[ Back to EurekAlert! ] PUBLIC RELEASE DATE: 16 le février 2007

Contact: Doré Dunne
dore.dunne@nserc.ca
613-851-8677
CRSNG

Le cancer colonise notre organisme

Pour Robert C. von Borstel, le cancer constitue une représentation métaphorique d’une invasion parfaite par une espèce fondatrice. Tout comme la première femelle gravide de la famille des pinsons qui s’est posée sur une île déserte de l’archipel des Galapagos, la première cellule cancéreuse dans le corps humain a dû subir de nombreuses mutations au fil des générations avant d’avoir la capacité d’envahir plusieurs organes de l’organisme. Mais une fois en place, comme toute espèce nouvellement établie dans différentes niches écologiques, le cancer est difficile à déloger.

Auparavant professeur de biologie à l’University of Alberta, Robert C. von Borstel travaille sur l’ADN – la molécule qui contient le code génétique de nos cellules – depuis 1947, soit six ans avant que sa structure ne soit décrite par Watson et Crick. Il s’est vu conférer le titre de Fellow de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS) entre autres pour ses travaux fondamentaux, financés par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG), qui ont démontré comment l’irradiation tue les cellules et comment la molécule d’ADN peut contrôler la mutation.

À la prochaine conférence de l’AAAS à San Francisco, qui aura lieu du 15 au 19 février, le professeur von Borstel prononcera une allocution dans laquelle il décrira comment la mutation et la sélection cellulaires sont similaires, d’un point de vue métaphorique, à la façon dont une nouvelle espèce débute son évolution.

"La différence, bien sûr, c’est que les cellules cancéreuses se détruisent quand elles entraînent le décès d’un patient atteint d’un cancer, contrairement aux nouvelles espèces qui s’établissent. Évidemment, la métaphore, étant ce qu’elle est, ne reflète pas parfaitement la réalité. J’espère toutefois que mon exposé aidera les gens à percevoir le cancer différemment ", explique M. von Borstel.

Ayant grandi sur une ferme en Oregon où l’on cultivait le blé et élevait du bétail, Robert C. von Borstel s’est enrôlé dans la marine américaine, en 1944, comme matelot de première classe. Après la Deuxième Guerre mondiale, il a poursuivi ses études universitaires aux États*Unis, puis s’est joint, en 1953, à l’Oak Ridge National Laboratory, au Tennessee, où il a étudié les effets de l’irradiation sur les insectes et a décrit le mécanisme permettant d’éliminer les insectes parasitaires par les rayons X.

Il a ensuite accepté le poste de directeur du Département de génétique de l’University of Alberta où il a été titulaire pendant 25 ans de subventions du CRSNG. Il s’est principalement intéressé aux causes des mutations spontanées et à la façon dont les gènes se réparent eux*mêmes.

Même après sa retraite obligatoire en 1992, il est demeuré à l’université et a poursuivi ses recherches pendant dix ans. C’est pendant ses années de « retraite " qu’il a découvert la façon dont l’ADN et ses composants, les nucléosides, peuvent réparer les chromosomes endommagés par le rayonnement. Cette découverte laisse présumer que les humains et les animaux peuvent se guérir naturellement de nombreuses façons. Avec sa collègue Oksana Iavorovska, il a découvert que chez les adeptes du bronzage, l’endométriose ovarienne est induite par les ultraviolets présents dans la lumière solaire.

"J’ai eu le privilège de travailler très longtemps, et d’ailleurs j’aimerais pouvoir continuer mes travaux, déclare le professeur émérite âgé de 82 ans. Juste avant la fermeture de mon laboratoire, mon équipe de chercheurs étudiait le nombre de gènes responsables des taux de mutation spontanée dans la levure, et dans notre premier échantillon prélevé au hasard, nous avons découvert qu’un tiers d’entre eux contrôlaient le taux de mutation, alors que nous nous attendions à un pourcentage d’environ 4 p. 100 seulement. Cela démontre que peu importe pendant combien de temps vous poursuivez vos recherches, il y aura toujours quelque chose pour vous surprendre ".

###

Robert C. von Borstel
Département des sciences biologiques
University of Alberta
Téléphone : 403-492-5381
Courriel : rc.von-borstel@ualberta.ca


[ Back to EurekAlert! ]