Public Release:  Rompre le silence sur le suicide

Une chercheuse de Concordia utilise l'art pour illustrer les effets transculturels du suicide

Concordia University

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 6 mai 2013 - Il y a un peu plus d'un mois, une jeune étudiante d'Halifax s'est suicidée après la diffusion des photos de son viol sur Internet. Loin de se limiter au cadre de l'intimidation, cette histoire met également en lumière les sentiments complexes que la décision de l'adolescente de s'enlever la vie a soulevés chez ses amis et les membres de sa famille.

Une telle réaction est commune à bien des cultures dans le monde. Selon une nouvelle étude menée à l'Université Concordia, peu importe le milieu où le suicide frappe, un voile de honte et un sentiment d'interdit l'entourent. Cette attitude oblige souvent les proches touchés par le suicide à vivre leur deuil dans la solitude et provoque des sentiments d'impuissance et de désespoir.

Yehudit Silverman, professeure au Département de thérapies par les arts de l'Université Concordia, a consacré une grande partie de sa carrière à la question du suicide. Scénariste et directrice d'un film sur la face cachée du suicide (The Hidden Face of Suicide), elle vient de publier dans la revue à comité de lecture The Arts in Psychotherapy ses récentes conclusions sur les aspects communs du suicide dans différentes cultures.

Coécrit avec l'art-thérapeute Fiona Smith et la thérapeute par l'art dramatique Mary Burns, l'article décrit comment les arts peuvent contribuer à établir un dialogue entre des personnes de diverses communautés culturelles touchées par le suicide, pour qu'elles puissent commencer à guérir et retrouver l'espoir. Selon la Pre Silverman : « Quand un sujet est tabou, il est important de trouver d'autres véhicules que les mots pour exprimer des sentiments. Les arts peuvent être un moyen puissant de traduire l'inexprimable et de briser le silence et les préjugés qui entourent encore le suicide ».

Yehudit Silverman a tiré ses conclusions dans le cadre d'un symposium novateur tenu à Montréal en juin 2010, qui réunissait des représentants de diverses communautés : inuit, mohawk, juive, chrétienne, bahá'íe, sud-asiatique du Canada, aînés et LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels et trans). Au début du symposium, les membres de chaque groupe ont illustré la façon de voir le suicide dans leur communauté, par une présentation non verbale. Grâce à ces présentations éloquentes, les participants ont pu constater les différences et les similitudes dans la façon dont chaque culture voit le suicide.

Les participants ont travaillé dans des groupes transculturels organisés selon les thèmes et les identités qui illustraient le mieux leur propre expérience du suicide. Ils ont ensuite exploré les points de vue et sentiments qui les ont menés au symposium. Tout le travail s'est fait à travers l'expression artistique créative de chaque groupe.

Un groupe a construit un tipi orné d'un masque blanc dont la base représentait des larmes. Un bol d'eau a été placé devant la structure, entouré de bougies et de branches de cèdre, et des plumes déposées au centre représentaient des victimes du suicide. Selon un participant : « Nous voulions créer un rituel et un espace sûr favorables à la sensibilisation au suicide, une cérémonie propice à créer l'ouverture, l'échange et un lien avec la Terre ». Un autre projet consistait à créer des bannières composées de textes, de couleurs, d'images et d'objets pour traduire les thèmes et sentiments émergeant chez les participants.

À partir des exercices faits tout au long du symposium, les chercheurs ont cerné les thèmes transculturels du suicide qui se dégageaient des discussions et des œuvres d'expression créatrice des participants. Il y avait entre autres le suicide en tant que tabou, la dissimulation et l'isolation, l'impact multigénérationnel, l'observation d'autrui et l'observation par autrui. Comme le fait remarquer la Pre Silverman : « Pour la première fois, les participants ont pris conscience que le tabou du suicide touche chaque culture, chaque communauté, chaque classe et chaque condition sociale. »

Le projet est une réussite sur deux plans : le recours à l'art pour mieux sensibiliser au suicide et le choix de thèmes qui transcendent les frontières culturelles. Selon la Pr. Silverman : « Une nouvelle méthode capable de faire émerger les sentiments complexes liés au suicide se dégage de nos conclusions. En montrant l'interconnexion des différentes communautés et cultures à travers le problème du suicide, nous pouvons contribuer à amorcer la guérison - et à briser le silence. »

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Département de thérapies par les arts de l'Université Concordia

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Site Web de Yehudit Silverman

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