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Public release date: 6-Feb-2014

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American Association for the Advancement of Science

Moins de chlorure pour rétablir la transition

Un médicament améliore le comportement de type austitique dans un modèle de la maladie chez la souris

Ce communiqué est disponible en anglais.

Un médicament donné à des souris gestantes dans un modèle de l'autisme prévient un comportement autistique chez sa portée indique une nouvelle étude, et bien que ce produit ne puisse être administré avant la naissance chez la femme (il n'y existe pas de moyen de dépister l'autisme chez le fœtus humain), des essais cliniques chez de jeunes enfants ayant déjà des symptômes de la maladie montrent une amélioration.

L'origine du trouble du spectre autistique (TSA) est complexe et mal comprise. Une excitation prolongée des neurones du cerveau semble partiellement en cause. C'est pourquoi le GABA, principal neurotransmetteur inhibiteur dans le cerveau, a retenu l'attention. Dans le cerveau du fœtus en croissance, le GABA excite les neurones puis se met à les inhiber à la naissance, transition due à l'effet de l'ocytocine produite par la mère et qui a une action protectrice au cours de la période à risque de l'accouchement. En cas d'autisme, par contre, cette transition ne se fait pas. Les neurones restent excités par le GABA.

Pour mieux comprendre les processus cellulaires qui sous-tendent ce changement, et avec l'espoir de le pouvoir le restaurer en cas d'autisme, Roman Tyzio et ses collègues ont étudié deux modèles de la maladie chez le rongeur, l'un dû à un gène et l'autre à un facteur environnemental (l'exposition à un médicament appelé valproate in utero).

Les chercheurs ont découvert que l'ocytocine de la mère n'agissait pas sur le fœtus dans les deux cas de la maladie chez la souris, et que par conséquent l'ion chlorure, un élément clé de signalisation, s'accumulait à des concentrations plus élevées que la normale dans les neurones fœtaux.

En injectant à la mère un diurétique capable d'inhiber le transport du chlorure, les chercheurs sont néanmoins arrivés à réduire sa concentration à une valeur adéquate, et par là à rétablir le mécanisme de passage du GABA d'un rôle excitateur à un rôle inhibiteur. Point crucial, les portées exposées à ce traitement ne présentent pas de traits de l'autisme.

« L'observation qu'un seul traitement de la mère avant la mise bas prévient l'expression de traits comportementaux et électriques propres à l'autisme chez sa portée illustre l'importance des conditions régnant au moment de la naissance, et les incroyables conséquences à long terme d'un mauvais départ » commente l'auteur senior de l'étude, Yehezkel Ben-Ari, de l'Université d'Aix-Marseille en France.

« Cette étude valide aussi les essais cliniques utilisant le même diurétique pour réduire les ions chlorures et restaurer une forte inhibition par le GABA chez les personnes atteintes d'autisme » ajoute-t-il. Le Dr. Ben-Ari fait allusion à un essai clinique en cours portant sur le même médicament, le bumétanide, qui s'est déjà avéré capable de réduire les troubles comportementaux associés au TSA chez plus de cinquante enfants autistes âgés de trois à onze ans. Actuellement, des essais cliniques supplémentaires avec ce produit sont menés en Europe. « C'est l'une des démarches cliniques les plus prometteuses pour le TSA disponible pour le moment » précise Ben-Ari.

Ainsi, le travail de Ben-Ari et ses collègues suggère que des concentrations anormales de chlorure entraînent la défaillance de la transition du GABA associée à l'autisme, et que l'on peut y remédier chez le jeune enfant.

« Je pense qu'un diagnostic précoce du TSA associé à un médicament comme le bumétamide ou d'autres agents régulateurs capables de réduire l'activité aberrante du cerveau qui perturbe celle des neurones sera probablement une thérapie à l'avenir » précise Ben-Ari.

Il ajoute aussi que communiquer le plus tôt possible avec un enfant suspecté d'avoir la maladie est aussi important. « Les traitements comportementaux pourraient être renforcés par les médicaments et faciliter leur réussite, à savoir de restaurer la communication avec l'enfant au-delà de la prime enfance. »

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