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Public release date: 10-Mar-2014

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Contact: William Raillant-Clark
w.raillant-clark@umontreal.ca
514-566-3813
University of Montreal

Tabagisme: le cerveau des fumeurs est biaisé

Ce communiqué est disponible en anglais.

MONTRÉAL, le 10 mars 2014 – Et si la consommation d'un produit pouvait influencer votre perception de celui-ci? Vous rendre davantage sensible à ses aspects positifs et atténuer votre compréhension de ses inconvénients? C'est précisément ce qui se passe avec la cigarette chez les fumeurs chroniques, selon une récente étude de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal et de l'Université de Montréal.

En effet, il a été démontré que les réactions émotionnelles de fumeurs chroniques exposés à des images négatives et positives associées au tabac sont altérées. « Nous avons constaté qu'il y a un biais entre ce que le fumeur voit et ce qu'il ressent, comme un processus inversé. » explique Le-Anh Dinh-Williams, étudiante au Centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal, à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal et première auteure de l'étude. « Le cerveau des fumeurs de l'étude étaient davantage motivés par des images qui les confortent dans leur choix de fumer que par celles qui les incitent à cesser de fumer. De plus, ils étaient plus affligés par des images de situations négatives non associées au tabac que par celles présentant des conséquences négatives spécifiques du tabagisme. »

Au Canada et aux États-Unis, ce sont approximativement 20% des adultes qui fument la cigarette et cela, en dépit leur connaissance de ses effets indésirables associés. « Nous voulions comprendre pourquoi le fait de connaître les impacts négatifs du tabac sur la santé n'empêche pas un fumeur de s'allumer une cigarette », explique madame Dinh-Williams.

De plus, ce sont 70 à 95% des fumeurs tentant de se départir de leur mauvaise habitude qui, malgré leurs efforts, rechuteront dans un délai d'un an. « Plusieurs facteurs peuvent justifier ces difficultés. De ceux-ci, le fait que les effets de la cigarette trompe le cerveau des fumeurs peut certainement faire partie de l'explication » affirme Stéphane Potvin, co-auteur, chercheur à l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal et professeur adjoint au Département de psychiatrie de l'Université de Montréal. « Concrètement, nous avons découvert que les régions du cerveau liées à la motivation s'activent davantage chez les fumeurs lorsqu'on leur présente des images de plaisir associées à la cigarette et ralentissent lorsqu'il est question des effets négatifs du tabagisme.»

Dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont comparé, en utilisant des techniques de neuroimagerie, les réactions émotionnelles de 30 fumeurs lorsqu'ils regardent des images négatives associées au tabac (ex. cancer du poumon) comparées à d'autres images négatives (ex. vieil homme sur son lit de mort), ainsi qu'à des images appétitives de la cigarette.

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