguin.

« La préférence était en grande partie due au fait que l'auto-dépistage avec le test oral est non invasif et pratique, et que le prélèvement est facile à faire. En effet, il n'est pas nécessaire d'avoir recours à une piqûre au bout du doigt ou à une prise de sang pour effectuer un dépistage », explique la Dre Pant Pai. « Beaucoup de personnes souhaitaient même rapporter la trousse d'auto-dépistage oral à la maison pour pouvoir également tester leur partenaire! »

« Le Canada possède une ressource inépuisable de talents aux idées audacieuses qui peuvent avoir un grand impact dans le monde en développement », ajoute le Dr Peter A. Singer, chef de la direction de Grands Défis Canada. « Grands Défis Canada est fier d'appuyer des pionniers comme la Dre Pant Pai, car ils feront une différence dans de nombreuses vies. »

La Dre Pant Pai et ses collègues recommandent vivement à tous les décideurs politiques de consulter les résultats prouvés sur l'auto-dépistage supervisé et non supervisé, et de réfléchir aux meilleures façons de mettre ces stratégies en place dans leur pays. « En tant que société, nous avons fait énormément de progrès en matière d'outils biomédicaux, de médicaments et de stratégies, mais nous n'avons pas réussi à vaincre la discrimination et la stigmatisation associées au VIH. Le moment est donc venu d'offrir aux patients des stratégies sur mesure qui conviennent à leurs besoins et leurs habitudes de vie, en vue d'étendre l'accès. »

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* Virus de l'immunodéficience humaine (VIH)
* Rapport 2012 de l'ONUSIDA sur l'épidémie mondiale

Au sujet de l'étude

Cette étude a été financée par une subvention des Grands Défis Canada. Le projet de la Dre Pant Pai est financé par le prix Les Étoiles en santé mondiale de Grands Défis Canada, dont les fonds proviennent du gouvernement du Canada

L'étude intitulée « Supervised and Unsupervised Self-Testing for HIV in High- and Low-Risk Populations: A Systematic Review » a été coécrite par Nitika Pant Pai (départements d'épidémiologie clinique et de médecine, IR-CUSM/McGill, Montreal, Canada); Sushmita Shivkumar, Sabrina Pillay, Caroline Vadnais (département d'épidémiologie clinique, IR-MUHC, Montréal, Canada); Jigyasa Sharma et Lawrence Joseph (département d'épidémiologie, de biostatistiques et de santé au travail, McGill, Montréal, Canada); Keertan Dheda (UCT Lung Institute, département de médecine et Institut des maladies infectieuses et de médecine moléculaire, Université de Cape Town, Afrique du Sud); et Rosanna Peeling (School of Hygiene and Tropical Medicine de Londres, R.-U).

Une fois, l'embargo levé, cliquez sur le lien ci-dessous pour accéder à l'étude : http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1001414

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