Public Release:  Les neurosciences au cocktail party: Comprendre des voix dans une foule

Le rôle de la prédiction et de l'attention dans la compréhension de la parole

Canadian Association for Neuroscience

Ce communiqué est disponible en anglais.

Suivre une conversation pendant un cocktail présente un grand défi pour le système auditif. Sans s'en rendre compte, il faut extraire, à partir d'un mélange complexe de bruits, le son d'une seule voix pour la comprendre et la suivre. Des chercheurs de l'Université Queen's, dirigés par le Dr Ingrid Johnsrude, étudient comment notre cerveau répond à ce défi, et nous permet de distinguer des voix spécifiques dans des environnements surpeuplés, bruyants et distrayants. Ses études ont révélé que le cerveau ne se fie pas uniquement aux sons entrants qui atteignent l'oreille pour comprendre et retenir la parole, mais qu'il utilise également des informations provenant des autres sens et de connaissances préalables pour faciliter la compréhension. Ces résultats ont été présentés lors 8ème congrès annuel de l'Association canadienne des neurosciences (Canadian Association for Neuroscience - Association canadienne des neurosciences - CAN- ACN) qui a lieu du 25 au 28 mai 2014.

Le Dr Johnrude a exposé des sujets à des échantillons de parole dégradée ou claire en présence ou en absence de distractions. En étudiant ensuite l'activation de différentes régions du cerveau pendant que les sujets étaient exposés aux différentes conditions d'écoute, le Dr Johnsrude a révélé que le traitement précoce de son, qui se produit dans une région du cerveau appelée le cortex auditif primaire, dépend des connaissances linguistiques de niveau supérieur qui sont codées dans d'autres régions du cerveau.

Suivre une conversation dans un environnement bruyant requiert également de faire abstraction des bruits et distractions environnantes afin de se concentrer spécifiquement sur un partenaire de conversation. Bien qu'un discours clair soit entendu et retenu que les sujets soient distraits ou non par d'autres tâches, l'attention s'est avérée d'une importance cruciale pour comprendre la parole dégradée.

Ce qui est entendu et compris d'une conversation est aussi influencé par ce qu'une personne est habituée d'entendre, de sorte qu'il sera plus facile de comprendre une voix familière que celle d'un étranger. Ceci est particulièrement vrai pour les personnes âgées. Le Dr Johnsrude a montré que la difficulté à comprendre de nouvelles voix dans des situations de cocktail augmente avec l'âge, alors que la capacité à comprendre des voix familières dans la même situation reste inchangée avec l'âge.

«Nous sommes tous habitués à voir le verre à moitié vide dans le cas du vieillissement - et de penser qu'en vieillissant tout empire», dit le Dr Johnsrude. «Vous avez besoin de lunettes, votre mémoire flanche, et vous avez de la difficulté à suivre des conversations dans des endroits bruyants, ou quand plusieurs personnes parlent en même temps. Nous voulons étudier les côtés positif du vieillissement - le verre à moitié plein. Les personnes âgées ont un «plus» par rapport aux plus jeunes: l'expérience.

J'étudie comment l'expérience des personnes âgées, comme leur familiarité avec la voix de leur conjoint, les aide à compenser les baisses dans d'autres capacités liées à l'âge.»

De plus, le Dr Johnsrude a pu montrer que l'activation de certaines régions du cerveau, le cortex supérieur sensible à la parole, peut être considérée comme une signature neuronale de l'écoute requérant des efforts. Mesurer l'effort nécessaire pour comprendre la parole, en utilisant les techniques mises au point par le Dr Johnsrude, fournira un nouveau moyen pour évaluer l'efficacité et le confort des prothèses auditives, et aidera les chercheurs à optimiser ces appareils.

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