Public Release:  Se préparer au prochain mégaséisme

Des scientifiques canadiens appliquent de nouvelles méthodes pour mieux comprendre les séismes de la côte du Pacifique

Canadian Science Publishing (NRC Research Press)

Ce communiqué est disponible en anglais.

Il est très important, non seulement pour les scientifiques, mais aussi pour les planificateurs du gouvernement et le public en général, de comprendre la taille et la fréquence des séismes majeurs qui surviennent le long de la côte du Pacifique de l'Amérique du Nord. La seule façon de prévoir la fréquence et l'intensité des mouvements du sol attribuables à des séismes majeurs et à des « mégaséismes » le long de la côte ouest du Canada est d'analyser le profil géologique. Une nouvelle étude publiée aujourd'hui dans la Revue canadienne des sciences de la Terre présente un premier profil exceptionnellement bien daté de l'histoire sismique de la côte sud de la Colombie Britannique. Au moyen d'un nouveau modèle d'âge à haute résolution, un groupe de scientifiques a déterminé et daté méticuleusement les couches sédimentaires perturbées dans une carotte de sédiments marins de 40 mètres prélevée dans l'Effingham Inlet. Les perturbations semblent avoir été causées par des séismes majeurs et des mégaséismes survenus au cours des 11 000 dernières années.

« Certains fjords côtiers de la Colombie-Britannique accumulent chaque année des couches de sédiments organiques qui remontent à la période de déglaciation », explique Mme Audrey Dallimore, coauteure de l'étude et professeure agrégée à l'Université Royal Roads. « Dans l'Effingham Inlet, sur la côte ouest de l'île de Vancouver, ces sédiments révèlent des perturbations que nous interprétons comme attribuables à des séismes. Grâce à notre modèle d'âge très détaillé qui compte 68 dates au carbone-14 et à la sédimentation des cendres Mazama (éruption volcanique survenue il y a 6800 ans), nous avons dénombré 22 séismes survenus au cours des 11 000 dernières années, permettant d'estimer à environ 500 ans l'intervalle de récurrence des séismes majeurs et des mégaséismes. Toutefois, il semble que le temps écoulé entre des séismes majeurs puisse s'étirer pour atteindre environ 1000 ans. »

« Le dernier mégaséisme provenant de la zone de subduction de Cascadia remonte à 1700 A.D. Par conséquent, nous sommes actuellement dans la zone de risque d'un autre séisme. Même si ce séisme survenait demain ou peut-être même dans des centaines d'années, des études paléosismiques comme celle-ci peuvent nous aider à comprendre la nature et la fréquence de la rupture le long de la zone de subduction de Cascadia, et aider les collectivités côtières du Canada à améliorer leurs évaluations des dangers et leurs plans d'urgence. »

« Cette étude paléosismique exceptionnellement bien datée d'Enkin et coll. a nécessité la mise sur pied d'une équipe multidisciplinaire de scientifiques provenant d'universités canadiennes et du gouvernement fédéral et un noyau issu de la campagne Marges Ouest Nord-Américaines (MONA) du programme de forage international de 2002 », affirme M. Olav Lian, membre du Comité de rédaction de la Revue canadienne des sciences de la Terre, professeur à l'Université Fraser Valley et directeur du laboratoire de datation par luminescence de cette université. « Cette étude nous donne un premier aperçu du passé de l'intervalle de récurrence des séismes majeurs et des mégaséismes qui ont des répercussions sur le littoral vulnérable de la Colombie Britannique. Elle corrobore également les données paléosismiques obtenues par des carottes de sédiments marins prélevées au large de la côte de la partie états-unienne de la zone de subduction de Cascadia et rendues publiques récemment dans une étude paléosismique importante de l'United States Geological Survey (USGS), réalisée par une équipe de chercheurs dirigée par M. Chris Goldfinger de l'Université d'État de l'Oregon.

En plus d'analyser le profil d'événements sismiques de l'Effingham Inlet, ce site à l'étude révèle également beaucoup de renseignements sur les changements climatiques et océaniques, de l'Holocène à aujourd'hui. De plus, ces résultats illustrent clairement l'importance d'analyser le profil géologique pour venir en aide aux planificateurs et aux décideurs d'aujourd'hui et ultimement accroître la résilience des collectivités canadiennes. »

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Cet article intitulé « A new high-resolution radiocarbon Bayesian age model of the Holocene / Late Pleistocene from core MD02-2494 and others, Effingham Inlet, British Columbia, Canada; with an application to the paleoseismic event chronology of the Cascadia Subduction Zone » est disponible en libre accès dans le site Web de la RCST.

Lien vers l'article - DOI : 10.1139/cjes-2012-0150

Auteure-ressource :

Audrey Dallimore courriel
Royal Roads University

Personne-ressource pour les médias (éditeur) :

Jenny Ryan, Éditions Sciences Canada
613 949-8667 courriel

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