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EMBARGO SUR LA PUBLICATION: 20h00, heure de Paris, 14h00, heure de l'Est des tats-Unis, Le jeudi 8 avril 2004

La plus ancienne preuve de domestication des chats a été découverte à Chypre, indique un rapport publié dans Science

Il est possible que les premiers chats domestiques aient existé bien avant l'avènement de la civilisation égyptienne

Il y a environ 9500 ans, un tre humain, un chat et une grande varit d'offrandes taient inhums ensemble dans l'le mditerranenne de Chypre. Des scientifiques ont aujourd'hui dcouvert les restes de cette inhumation que l'on pense tre la preuve la plus ancienne d'une amiti toute spciale entre les hommes et les chats.

Les tudes ont paru dans un article Brevia dans la revue Science du 9 avril 2004. Science et publie par l'AAAS, organisation scientifique but non lucratif.

On s'accorde penser que les habitants de l'gypte ancienne taient les premiers avoir domestiqu les chats et les lever pour produire une espce nouvelle distincte il y a environ -4000 -3900 ans. Bien que les chercheurs aient longtemps souponn que les hommes avaient commenc domestiquer des chats sauvages bien avant, ils ne disposaient que de minces preuves appuyant cette hypothse.

Des chats sauvages ont probablement commenc se mler aux hommes au cours des premires phases de dveloppement agricole qui se sont produites en Asie occidentale pendant la priode du nolithique ancien prcramique (environ -11 000 -10 000 ans).

Il semble que les chats venaient de plus en plus souvent dans les villages o les stocks de crales attiraient de nombreuses souris. Je pense que les hommes ont rapidement compris qu'ils pourraient utiliser les chats pour rduire le nombre de souris , dclare l'auteur de l'tude, Jean-Denis Vigne du CNRS-Musum National d'Histoire Naturelle, Paris.

Bien que la desse chatte Bastet et d'autres divinits flines de l'gypte ancienne soient les exemples de chats les plus connus dans la mythologie ancienne, des archologues ont galement dcouvert des preuves beaucoup plus anciennes qui suggrent l'existence d'une relation spirituelle entre les hommes et les animaux, y compris les chats.

De nombreuses pierres graves l'effigie de flins sauvages et d'autres animaux ont t dcouvertes en Asie occidentale et datent de la priode du Nolithique ancien. J.-D. Vigne pense que ces objets sont la preuve que les animaux avaient une signification spirituelle pour les hommes, mme si la nature exacte de ces relations n'est pas parfaitement claire.

S'agissait-il de symboles totmiques, de reprsentations symboliques de qualits humaines ou de divinits ? J'ai bien peur que la vritable signification de ces reprsentations ne soit perdue jamais , dclare J.-D. Vigne.

Une mandibule de chat fut dcouverte Chypre durant les annes 1980. Elle suggrait que les hommes avaient domestiqu ces animaux non indignes. Cependant, des renards et d'autres animaux sauvages furent galement introduits dans certaines les peu prs la mme poque. Par consquent, la seule introduction de l'espce , ne reprsentait pas une preuve suffisante de la domestication des chats, explique M. Vigne.

La premire dcouverte d'ossements de chat Chypre montrait que l'homme avait amen des chats depuis le continent jusque sur les les, mais nous ne parvenions pas dterminer si ces chats taient sauvages ou domestiques. Avec cette dcouverte, nous pouvons maintenant dterminer que ces chats taient lis aux hommes , dit-il.

J.-D. Vigne et ses collgues ont dcouvert le lieu d'inhumation Shillourokambos, un grand village nolithique habit entre 8300 et 7000 avant J.-C. Les fouilles ont t ralises sous la direction de Jean Guilaine du Collge de France.

Les chercheurs ont dcouvert une spulture humaine contenant toute une varit de pierres polies, d'outils, de bijoux et d'autres objets dposs en offrandes. Une petite fosse contenant 24 coquillages marins entiers est situe tout ct. Le bassin du squelette tait mal conserv, ce qui a empch de dterminer le sexe de l'individu. Les offrandes taient nombreuses par rapport ce qu'on observe habituellement dans les tombes de cette poque Chypre, ce qui suggre que cette personne jouissait d'un certain statut social.

L'association de cette inhumation avec des coquillages marins et la spulture du chat renforce l'hypothse d'une spulture particulire, indiquant une forte relation entre les chats et les tres humains. Il est possible que des chats apprivoiss aient t destins des activits ou des personnes particulires dans le village , dclare J.-D. Vigne.

Le squelette du chat repose tout juste 40 centimtres de celui de l'homme. L'analyse de l'organisation du squelette, trs peu perturbe, et celle des sdiments qui l'entouraient indiquent qu'une petite fosse ou une spulture avait t dlibrment creuse et que le chat y avait t plac et rapidement recouvert. Les deux squelettes sont disposs de faon similaire, la tte oriente vers l'ouest, mme si J.-D. Vigne ne pense pas que cela soit intentionnel.

Je ne suis pas entirement convaincu que la mme orientation des squelettes ait une signification particulire. Cependant, si cela tait le cas, je pense que la proximit de ces deux individus dans la mort devrait tre interprte comme une preuve supplmentaire d'une relation particulire dans la vie , dclare-t-il.

Le chat appartenait l'espce Felis silvestris, le chat sauvage, qui est sensiblement plus grand que les chats domestiques actuels.

Les ossements du chat ne portent aucune indication de dpeage, ce qui constitue un autre signe que l'animal a pu tre l'animal apprivois de la personne aux cts de laquelle il a t enterr, et qu'il entretenait des relations particulires avec les habitants de Shillourokambos. Cependant, la faon dont l'animal est mort reste un mystre.

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Les auteurs ayant collabor avec M. Vigne sont J. Guilaine, L. Haye et P. Grard du CNRS-EHESS, Centre d'Anthropologie, Toulouse, France (J. Guilaine et P. Grard travaillent galement au Collge de France, Paris, France) et K. Debue du CNRS-Musum National d'Histoire Naturelle, Paris, France. L'tude a reu le soutien du Dpartement chypriote des antiquits, du Ministre franais des Affaires trangres et de l'cole franaise d'Athnes.

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