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Public release date: 21-May-2013

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Des comportements agressifs seraient liés à la fumée secondaire

Une étude novatrice tient compte du tabagisme pendant la grossesse et des comportements antisociaux des parents

Ce communiqué est disponible en anglais.

MONTRÉAL et LONDRES, le 21 mai 2013 - Les enfants exposés en bas âge à la fumée secondaire sont plus susceptibles de devenir physiquement agressifs et antisociaux, indépendamment du fait qu'ils aient été exposés au tabagisme pendant la grossesse ou que leurs parents aient un historique de comportements antisociaux, selon Linda Pagani et Caroline Fitzpatrick, de l'Université de Montréal et de son hôpital affilié, le CHU Sainte-Justine. Aucune étude à ce jour n'avait pris en compte ces facteurs. « La fumée secondaire est en fait plus dangereuse que la fumée directement inhalée par le fumeur, et 40 % des enfants dans le monde entier y sont exposés. En outre, l'exposition à cette fumée pendant la petite enfance est particulièrement dangereuse, car le cerveau de l'enfant est alors en plein développement , indique la Dr Pagani. J'ai examiné des données recueillies sur environ 2 055 enfants, entre la naissance et l'âge de dix ans, comprenant des indications des parents sur l'exposition à la fumée secondaire et des observations des enseignants et des enfants eux-mêmes sur leur comportement en classe. Les enfants qui avaient été exposés à la fumée secondaire, même temporairement, étaient beaucoup plus susceptibles de se décrire comme plus agressifs en fin de quatrième année. » L'étude a été publiée dans le Journal of Epidemiology and Community Health le 21 mai 2013.

Puisqu'il n'était pas question d'exposer délibérément des enfants à la fumée secondaire, la professeure Pagani s'est fondée sur des données longitudinales recueillies annuellement, à partir de la naissance, par l'Institut des Statistiques du Quebec. Comme les parents élevaient leurs enfants tout en participant à l'étude, ces données ont servi d'expérimentation naturelle des variations dans la population infantile de l'exposition au tabagisme à la maison pendant la petite enfance. Bien qu'aucun lien direct de causalité ne soit démontré, la corrélation statistique laisse penser que l'exposition à la fumée secondaire permet de prédire des comportements déviants plus tard dans l'enfance. L'information très détaillée colligée dans le cadre de l'Étude longitudinale du développement des enfants du Québec a permis à la professeure Pagani d'en arriver à un résultat jamais obtenu auparavant par d'autres chercheurs : distinguer la contribution unique de l'exposition à la fumée secondaire sur les comportements déviants ultérieurs chez les enfants. « Généralement, dans les études précédentes sur des groupes d'enfants, on demandait périodiquement aux mères si elles fumaient ou non, et combien, plutôt que de demander si quelqu'un fumait dans la maison où les jeunes enfants passent leurs journées, indique la professeure Pagani. En outre, peu d'études ont tenu compte des comportements antisociaux chez les parents, et elles ont été encore plus rares à étudier l'influence subséquente à long terme d'une exposition prolongée à la fumée secondaire. Par ailleurs, aucune n'a pris en compte le fait que les familles défavorisées sont moins susceptibles de participer à une étude à long terme comme celle-ci, ce qui fausse évidemment les statistiques. »

Les statistiques de l'étude sont corroborées par d'autres études biologiques sur les effets de la fumée sur le cerveau. La fumée secondaire est composée à 15 % par la fumée inhalée puis exhalée par le fumeur, et à 85 % par la fumée qui s'envole de la cigarette. Cette dernière est jugée plus toxique, car elle contient une plus grande concentration de nombreux polluants et est respirée sur une période plus longue. « Nous savons que le manque d'oxygène dans le système nerveux central du fœtus, causé par l'exposition de la mère à la fumée, peut ralentir la croissance du cerveau chez le fœtus et entraîner un faible poids à la naissance , explique la professeure Pagani. La présence de fumée de tabac dans l'environnement représente la cause la plus évitable de maladies et d'invalidité chez l'enfant. Cette étude laisse penser que la période postnatale est importante pour la prévention des troubles de comportement chez l'enfant, et ses conclusions militent en faveur de la promotion d'un environnement non pollué à la maison pour les enfants. »

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Linda Pagani

Linda Pagani est professeure à l'École de psychoéducation de l'Université de Montréal, chercheure au Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine et membre du Groupe de recherche sur les environnements scolaires du Fonds de recherche du Québec - Société et culture.



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